Ils étaient environ 1200 à participer au 35e Polycourons de Saint-Léonard-d’Aston.

35 ans à courir pour la vie

Quand Fernand Guilbert a franchi la ligne d’arrivée devant l’école La Découverte, jeudi au 35e Polycourons de Saint-Léonard-d’Aston, l’enseignant à la retraite n’a pu s’empêcher de sourire.

Entouré d’adolescents et de certains de ses anciens élèves, le cofondateur du Polycourons, l’un des événements de course à pied parmi les plus populaires du réseau scolaire au Québec, a ému tout le monde en parcourant les 4 km de l’une des épreuves de cette journée dédiée au dépassement de soi.

Aux prises avec un cancer avancé, l’homme de 73 ans se remémorait de doux souvenirs des débuts du Polycourons, dont la présidence d’honneur en 2017 fut assurée par le marathonien Patrick Charlebois.

«On courait sur la piste d’athlétisme puis, au début des années 80, les marathons sont devenus populaires. J’ai proposé à mes jeunes de secondaire 4 et 5 de continuer de courir, mais dans les rues du village. Ce serait moins plate! C’est de là que ça vient.»

Ralenti par sa condition, Fernand Guilbert a dû se contenter de marcher l’essentiel de ses 4 km. N’empêche, sa seule présence a touché ceux qui le côtoient. Il a ouvert la compétition en prenant part au tour d’honneur. «Il y a des jours plus creux, mais je suis bien entouré avec mes proches. Je suis atteint du cancer colorectal et les métastases ont monté jusqu’au foie. Ils doivent enlever la moitié de mon foie du côté droit. C’est inquiétant, mais je fais ce que je peux. J’essaie d’améliorer ça.»

Des journées comme celles du Polycourons lui permettent d’oublier pendant un temps sa maladie, même si ses batailles quotidiennes finissent toujours par le rattraper. «Je trouve ça énergisant au bout d’être ici!»

Le Polycourons, c’est fondamentalement aussi la course de centaines de jeunes. Ils étaient environ 1200 à s’activer à Saint-Léonard-d’Aston pour l’occasion. Ils provenaient de neuf écoles primaires et cinq institutions de niveau secondaire.

Dans cette mer de monde, on retrouvait Charlotte Durand-Ducasse, 14 ans, canne à la main. Atteinte du syndrome de Morsier, l’adolescente, qui a de graves problèmes de vision, était heureuse de renouer avec la course phare de son village, à laquelle elle participe avec plaisir depuis quelques années. «C’est le fun parce que tout le monde m’encourage.»

Un peu plus loin, William Pouliot de Sainte-Eulalie courait aux côtés de son oncle Denis Laliberté, qui se déplace en fauteuil roulant. «Mon oncle a été victime d’un accident de ferme quand il était jeune, mais il est assez actif», résume William, un élève de deuxième secondaire.

«Puisqu’on ne se voit pas souvent, je lui ai proposé de venir courir avec moi et il a accepté. On était fiers, c’était une belle expérience. Il m’a surpris, il allait pas mal vite!»

Il y avait bien sûr des coureurs de tous les âges. Chez les Guévin de Saint-Léonard, le Polycourons est à n’en point douter une histoire de famille. Une dizaine de personnes du clan familial étaient présentes jeudi. Quatre générations, une passion commune.

Environ 6000 $ amassés

L’un des organisateurs du Polycourons, Jean-Yves Doucet, prévoit que les sommes amassées pour l’activité avoisinent les 6000 $. Les dons seront ensuite remis à la Fondation Terry-Fox, auquel l’événement s’associe depuis 2010.

Le Polycourons de Saint-Léonard-d’Aston figure parmi les leaders en termes de visibilité pour cette journée, alors que la moyenne des dons amassés dans les écoles canadiennes participantes se chiffre autour de 3200 $.

De tout l’argent recueilli jeudi au Polycourons, on note un chèque de plus de 1200 $ remis par les Charlie’s Angels qui ont couru, à relais, la distance entre Montréal et Québec en septembre.

Tout ça pour donner un second souffle à ceux qui en ont besoin. «La petite tape dans le dos, ça fait avancer, sourit Fernand Guilbert, qui a célébré dernièrement, avec ses proches, le 100e anniversaire de sa mère. Nous n’avons pas le choix de vivre d’espoir!»