Rouge et Or

Laval ou Western, Vercheval ne peut pas perdre

«J’ai un ami qui va gagner et l’autre qui va être triste. Je suis un grand partisan de Glen et je lui souhaite toujours de gagner. Mais s’il est pour perdre, aussi bien que ce soit contre Western.»

Pierre Vercheval s’avoue déchiré, cette semaine. Pas par tous ces matchs de football sur les ondes de RDS qui requièrent son analyse : NFL dimanche, lundi et jeudi, puis cap sur Ottawa vendredi en vue du match de la Coupe Grey, finale de la LCF disputée dimanche.

Mais le match qu’il n’aura sans doute pas le temps de regarder, samedi après-midi, la finale de la Coupe Vanier oppose l’équipe pour laquelle il a joué à l’équipe de la ville où il a grandi. La grande finale du football universitaire canadien met aux prises, à Hamilton, le Rouge et Or de l’Université Laval et les Mustangs de l’Université Western Ontario.

Vercheval a passé sa jeunesse à Québec, dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à Sainte-Foy, à cinq minutes du stade du PEPS. D’abord ennemis jurés sur les plaines d’Abraham lors des duels PSQ-St.Pat’s, l’un sur la ligne à l’attaque et l’autre juste devant sur la ligne défensive, Vercheval et Glen Constantin ont vu au fil des années leur respect mutuel évoluer en amitié sincère. En plus de leur passion du football, les étés comme portiers sur la Grande Allée les ont rapprochés.

Au lendemain de sa retraite après 14 années comme joueur professionnel, Vercheval a été conseiller auprès de Constantin et du Rouge et Or de 2002 à 2010. Ce que l’on sait moins, c’est que Vercheval a aussi étudié à l’Université Laval, bien avant la naissance du Rouge et Or. À l’hiver 1986, afin de regarnir son dossier scolaire et pouvoir retourner à Western l’automne suivant.

Car c’est bien à l’institution de London, en Ontario, qu’il a disputé ses trois campagnes universitaires. Les Mustangs étaient alors dirigés par un jeune Larry Haylor (169-46-3), homme à qui il dit devoir beaucoup, devenu deuxième entraîneur-chef le plus victorieux dans l’histoire du football universitaire canadien. Du moins jusqu’à l’an prochain, quand un certain Constantin (165-30) devrait le devancer.

Défaite crève-cœur

Dès leur arrivée, en 1984, Vercheval et ses coéquipiers du Cégep de Trois-Rivières, Michel Roy et Claude Farrier, ont fait leur place comme partants. Ce qui a déverrouillé la porte du recrutement québécois à Western, qui aligne cette année 11 Québécois en mauve.

«La défaite la plus crève-cœur de ma carrière à tous les niveaux» en finale de la Coupe Vanier contre UBC en 1986, «j’en parle et j’avale encore de travers». Puis, saison parfaite gâchée par une élimination surprise contre Guelph dès la demi-finale de conférence en 1987, année où Vercheval est nommé meilleur joueur de ligne universitaire au Canada. Il demeure à ce jour le seul représentant des Mustangs à avoir son nom gravé sur le trophée J.P. Metras, un ancien coach de Western.

C’est aussi en 1987 qu’il travaille avec Greg Marshall, alors jeune entraîneur responsable de la ligne offensive à Western. Vercheval joue de plus avec son frère, Blake Marshall. Trente ans plus tard, c’est ce même Greg Marshall (146-43-2) qui dirige les champions de la Coupe Uteck et finalistes de la Coupe Vanier pour la première fois en neuf ans.

«Moi, samedi, je ne peux pas perdre! Mais chose sûre, on va avoir un bon spectacle», résume-t-il, évitant de se mouiller avec une prédiction. «Western est revenu cette année avec plus de jeu au sol, ce qui a longtemps fait partie de l’ADN de l’équipe. Et historiquement, c’est dur de courir contre le Rouge et Or. Alors, j’ai hâte de voir le jeu d’échecs», conclut le sympathique analyste, qui célèbre mercredi son 53e anniversaire.

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Sports

Fierté et déception pour Anouk Berthiaume

TROIS-RIVIÈRES — Bien qu’elle soit quelque peu déçue de ne pas avoir été en mesure de démontrer toute l’étendue de son talent en Bulgarie, Anouk Berthiaume revient du Championnat mondial par groupe d’âge motivée et déterminée à se tailler une place sur l’équipe canadienne à nouveau l’année prochaine.

L’athlète du club Trampoline Intercité, qui prenait part au concours de trampoline individuel chez les 15-16 ans, a connu une excellente performance lors de ses exercices imposés. Elle a profité de l’occasion pour réaliser une nouvelle marque personnelle avec 15,485 secondes en temps de vol. Au terme de cette routine, elle occupait la 14e place au classement général sur 70 participantes.

«Lors de sa routine imposée, Anouk était la meilleure Canadienne. Elle a fait une excellente prestation lors de cette routine, elle a vraiment démontré ce dont elle est capable», estime son entraîneure France Bouffard.

C’est lors de la routine libre que les choses se sont compliquées pour la Trifluvienne d’adoption. Une erreur technique lui a coûté plusieurs points.

«Anouk trouvait que les toiles étaient molles, ce qui propulse beaucoup plus haut. Elle devait donc être plus haute qu’à l’habitude. En rentrant avec les pieds légèrement devant, elle s’est retrouvée sur rotation pour le saut suivant et elle a dû interrompre brusquement son enchaînement», ajoute-t-elle.

Anouk Berthiaume a alors été repoussée au 67e échelon.

La principale intéressée affirme avoir apprécié sa première expérience sur la scène internationale.

«J’ai acquis beaucoup d’expérience et je suis fière de ma première routine. J’adorerais y retourner l’année prochaine et vraiment montrer ce que je peux faire. J’aimerais aussi pouvoir y aller avec ma sœur Sara-Jade. D’ici là, je veux travailler sur la difficulté de mes routines pour obtenir plus de points», indique l’athlète de 15 ans.

Dès janvier, Anouk Berthiaume participera aux différentes Coupe Québec. Elle compte également travailler afin de prendre place au Championnat mondial par groupe d’âge en double mini trampoline et en trampoline synchronisé.

LHJMQ

Le Drakkar sur une mer agitée

SHAWINIGAN — Les Cataractes vont tenter mercredi soir de stopper leur séquence de six défaites face au Drakkar de Baie-Comeau, une équipe qui navigue sur une mer agitée depuis le début de la saison.

Cette jeune formation bourrée de talent avait connu une belle progression en deuxième moitié de saison, ce qui laissait croire qu’elle était déjà prête pour se battre pour le titre de sa division. Or, elle vient tout juste de remonter la barre de ,500. «On se replace. On a gagné six de nos 10 derniers matchs. Il faut rester calme, ça fait partie du processus», clame Martin Bernard, pas trop surpris d’avoir eu à affronter une petite tempête à l’ouverture des barrières. Il avait vécu pas mal la même chose avec un alignement similaire, à sa deuxième saison à la barre des Cataractes.

«Il y a un peu d’attentes entourant l’équipe. On a plusieurs de nos joueurs admissibles au repêchage qui s’ajoutent de la pression. Globalement, on avait un paquet de jeunes à leur deuxième année dans la ligue, qui s’imaginaient peut-être que les choses seraient plus faciles avec de l’expérience», sourit le pilote natif de l’Estrie. 

«Quand je regarde notre fiche et celle des Cataractes à ma deuxième année, c’est quasiment identique. Il y a un apprentissage à faire là-dedans. Nos gars doivent rester dans le présent, éviter de regarder trop loin. Le repêchage, par exemple, ce n’est pas demain après-midi! Il reste beaucoup de hockey d’ici là, ça ne donne rien d’essayer de trop en faire au cours d’un seul match. Gabriel Fortier joue du bon hockey dernièrement, Xavier Bouchard vient de disputer un excellent match à Halifax face aux Mooseheads et Jared McIsaac. Je n’ai jamais été inquiet, on s’en va du bon bord.»

Les 100 ans de la LNH

Marc-André Fleury: celui qui doutait

À 32 ans, il a gardé les buts dans près de 700 matchs, lui qui compte neuf saisons de plus de 50 rencontres à son actif. Puis, il a remporté la Coupe Stanley trois fois. Non, Marc-André Fleury, fils de Sorel-Tracy, n’a pas volé sa place en tant que meilleur joueur de l’histoire de la Ligue nationale originaire de la Montérégie.

«Honnêtement, quand je regarde mon curriculum vitæ, j’ai de la misère à y croire, lance Fleury, qui poursuit à Las Vegas une carrière entamée à Pittsburgh en 2003. Car pour moi, la Ligue nationale, c’était un rêve inaccessible. Ça a été long, très long à part ça, avant que je prenne conscience que j’avais fait ma place...»

En fait, ce n’est que lorsqu’il a commencé à prendre place régulièrement devant le filet des Penguins qu’il s’est mis à véritablement croire en lui.

«Il y a des gars qui sont repêchés et qui se disent : “Moi, c’est réglé, je vais jouer dans la Ligue nationale!” Pour moi, ce n’était pas clair comme ça. Je sentais que je me rapprochais de quelque chose, mais je ne prenais vraiment rien pour acquis. Même à cette époque, j’étais loin d’être convaincu que j’allais réaliser mon rêve...»

Pour la petite histoire, rappelons que Fleury a été rien de moins que le tout premier joueur sélectionné lors du repêchage de 2003.

«Pourquoi est-ce que j’ai tant douté? Je ne sais pas. Mais ça a fait en sorte que j’ai travaillé très fort afin de me rendre où est-ce que je me suis rendu. Moi, je n’avais pas cette confiance qui en transporte plusieurs.»

Rester

Marc-André Fleury a réalisé son rêve en atteignant la Ligue nationale. Mais ce qui le rend plus fier encore, c’est d’être encore là toutes ces années plus tard.

«Y accéder, c’est une chose; rester, c’en est une autre, dit-il. En plus, j’ai gagné des Coupes Stanley. C’est difficile de demander mieux.»

Il est aussi fier quand il constate que trois des cinq meilleurs joueurs de la Ligue nationale originaire de la Montérégie viennent de Sorel-Tracy.

«C’est une excellente ville de hockey. Au niveau mineur, il y a plein de bons entraîneurs. Le hockey, c’est important chez nous.»

Fleury vit maintenant à Varennes, aussi sur la rive sud de Montréal, à une trentaine de minutes de Sorel-Tracy. Mais il y revient toujours. Il y a quelques années, il avait même tenté de ramener le hockey de la LHJMQ dans sa ville.

«Les gens de ma famille y sont encore tous et j’y ai encore un paquet d’amis. Nos racines, c’est précieux. Moi, je serai toujours fier de dire que je viens de Sorel-Tracy.»  

Les 100 ans de la LNH

Maurice Richard, le symbole

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient  : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 2 de 6

D’autres ont des statistiques supérieures. Mais pour l’athlète qu’il a été, et pour ce qu’il a représenté pour tout un peuple, Maurice Richard mérite d’être considéré le meilleur joueur de l’histoire de la Ligue nationale originaire de la région de Montréal.

«Mon père me l’a déjà dit : quand il jouait, tout ce qu’il voulait, c’était marquer des buts et gagner. Ce n’est qu’après sa carrière qu’il a réalisé que son impact avait été beaucoup plus grand encore que celui d’un marqueur de 544 buts.»

André Richard est le fils du Rocket. Et il était encore jeune quand le numéro 9 a pris sa retraite. S’il a néanmoins été témoin des derniers exploits du joueur, il a surtout été élevé par un personnage plus grand que nature.

«Papa, c’était un homme droit, un homme qui avait des valeurs profondes, explique le Lavallois de 63 ans, le quatrième des sept enfants de Maurice Richard. Il croyait aux vertus du travail, il croyait en l’honnêteté, il croyait au respect, il croyait en la famille. Il appliquait ses valeurs sur la patinoire comme en dehors et c’est une des raisons pourquoi les gens l’aimaient tant et pourquoi ils ne l’oublieront jamais.»

Les gens l’aimaient tant, qu’ils ont déclenché une émeute, le 17 mars 1955, après qu’il ait été suspendu par le président de la Ligue nationale, Clarence Campbell, à la suite d’incidents survenus face aux Bruins de Boston. Les historiens associent l’événement à l’éveil du Québec français, en route vers la Révolution tranquille.

«Mon père ne faisait pas de politique, reprend André Richard. Mais je le répète, il était droit. Et les gens l’ont toujours admiré pour ça.»

Hockey

Outaouais: Guy Lafleur dans une classe à part

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 1 de 6

En Outaouais, on trouve deux monuments érigés à la gloire d’anciens hockeyeurs.

La statue de Maurice Richard est facile à trouver. Le premier héros des Québécois accueille les visiteurs qui traversent à Gatineau en empruntant le pont Alexandra.

Celle de Guy Lafleur l’est un peu moins.

Personne n’a rouspété, toutefois, quand on a décidé de l’installer devant l’hôtel de ville de Thurso. Elle est à sa place, en plein cœur de la Petite-Nation. Elle témoigne de l’attachement du Démon blond pour son village natal.

Personne n’a rouspété, non plus, lorsqu’on a suggéré que Lafleur occupe la première position au classement des meilleurs hockeyeurs de l’histoire de l’Outaouais. Cette proposition a fait l’unanimité parmi les membres de l’équipe des sports du quotidien Le Droit.

Ses 1353 points, ses quatre conquêtes de la Coupe Stanley et des trophées Hart, Art-Ross, Lester-B.-Pearson et Conn-Smythe le placent dans une classe à part.

Son statut de légende vivante du Canadien a scellé une fois pour toutes le débat.

À 66 ans, Lafleur continue de se promener à travers le monde pour rencontrer des amateurs de hockey. On nous a expliqué qu’il effectuait une tournée de l’Asie, au moment de la rédaction de ce reportage.

Il a effectué sa dernière visite «officielle» en Outaouais l’été dernier. Une impressionnante foule s’était déplacée, par un dimanche après-midi, pour le voir inaugurer une exposition portant sur la Coupe Stanley dans la petite municipalité de Plaisance.

Quand on l’a invité à prendre le micro, il a livré un discours improvisé, dans lequel il a décroché quelques flèches à l’endroit des hockeyeurs d’aujourd’hui. Ils oublient trop facilement, trop rapidement leurs racines, avait-il déploré.

«Guy prend le temps d’écouter. Il a un sens de l’écoute très développé. ll a surtout un sentiment d’appartenance à sa région. On voit ça rarement. Il est d’une simplicité désarmante. Il a un cœur extraordinaire. Il va toujours être près du monde qui l’ont aidé à se rendre là où il est aujourd’hui», avait alors affirmé la dame qui l’accueillait, la préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande.

«Des compliments comme ceux-là touchent toujours, avait réagi un Lafleur ému, quelques minutes plus tard. Il faut prendre ce qui passe, qu’ils disent. Ça reste toujours difficile d’être adulé comme ça. Moi, je ne me vois pas comme ça. On ne s’habitue jamais à ça.»

Hockey

Abitibi-Témiscamingue: Dave Keon, le meneur des Maple Leafs

L’Abitibi-Témiscamingue est surtout reconnue comme une région minière. On a parfois tendance à oublier qu’elle possède aussi une importante pépinière.

Une pépinière... de joueurs de hockey.

Le secteur de Rouyn-Noranda, particulièrement, a produit une quantité impressionnante d’athlètes qui ont évolué dans la LNH.

«La population n’était peut-être pas très élevée, dans ma jeunesse, mais il ne manquait certainement pas de glace! Nous avions des patinoires extérieures, bien entretenues par les frères du Collège de Rouyn. Nous avions deux arénas aussi. Les familles de quatre ou cinq enfants étaient nombreuses et tous les garçons jouaient au hockey. Ça nous donnait un bassin de joueurs assez important», raconte l’ancien ailier, puis directeur général du Canadien, Réjean Houle.

Dans les années 60, les garçons du Nord québécois comptaient aussi sur deux modèles. Jacques Laperrière était un des meilleurs défenseurs du Tricolore. Dave Keon était le meneur à l’attaque des Maple Leafs de Toronto.

Keon occupe donc le premier rang de notre classement. Laperrière n’a pas réussi à se faufiler parmi les cinq premiers. Les joueurs qui l’ont suivi étaient tout simplement trop nombreux et trop talentueux.

«Moi, j’ai grandi à Témiscaming, tout près de la frontière ontarienne. Mon équipe, quand j’étais jeune, c’était Toronto. Mon joueur favori, c’était Keon. Quand il a remporté la Coupe Stanley, en 1967, j’étais impressionné par sa façon de contrôler la rondelle, tant du coup droit que du revers. Il était aussi efficace et dangereux, d’un côté comme de l’autre», a raconté un autre attaquant qui a fini par occuper le bureau du dg au Centre Bell, André Savard.

Plus d’une vingtaine de joueurs de l’Abitibi-Témiscamingue ont marché dans les traces de Keon et Laperrière, durant les années 70, 80 et 90.

Pierre Turgeon et Éric Desjardins sont ceux qui ont réussi à y faire carrière le plus longtemps.

Keon demeure toutefois celui qui a connu la plus longue carrière. Quand il a pris sa retraite, en 1982, il comptait 1296 parties au compteur. Il a également joué 301 matchs dans la ligue rivale, l’AMH, entre 1975 et 1979. 

La région conservera également le souvenir de Michel Brière, un joueur spécial qui n’a pas pu briller très longtemps. Il a perdu la vie à la suite d’un accident de la route survenu après sa première saison chez les Penguins de Pittsburgh.

«Nous sommes nés la même année, nous avions le même âge. Si cet accident n’était pas survenu, il aurait longtemps fait carrière dans la LNH, croit Réjean Houle. Michel était vraiment intelligent avec la rondelle. Il n’était pas gros, mais il savait où il allait en tabarouette. Il aurait été un joueur clé pour les Penguins.»  

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Hockey

Est ontarien: la productivité de Denis Potvin

Le choix était déchirant. Deux des meilleurs défenseurs de l’histoire de la LNH ont grandi, dans la même région, à la même époque.

Larry Robinson a connu une carrière plus longue. Il a remporté la coupe Stanley plus souvent.

Denis Potvin fait cependant partie d’un club sélect. Il est un des huit défenseurs qui ont atteint le plateau des 1000 points. Il est surtout celui qui a eu besoin du moins grand nombre de matches pour réussir cet exploit.

Le capitaine qui a donné quatre coupes à l’organisation aux Islanders de New York mérite donc le titre de meilleur joueur originaire de l’Est ontarien. « Je suis bien content. C’est tout un honneur que vous me faites », a réagi Potvin lorsque nous l’avons contacté pour lui annoncer la nouvelle.

« Je n’oserais jamais me comparer à Larry. Je peux cependant vous dire que ça me touche beaucoup. Vous savez, j’ai joué tout mon hockey mineur à Ottawa. J’ai eu la chance de rester chez nous, dans le junior. J’ai porté les couleurs des 67’s. Et j’ai été très content de pouvoir passer quelques années à décrire les matches des Sénateurs à la télévision pour le réseau Sportsnet. On revient toujours à la maison. »

Potvin aime bien raconter ses meilleurs souvenirs de hockeyeur. Il se plaît également à nous rappeler qu’il a grandi dans le quartier Overbrook d’Ottawa. Sur le chemin Monseigneur-Lemieux, plus précisément. Il a fréquenté l’école Saint-Paul au niveau élémentaire et le Rideau High School au secondaire. « C’est là que j’ai commencé à parler anglais. »

Les études secondaires en anglais n’ont pas été couronnées de succès.

« Quand les 67’s ont approché mon père, j’avais une quinzaine d’années. Il s’est assis avec leur propriétaire, Howard Darwin. Il n’était pas question pour lui de me laisser jouer à temps plein avec eux. Il me trouvait trop jeune. Au départ, il me permettait de participer aux matches à domicile, uniquement. Ça n’a pas duré bien longtemps. Je me suis vite rendu compte que j’avais plus de plaisir au hockey qu’à l’école... »

En passant le plus clair de son temps sur des patinoires, Potvin a pu croiser d’autres joueurs qui se retrouvent, aujourd’hui, dans notre classement des meilleurs joueurs de l’Est ontarien. Il se souvient fort bien de sa première rencontre avec Doug Wilson. Ça s’est passé durant un été, lors d’une école de hockey qui se déroulait dans un aréna de Hull.

Il était un des instructeurs invités. Doug Wilson était un frêle gamin venu pour apprendre. « J’avais environ 18 ans. Nous avons une bonne dizaine d’années de différence. Je me souviens très bien de lui. Il était tout petit, avec une grosse tête de cheveux. Un afro. Comme son frère Murray, Doug avait un grand talent. Son lancer frappé était déjà très impressionnant. J’ai côtoyé beaucoup de jeunes dans des écoles de hockey. Je ne me souviens pas d’avoir été aussi impressionné. »

Potvin a croisé un autre membre de notre top-5, Mike Gartner, alors qu’il faisait carrière dans la LNH.

« Mike jouait à l’aile droite. Plus souvent qu’autrement, j’étais défenseur du côté gauche. Il était rapide. Et il était le plus dangereux compteur des Capitals de Washington. »

Sports

Mateo échangé

Trois-Rivières — Coup de tonnerre au Stade Stéréo Plus vendredi après-midi alors que les Aigles de Trois-Rivières ont échangé l’un de leurs piliers des dernières années, Daniel Mateo.

Le joueur de troisième but a été envoyé aux Miners de Sussex en retour d’un bouquet d’atouts: les lanceurs Kody Kerski et Daniel Carela ainsi que le voltigeur Alexi Colon. Les trois étaient des réguliers dans l’uniforme de l’équipe du New Jersey l’année dernière.

Reste que Mateo est le gros morceau de cette transaction. En quatre saison à Trois-Rivières, il a conservé une moyenne au bâton de ,299, une moyenne de présence et de puissance (OPS) de ,783 et a frappé 33 circuits. Des chiffres qui le placent parmi les meilleurs chez les Oiseaux à l’offensive en compagnie de Javier Herrera.

Après avoir connu deux saisons désastreuses au classement, les Aigles avaient envoyé le signal qu’une portion importante de l’équipe ne serait pas de retour la saison prochaine. L’équipe allait visiblement devoir choisir entre Mateo et Herrera. Or, la relation entre Stanton et le Dominicain n’était pas au beau fixe la saison dernière et le départ du joueur de troisième but semblait presque inévitable. «Ça n’a pas été un facteur dans la décision, explique le gérant T.J Stanton. Je pense que nous sommes meilleurs aujourd’hui que nous l’étions avant la transaction. Mateo est un très bon joueur, mais en même temps, il fallait faire un échange dans l’intérêt de l’équipe parce qu’on avait besoin de changement dans le noyau. C’était une grosse opportunité de mettre la main sur trois vraiment bons joueurs.»

L’organisation craignait aussi de se retrouver dans une situation où elle allait se retrouver avec un surplus de vétérans – Matt Rusch, Kyle Lafrenz, Javier Herrera ont actuellement ce statut – sans avoir été en mesure d’obtenir un retour pour Mateo. C’est ce qui s’était passé avec Steve Brown, que l’organisation avait libéré. «Pour nous, Herrera est un intouchable parce qu’il peut changer un alignement complet. On savait qu’on pouvait obtenir quelque chose pour Mateo. On obtient trois joueurs qui peuvent jouer avec nous et ça ouvre la porte à un grand coup parce que nous avons maintenant de la place pour ajouter un vétéran. On sait que Mateo va frapper pour ,300 l’an prochain, qu’il va venir à Trois-Rivières et nous faire mal, mais nous sommes meilleurs avec ces trois joueurs et le vétéran que nous allons ajouter plus tard», ajoute le directeur général de l’organisation, René Martin.

La transaction a rapidement fait réagir à la négative les amateurs sur les réseaux sociaux. C’était prévisible, Señor Mateo était l’un des joueurs les plus populaires à Trois-Rivières.

«Je comprends et c’est normal. Si nous n’avions rien eu pour Mateo, nous l’aurions gardé parce que ça aurait été suicidaire comme décision. Mais même lorsque c’était Pierre-Luc Laforest notre gérant, il disait qu’un jour il faudrait avoir le courage de laisser aller des joueurs, parce que dans la Can-Am, si tu gardes tes meilleurs joueurs trop longtemps, tu vas avoir des problèmes. Brown a été une étape, Mateo une autre», indique Martin.

Trois réguliers

À sa première saison dans le baseball indépendant l’an dernier, Kerski, qui a un statut LS-2, a obtenu une fiche de six victoires et cinq défaites et une moyenne de points mérités de 4,10. Il était utilisé comme partant mais aussi comme releveur numéro un, comme le démontrent ses 12 sauvetages. Stanton compte l’utiliser dans sa rotation l’été prochain.

Carela (LS-3) occupait lui aussi le poste de releveur chez les Miners. Il a maintenu une m.p.m. de 3,11 en 23 matchs pour la troupe de Bobby Jones. Finalement, Colon (LS-4) a frappé pour ,265 en plus d’obtenir 14 buts volés.

«J’ai vraiment trouvé Kerski impressionnant l’an dernier contre nous. Il a une excellente balle tombante, ce qui est très important dans notre petit stade. Quant à Carera, il a trois ans d’expérience dans la Ligue Can-Am et j’ai aussi été impressionné. Il pourra nous donner une relève solide», analyse Staton.

Crane quitte aussi
Les Aigles n’ont pas bougé une mais plutôt deux fois vendredi. Ils ont exaucé le vœu du voltigeur Connor Crane qui désirait un changement d’air à la suite de la dernière saison. L’athlète de 23 ans évoluera dorénavant avec le Freedom de Florence dans la Ligue Frontier. En retour, les Aigles ont obtenu le joueur de deuxième but Taylor Oldham et le lanceur Pete Perez. «C’est une ligue qui est plus jeune et c’est plus proche de son domicile. Nous n’avions pas le choix. Dans mon plan, Connor était de retour l’an prochain. Oldham est dans les meilleurs joueurs de la Ligue Frontière depuis trois ans et il est bon en défensive. Il a joué 20 matchs avec les Capitales l’an dernier et je ne pense pas qu’il était content de la manière dont ça s’est passé. Il aurait voulu une meilleure opportunité. Il va vouloir leur prouver qu’ils ont eu tort.»

En deux saisons en Mauricie, Crane a disputé 165 matchs et a affiché une moyenne au bâton de ,268.

Sports

Patriotes: «Notre indiscipline nous a coulés»

Trois-Rivières — Les Patriotes de l’UQTR traversent actuellement des moments parmi les pires de leur histoire à la suite de leurs deux défaites consécutives face aux Paladins du Collège militaire royal (CMR). Vendredi soir au Colisée, ils avaient la chance de stopper cette vilaine séquence contre cette même équipe, mais ils ont préféré se tirer dans le pied dans une défaite de 2-1 en fusillade.

La soirée s’annonçait plus éreintante qu’à l’habitude pour les Patriotes, qui n’avaient que 19 joueurs en uniforme puisque trois des leurs ont été suspendus à la suite du deuxième match à Kingston. On a vu les meilleurs atouts des locaux, Christophe Boivin et Pierre-Maxime Poudrier, à profusion sur la glace et ce sont d’ailleurs eux qui ont uni leurs forces avec six secondes à faire en première période pour donner l’avance 1-0 aux Patriotes sur un filet en désavantage numérique.

Mais les Trifluviens se sont eux-mêmes compliqué la vie par la suite en étant particulièrement indisciplinés. En deuxième période, Timothé Simard a été expulsé de la rencontre pour avoir frappé un adversaire dans le dos. Fort heureusement pour lui, ses coéquipiers ont écoulé la pénalité majeure.

Puis au troisième engagement, Allan Caron y est allé d’une retentissante mise en échec au centre de la glace sur Matthew Michie, dont le casque s’est envolé plusieurs pieds plus loin. L’officiel n’avait d’autre choix que de décerner une autre pénalité majeure et une expulsion. Cette fois, à 17 patineurs, les Patriotes n’ont pas été en mesure de s’en sauver. Une rondelle dirigée vers le filet par Riley Brandt a touché un défenseur avant de pénétrer dans la cage et créer l’égalité 1-1.

«C’était malhabile de leur part, c’est clair et on a été obligés de dépenser beaucoup d’énergie pour tuer les deux punitions. Ça nous a tués à long terme. On a eu du momentum, mais nous sommes incapables d’acheter un but», a soupiré Marc-Étienne Hubert.

Malgré 39 tirs en sa direction, le gardien Daniel Vautour n’a rien permis après la première période, propulsant les deux équipes en fusillade. Son vis-à-vis Alexandre Bélanger a cédé deux fois alors que Vautour a été parfait pour assurer la troisième victoire cette saison aux Paladins.

«Notre indiscipline nous a coulés, a avoué Hubert. Présentement, on manque d’expérience et c’est frappant. Il va falloir des mesures drastiques pour stopper ce comportement d’écoper de pénalité majeures. On veut jouer robuste et avec énergie, mais présentement, on est sur la ligne entre l’indiscipline et la robustesse.»

Les Patriotes seront de retour en action samedi soir alors qu’ils recevront leurs rivaux d’Ottawa, les Ravens de Carleton. Un total de cinq joueurs seront suspendus chez les Trifluviens pour cette rencontre qui s’annonce des plus longues.