La Ville de Sherbrooke autorisera un maximum de 300 personnes dans un stade qui peut en accueillir environ 900. Est-ce que Trois-Rivières sera tentée d’en faire de même au Stade Quillorama?
La Ville de Sherbrooke autorisera un maximum de 300 personnes dans un stade qui peut en accueillir environ 900. Est-ce que Trois-Rivières sera tentée d’en faire de même au Stade Quillorama?

250 personnes: les Aigles visaient plus haut

TROIS-RIVIÈRES — Plus que le nombre de spectateurs, c’est la capacité de certains stades à accueillir de plus grandes foules, les mesures mises en place par les organisations et la réalité des régions qui auraient dû guider le choix des autorités dans leur annonce de jeudi, concernant la permission de tenir des rassemblements de 250 personnes dans les lieux publics. C’est du moins l’avis de l’organisation des Aigles de Trois-Rivières, qui ne gagne pas grand-chose, au final.

Dès le 3 août, l’équipe des Aigles juniors, devenue la figure principale du baseball trifluvien en raison de la pause forcée des Aigles de la Ligue Frontière, pourra officiellement recevoir 250 amateurs dans les gradins du Stade Quillorama.

C’est sans compter les 125 partisans supplémentaires qui auront accès à la terrasse jouxtant le terrain, près de la ligne du troisième but. La terrasse, avec son aire de restauration, est considérée comme un espace distinct des estrades.

Les Aigles l’ont souvent répété au cours des dernières semaines: ils s’estiment chanceux de miser sur une installation de qualité comme l’enceinte sportive du parc de l’Exposition. Seulement, les nouvelles mesures, sur recommandations des autorités de la Santé publique, devraient tenir compte d’autres facteurs, disent-ils.

«Je trouve que le gouvernement a tendance à peinturer. Passer de 50 à 250 personnes, peu importe la grandeur d’un site et que nous soyons à l’intérieur ou à l’extérieur, ça ne représente pas la réalité. Au Québec, il y a des stades qui ont 250 places de capacité! On risque de voir des rangs d’oignons à certains endroits», critique le président de l’équipe, Paul Poisson.

En fait, ce genre de scène fut largement documenté depuis le début du déconfinement sportif, entre autres au baseball et au soccer mineur.

Les autorités ont été claires jeudi: il faut toujours respecter la distanciation physique de 2 mètres, même dans les rassemblements extérieurs. C’est la porte de sortie pour se protéger de tels scénarios.

«Dans notre ligue, certaines organisations jouent dans des parcs où il n’y a pas d’entrée claire, avec des gradins en tôle. Ce ne sera pas évident pour eux. Nous, on a dédié notre saison au baseball junior, on met toutes nos énergies là-dedans. Côté structure, on a un avantage sur d’autres et c’est normal. En ce sens, notre réalité est différente. Donc les règles de rassemblements devraient l’être...»

La saison de la Ligue de baseball junior élite du Québec est courte. Trois matchs figurent à l’horaire des Aigles, la semaine prochaine. Parties au cours desquelles ils pourraient encore être forcés de refuser l’accès au stade à des retardataires, advenant qu’ils jouent à «guichets fermés».

Ce n’est qu’au début du mois d’août que les rassemblements de 250 spectateurs seront permis. En incluant la terrasse, le Stade Quillorama pourra ainsi accueillir 375 fans. Les plus optimistes diront qu’il s’agit de 375 personnes de plus que les clubs des Ligues majeures, qui ont repris l’action à huis clos, jeudi aux États-Unis. Au Québec, les équipes professionnelles et semi-professionnelles doivent également jouer leurs parties à huis clos, d’où l’absence des Aigles et des Capitales de Québec cet été.

«Une approche plus ciblée aurait été appréciée. Des amphithéâtres ont de grandes capacités, d’autres moins. C’est la même chose au baseball, au soccer. On a l’impression d’avoir perdu une grosse semaine.»

L’incompréhension demeure, mais les Aigles juniors assurent qu’ils respecteront ces recommandations. «Pas question d’embarrasser la Ville de Trois-Rivières», assure Paul Poisson.

«La Ville nous mandate pour gérer un édifice public. Nous avons des responsabilités légales. Si les autres villes ne respectent pas les recommandations et laissent aller les équipes, c’est à leurs risques et périls.»

S’inspirer de Sherbrooke?

À Sherbrooke, les Expos de la Ligue de baseball majeur du Québec (LBMQ) pourront jouer devant 300 personnes dans un stade qui peut en contenir environ 900. On parle donc d’un stade rempli à 30 % de sa capacité.

«La limite de 50 personnes était une recommandation de la Santé publique», a rappelé le maire Steve Lussier, en entrevue à La Tribune.

«Si celle de 250 personnes demeure une recommandation, on conservera le chiffre des 300 pour le stade Amédée-Roy. Si c’est écrit dans le décret, il faudra se conformer, mais j’ai compris qu’il s’agit simplement d’une recommandation une fois de plus. Je crois que c’est raisonnable d’y aller selon la grandeur des lieux publics.»

Steve Lussier a discuté avec d’autres maires, qui songeraient à faire de même pour leurs installations, a rapporté le collègue Jérôme Gaudreau.

Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, s’est d’ailleurs entretenu avec son homologue de Sherbrooke jeudi, mais Le Nouvelliste n’a pas été en mesure de lui parler.

Du côté des Aigles juniors, l’organisation aimerait pouvoir attirer environ 500 spectateurs, dans un stade qui contient 3700 places assises. «Et on pense que la foule serait au rendez-vous. On met le paquet, côté animation, pour notre équipe junior. En plus, ils connaissent un bon début de saison.»

Retour des Cascades

À Shawinigan, les Cascades, qui évoluent dans la LBMQ, sont heureux des mesures annoncées par les autorités. Ils ont accueilli un peu plus de 300 personnes lors de leur match inaugural, il y a une semaine.

Le circuit senior a d’ailleurs publié un communiqué, jeudi, confirmant le retour de ses neuf équipes à la compétition, dès vendredi.

Il y a sept jours, on a craint pour la poursuite des activités de la ligue, qui jugeait alors les consignes de la Santé publique trop restrictives pour organiser des matchs et assurer la pérennité de plusieurs équipes. La LBMQ souhaitait, comme les Aigles juniors et d’autres, que le nombre de spectateurs permis soit ajusté en fonction de la grandeur des stades.

Une porte semble donc s’entrouvrir. Par contre, avec le laxisme observé à certains endroits, parions que la Santé publique aura la mèche courte.