La championne du monde de canoë Laurence Vincent-Lapointe n’est plus qu’à 15 mois de toucher à son rêve olympique.

À 15 mois de son rêve olympique

Trois-Rivières — Après des années d’effort pour permettre au canoë féminin d’être intégré à la programmation des Jeux olympiques, Laurence Vincent-Lapointe voit enfin son rêve apparaître à l’horizon. À 15 mois de Tokyo 2020, la Trifluvienne s’apprête à entamer le dernier cycle d’épreuves qui devrait logiquement la conduire jusqu’à la grand-messe du sport amateur.

Pour la championne du monde, la route s’amorcera avec les essais nationaux de Canoë-kayak Canada, du 10 au 12 mai, au bassin olympique de Montréal. Si ce rendez-vous peut sembler banal pour les observateurs, il en est tout autrement pour Vincent-Lapointe, qui fait tout en son possible pour débarquer sur la ligne de départ dans une forme optimale.

En raison de ses succès de l’été dernier – elle a remporté les titres mondiaux en C1 200 m, C2 500 m et C1 5000 m – la porte-couleurs du Club de canoë-kayak de Trois-Rivières est pratiquement qualifiée d’office pour les Mondiaux. Il ne lui reste qu’à confirmer son statut en début de saison. «J’ai pris l’habitude de voir les essais comme une grosse étape à passer. Ça me permet de commencer l’année du bon pied, en compétition avec mes coéquipières. Avec de bons essais, ça donne confiance pour la suite de l’année», lance celle qui a maximisé sa préparation hivernale en passant 18 semaines en Floride.

«J’ai quand même vécu de grands moments de stress pendant l’entraînement. Je ne me sentais pas au même niveau que l’an passé. À un moment donné, je me suis parlé et je me suis dit que je paniquais pour rien!», sourit la rameuse, qui soufflera 27 bougies le 27 mai.

Laurence Vincent-Lapointe est notamment championne du monde en C2 500 m en compagnie de Katie Vincent.

Pas de Jeux panaméricains

La reine du canoë féminin concentrera d’ailleurs toutes ses énergies sur la Coupe du monde et les Championnats du monde cette saison. En raison d’une année préolympique chargée, la Fédération a décidé de ne pas envoyer son équipe A aux Jeux panaméricains, au Pérou, afin qu’ils puissent se concentrer pleinement sur les Mondiaux et maximiser leurs chances de qualifier des embarcations pour les Jeux olympiques.

Ainsi, Vincent-Lapointe n’aura pas l’occasion de défendre son titre en C1 200 m acquis à Toronto à l’été 2015. Mais n’allez pas la croire malheureuse. Tout ce qui compte pour elle, c’est d’arriver au sommet de sa forme à Tokyo en 2020, pour son baptême olympique.

«Ça ne me sert à rien d’être au niveau où je veux être pour les Jeux olympiques, tout de suite. Je dois m’assurer d’être à mon meilleur au bon moment, tout en faisant attention pour ne pas tomber dans le surentraînement. Je ne veux pas me brûler. Je dois prendre les étapes comme elles viennent.»

Car même si elle règne sur la discipline depuis 2010, Vincent-Lapointe sait très bien que le calibre sera grandement rehaussé d’ici l’été prochain. Et la cible à atteindre aux yeux du peloton, c’est elle! «C’est certain que le niveau va avoir augmenté, surtout maintenant que c’est devenu une discipline olympique. Je suppose que les Chinoises seront encore très fortes. Elles ont eu une très bonne saison l’an passé. Mais l’important, c’est que moi aussi je continue à progresser. Je n’ai pas décidé d’attendre que les autres me rattrapent pour recommencer à m’améliorer. Je m’entraîne tous les jours pour m’assurer que personne ne me rejoigne au sommet», raconte celle qui a amassé 13 titres mondiaux depuis 2010.

«Je ne veux pas seulement aller aux Jeux olympiques pour gagner. Je veux réussir des résultats qui seront difficiles à dépasser dans le futur. Je veux laisser ma marque!»

Disons qu’avec des objectifs aussi ambitieux, ses rivales n’ont qu’à bien se tenir!