Canadien

Le CH récolte un point grâce à la défensive

NASHVILLE — La défensive du Canadien lui a permis d’obtenir un point, mais l’offensive est restée au neutre et la formation montréalaise a encaissé une cinquième défaite d’affilée, un revers de 3-2 en fusillade face aux Predators de Nashville.

Le gardien Antti Niemi effectuait un premier départ dans l’uniforme bleu-blanc-rouge, tandis que le défenseur Jakub Jerabek avait été rappelé du Rocket de Laval pour disputer un premier match dans la LNH. Ils ont été impuissants face aux insuccès offensifs du Canadien, qui a inscrit seulement 15 buts à ses neuf derniers matchs, dont seulement trois à ses trois dernières sorties.

Les buts du Canadien (8-12-3) sont venus de défenseurs Jordie Benn et Joe Morrow, ce dernier avec 56 secondes à faire en temps réglementaire. Cependant, les canons offensifs du Tricolore sont restés discrets. 

«Même s’ils n’ont pas marqué, ils ont généré des occasions de marquer», a dit Claude Julien, au sujet du trio de Jonathan Drouin, Max Pacioretty et Alex Galchenyuk. «Ils ont mieux travaillé que la veille», a ajouté l’entraîneur-chef du Canadien en faisant allusion à la défaite de 3-1 face aux Stars, à Dallas.

Malgré sa ronflante moyenne de buts alloués de 6,67 et son taux d’efficacité de ,820 avant la rencontre, Niemi a bien fait à son premier départ avec une troisième équipe différente cette saison (Penguins de Pittsburgh et les Panthers de la Floride). Il a effectué 31 arrêts avant la fusillade. À l’autre bout de la patinoire, Rinne a repoussé 27 lancers

«Il a été très bon ce soir», a dit Julien au sujet de Niemi. «Il a réussi de gros arrêts. C’était bon d’avoir un gardien reposé pour nous donner une chance de gagner. On avait besoin d’une certaine énergie ce soir et il l’a procurée pour nous devant le filet.»

Le Canadien aurait pu ouvrir la marque tôt dans le match quand il a obtenu 65 secondes de jeu à 5-contre-3. Rinne a stoppé une déviation de Max Pacioretty à la suite d’une belle remise de Jonathan Drouin, mais les visiteurs ont été plutôt inefficaces pendant cet avantage numérique de deux joueurs.

Benn a permis au Tricolore d’ouvrir le pointage à 12:47, quand il a profité de beaucoup d’espace dans l’enclave et a surpris Rinne du côté du bâton.

Subban motivé

P.K. Subban était visiblement très motivé pour son deuxième match contre son ancienne formation. Lors de la première période seulement, il a distribué cinq mises en échec. Il a aussi permis aux siens de niveler les chances avant de retraiter au vestiaire, en avantage numérique avec moins de deux secondes à écouler au cadran.

Subban y est allé d’une belle montée et a contourné Pacioretty en entrée de zone avant de tenter une passe transversale. La rondelle a échappé aux défenseurs Jordie Benn et Brandon Davidson pour aboutir sur la lame du bâton de Ryan Johansen. Ce dernier a ensuite rejoint à contre-courant dans l’enclave Filip Forsberg , qui s’y est pris à deux reprises pour pousser le disque dans un filet ouvert.

Forsberg a donné les devants aux Predators après 3:16 de jeu en troisième période, encore une fois en avantage numérique. Les deux gardiens ont été solides par la suite et ce sont deux petites erreurs des Predators qui ont permis au Canadien de forcer la présentation d’un bris d’égalité.

Viktor Arvidsson a d’abord raté un filet désert après que Niemi eut été remplacé par un attaquant supplémentaire. Le défenseur Roman Josi a ensuite vu son dégagement être bloqué à la ligne bleue des locaux par Morrow. Le tir du défenseur s’est faufilé à travers la circulation et a surpris Rinne. Turris a finalement sauvé ses coéquipiers en fusillade.

+

Canadien

Si Dany le dit...

COMMENTAIRE / Je voue un grand respect à l’analyste Dany Dubé. Je considère qu’il est le meilleur pour commenter l’actualité du hockey de la LNH au Québec, et ce, depuis plusieurs années. Non seulement a-t-il gardé ses réflexes aiguisés d’entraîneur quand on lui donne le micro, il est d’abord un excellent communicateur.

Or, s’il y a un concept que l’ancien pilote des Draveurs et des Patriotes a déjà expliqué à maintes et maintes reprises, c’est l’importance de diviser une période en de nombreux segments. Pour Dany, il est primordial de remporter les cinq premières et les cinq dernières minutes d’un engagement. Avec de multiples exemples pour exprimer sa rhétorique, difficile de le contredire là-dessus.

Le Canadien a d’ailleurs fait une démonstration éloquente de cet argumentaire, bien malgré lui mercredi, contre les Predators de P.K. Subban. Embourbés dans une triste léthargie offensive, les hommes de Claude Julien n’ont pas été capables d’arracher un but à leurs hôtes de Nashville dès la deuxième minute du match, alors qu’ils évoluaient pourtant à 5 contre 3!

Remarquez, ça paraît quand Shea Weber s’absente pour cause de blessure. Il n’y a personne derrière lui avec un tir aussi puissant et certainement pas non plus de coéquipiers dotés de son flair offensif à la ligne bleue. On a encore vu mercredi que Jeff Petry ne pouvait endosser ces responsabilités. Tout semble difficile pour le pauvre Jeff en ce pénible début de saison...

Ce qui nous ramène aux fameux segments de l’ami Dany. Oui, le Canadien a encore pris les devants dans un match, mais il a encaissé un but en fin de période. Il restait environ une seconde à jouer en fait. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y avait plus assez de temps au cadran pour allouer un deuxième but en moins d’une minute, comme c’est la norme cette année.

Les Predators ont par la suite pris les devants tôt en troisième, avant que Joe Morrow n’égalise la marque avec 56 secondes à jouer. Avouez-le, ça donne du poids à la théorie de Dany Dubé!

Mais au final, c’est une autre défaite pour le Canadien, malgré une bonne sortie du gardien Antti Niemi. Charles Hudon a aussi bien paru mercredi. On ne peut en dire autant du 67 et du 92... 

1-0 P.K.!

Aigles

Julio Martinez réapparaît

ANALYSE / Après être disparu des radars au mois d’août, Julio Martinez est de retour. L’ancien voltigeur des Aigles de Trois-Rivières se trouve à Haïti où il est sur le point d’obtenir la citoyenneté, une étape primordiale avant d’être en mesure de s’entendre avec une équipe du Baseball majeur. Mais à quoi peut s’attendre le jeune homme de 21 ans?

C’est la revue spécialisée Baseball America qui a été la première à s’entretenir avec Julio Pablo Martinez – son nom complet. Pourquoi est-il à Haïti lorsqu’on sait qu’il a fait défection au New Jersey, donc déjà en terre américaine, où il espère jouer prochainement. 

Fort possiblement parce qu’il est plus facile d’obtenir sa citoyenneté dans certains pays des Caraïbes – ¡Viva la corrupción! – qu’en terre de Donald Trump. Or, si Martinez espère être mis sous contrat par une équipe des majeures, il est obligatoire qu’il soit citoyen d’un autre pays que Cuba.

L’été dernier, les amateurs de baseball de la Ligue Can-Am ont pu apprécier le talent du jeune homme. 

Ce sera maintenant aux recruteurs du Baseball majeur de faire de même le 8 décembre, alors que Martinez fera l’étalage de ses habiletés lors d’une journée prévue à Santo Domingo en République dominicaine. C’est par la suite que s’amorceront les enchères.

Malheureusement pour lui, Martinez est né deux ans trop tard. Le Baseball majeur a apporté de sévères modifications à ses règlements quant à la signature d’espoirs internationaux. 

Terminée, l’époque des gigantesques bonis de signature de 31,5 et 25 M $ obtenus dans les dernières années par Yoan Moncada et Luis Robert. Les équipes doivent maintenant se plier à une limite rigide, plutôt que de dépenser et assumer les gigantesques pénalités reliées à leur décision. Dorénavant, les formations seront limitées à une somme entre 4,25 M$ et 6 M$ par année. La différence est majeure.

Ce n’est pas la seule brique qui tombe sur la tête de Martinez. Depuis deux ans, douze équipes ont dépassé le plafond alloué pour les espoirs internationaux. Pénalisées, elles n’auront que 300 000 $ à leur disposition afin de séduire Martinez. Son boni en sera inévitablement touché.

Est-ce que l’ancien des Aigles vaut les sommes obtenues par Moncada et Robert? Martinez est légèrement plus âgé que ses deux compatriotes et on le décrit comme un peu moins habile et doté d’une stature moins impressionnante. Mais son apparition sur le marché des joueurs autonomes a retenu l’attention et on le décrit comme l’un des meilleurs espoirs disponibles après Shohei Otani, le Babe Ruth japonais puisqu’il est tout aussi bon au monticule qu’au bâton. 

La signature de ce dernier aura d’ailleurs un impact sur le boni qu’obtiendra Martinez, tout comme la présence des 12 espoirs que les Braves d’Atlanta ont dû libérer cette semaine après avoir enfreint plusieurs règlements des signatures internationales du Baseball majeur.

Et les Aigles dans tout ça?

Lorsque Martinez apposera sa signature au bas d’un contrat du Baseball majeur, il deviendra le premier joueur cubain sous contrat avec une équipe nord-américaine à faire un tel geste. Même s’il s’est sauvé de Trois-Rivières, les Aigles détiennent toujours ses droits. Personne ne sait comment se réglera ce dossier.

Dans les divers médias qui ont abordé le cas, la question des droits de Martinez dans la Ligue Can-Am ne retient pas l’attention. On parle tout simplement que le voltigeur a quitté l’île, comme l’ont fait plusieurs vedettes dans le passé.

J’ai récemment discuté avec Michel Laplante, qui a mis sur pied cette collaboration Cuba-Ligue Can-Am. Il estime que les journalistes qui ont discuté avec Martinez à Haïti ont erré en n’abordant pas la question, en ajoutant que les excellentes performances du jeune voltigeur dans la Can-Am sont une bien meilleure base d’évaluation des capacités de Martinez que ce qu’il aurait pu faire dans la Serie Nacional de Béisbol.

À son avis, il est temps que le préjugé selon lequel les joueurs cubains sont maltraités sur l’île tombe. Tout ce que veut Cuba, c’est d’être compensé pour la perte de ses meilleurs atouts, ce que le Baseball majeur ne peut faire depuis 1962, embargo oblige.

Le Baseball majeur a toujours respecté les contrats signés par les joueurs dans d’autres circuits. C’est ce qui a permis aux Aigles d’obtenir quelques milliers de dollars lorsqu’un de leurs joueurs a fait le saut vers le baseball affilié. Les équipes du baseball indépendant peuvent demander la somme qu’elles désirent pour vendre le contrat du joueur en question. 

Techniquement, l’équipe qui s’entendra avec Martinez pourrait signer un chèque aux Aigles, avant que ceux-ci ne l’endossent et le donnent à la fédération cubaine. Mais il y a très peu de chance qu’une formation ose défier le gouvernement américain. À l’inverse, j’imagine mal les Aigles, ainsi que la Ligue Can-Am, tenir tête au Baseball majeur en ne laissant pas aller leur ancien voltigeur.

Le contrat qu’avait Martinez avec la fédération cubaine, qui lui permettait de quitter l’île en obligeant son retour, tiendra-t-il la route? Ce sera possiblement à la justice américaine de décider. On peut donc s’attendre à ce que ce dossier prenne des années à se régler. D’ici-là, Martinez sera peut-être dans les Ligues majeures, et, si c’est le cas, il sera connu à Trois-Rivières comme le meilleur joueur à avoir foulé la pelouse du Stade du parc de l’Exposition depuis l’époque de Ken Griffey.

Hockey

«Notre attaque doit en donner plus»

TROIS-RIVIÈRES — S’ils veulent stopper leur séquence de revers à six, les Draveurs de Trois-Rivières devront relever le niveau de jeu d’un gros cran jeudi soir au Colisée puisque ce sont les meneurs au classement général de la LNAH, l’Assurancia de Thetford Mines, qui débarquent au parc de l’Exposition.

L’équipe dirigée par Alain Côté ne performe pas à la hauteur des attentes depuis l’ouverture des barrières. Le pilote défie ses hommes de lui en donner plus. «Ça prend plus d’engagement, c’est clair. Il faut mieux jouer défensivement, c’est vrai, mais il faut surtout générer plus d’offensive», martèle Côté. «J’ai aimé notre jeu de puissance en fin de semaine dernière. Mais notre attaque doit en donner plus à forces égales.»

Dans une tentative de relancer ses canons Jonathan Bellemare et Nicolas Corbeil, Côté va les séparer jeudi soir. «Il faut provoquer des choses. Parfois, des nouvelles combinaisons, ça amène un peu de fraîcheur.»

Pas question toutefois de prolonger l’expérience de jouer à cinq défenseurs. Les Draveurs vont insérer Julien Gauthier dans l’alignement pour compléter leur brigade. «On l’a essayé, jouer à cinq défenseurs, et ce n’est pas concluant. Dès que tu en perds un, pour une raison ou pour une autre, tu es dans le trouble. On va opter pour plus de stabilité à la ligne bleue.»

Non, Jon Mirasty ne sera pas encore de la partie en fin de semaine. Le renommé bagarreur est disponible, mais les Draveurs n’ont tout simplement pas besoin de ses services en ce moment, alors que les équipes adverses ont de moins en moins de joueurs pour faire ce travail. «Il faut être logique dans ce dossier. Quand nous aurons besoin de lui, on n’hésitera pas à le faire venir.» 

LHJMQ

Cataractes: au pic et à la pelle

SHAWINIGAN — Pour se sortir de cette vilaine séquence de six revers d’affilée, les Cataractes ont décidé d’offrir un engagement collectif. Tout le monde a poussé dans la même direction mercredi soir face au Drakkar de Baie-Comeau et la récompense fut une victoire de 4-3 arrachée en prolongation devant 3400 personnes au Centre Gervais Auto.

C’est Jan Drozg qui a joué les héros avec un tir sur réception parfait, après avoir accepté une savante passe de Samuel Asselin. Une fin spectaculaire à un match de cols bleus. C’est au pic et à la pelle que les Shawiniganais ont gagné leur espace sur la glace. Dès la première mise en jeu, ils ont imposé le tempo. Les unités spéciales et le brio du gardien Justin Blanchette ont néanmoins permis au Drakkar de contrôler le pointage au tableau indicateur, même si les Cataractes ont réussi à placer 47 rondelles au filet. 

En déficit d’un but en troisième période, les Shawiniganais ont continué de pousser. Dans la dernière minute de jeu, Samuel Blier a créé l’égalité 3-3 avec un tir qui avait des yeux, décoché quelques pieds à l’intérieur de la ligne bleue ennemie. Une scène qui a mis la table pour une prolongation endiablée, où Drozg a procuré le point boni aux locaux.

Outre Drozg et Blier, Cameron Askew a enfilé deux buts, ce qui porte son total à 10. Mentionnons aussi les deux passes de Simon Benoît, encore une fois utilisé à profusion dans le champ arrière. 

«C’est vrai que je joue pas mal, des fois je dépasse même 30 minutes. Ceci dit je n’ai aucun problème avec ça! Quand je reviens au banc, je me prépare à retourner sur la glace, je sais que ça va revenir rapidement», sourit Benoît, en convenant que cette victoire fera du bien au moral des troupes. 

«Après six défaites, on sentait la tension dans le vestiaire. La victoire va faire descendre la pression un peu. Et puis cette victoire est attribuable à un effort d’équipe, alors c’est encore plus plaisant!»

Daniel Renaud relevait lui aussi la prestation globale de sa troupe. «Peu importe le résultat, c’est une belle performance. On met toujours l’accent sur le travail», rappelle-t-il. «Même quand le Drakkar a pris les devants, on a persévéré. On a mis du trafic près du filet. Quand tu fais ça, la rondelle finit toujours par rentrer.»

C’était le dernier match où les Cataractes étaient limités à deux joueurs de 20 ans dans l’alignement, puisque la suspension écopée par Charlie Roy est terminée. À partir de vendredi, plus question de se priver des services de Blier, Askew ou Vasily Glotov. 

«C’est sûr que ça fera une différence. Dans notre ligue, le gardien, les deux Européens et les trois vétérans de 20 ans doivent faire partie de ton noyau pour connaître du succès. En retombant à trois 20 ans dans l’alignement, ils pourront jouer l’esprit en paix. Pas évident de jouer avec un fusil sur la tempe», plaidait Renaud, qui semble vraiment encouragé par les dernières prestations de son club. 

«Nous sommes un club de séquences depuis le début de la saison. Espérons que cette victoire va en lancer une du bon bord. Avec ce que je vois présentement, il n’y a aucune raison pour empêcher ça.»

Dans l’autre vestiaire, Martin Bernard était moins jovial. Le Drakkar venait de gagner six de ses huit derniers matchs, mais il n’a pas paru très affamé en sol mauricien. 

«On n’a pas joué un gros match. Dès ce matin, je sentais les gars endormis. On les a réveillés, mais ils ont retombé une couple de fois dans un sommeil profond», soupirait Bernard, qui ne croit pas que ses jeunes joueurs ont sous-estimé leurs rivaux. «En tout cas, j’espère que ce n’est pas le cas. On était au pays des rêves, tout simplement. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est une leçon pour notre équipe.»

Le prochain match des Cataractes est programmé pour vendredi, alors que les Foreurs de Val-d’Or s’arrêteront dans la ville de l’électricité.

Les 100 ans de la LNH

Don Marcotte, un Bruins toute sa vie

Grâce à son efficacité, tant en attaque qu’en défensive, Don Marcotte s’est taillé une carrière dans la LNH plus qu’enviable. Avec 868 matchs au compteur avec les Bruins de Boston, plusieurs le voient comme l’un des précurseurs de ces attaquants spécialisés dans la couverture des meilleurs joueurs adverses. Une tâche qu’il a accomplie toute sa carrière avec les Bruins de Boston.

Il a amorcé sa carrière en 1965-66 avec un seul match dans la grande ligue, avant de faire l’aller-retour entre Boston et son club-école de Hershey, puis de s’y établir pour de bon, à compter de la saison 1969-70.

Le natif d’Asbestos jouera 868 matchs, tous avec Boston. Il cumulera 230 buts et 254 passes pour 484 points.

Il connaîtra aussi du succès en séries éliminatoires. Avec ses deux conquêtes de la Coupe Stanley (1969-70 et 1971-72), Marcotte disputera 132 matchs en séries, récoltant 34 buts, 27 passes et 61 points.

Il a aussi aidé les Bruins à participer à la finale trois fois, en 1974, 1977 et 1978.

«Je suis très fier de la carrière que j’ai connue. Surtout des deux Coupes Stanley. J’avoue qu’on aurait facilement pu en gagner deux autres dans ces années-là. Mais le Canadien était assez bon aussi!» a dit celui qui a élu domicile près de Boston à l’issue de sa carrière active, en 1982.

Ils ont été nombreux, les émules de Connie Dion à Asbestos. L’ancien gardien des Red Wings de Detroit fut un mentor, et un recruteur pour le Canadien de Mont­réal entre autres, pour plusieurs joueurs de cette petite ville qui ont par la suite évolué dans la LNH.

Don Marcotte a participé à un camp d’entraînement avec les Canadiens de Montréal-Nord, un club de la Quebec Provincial Junior A Hockey League, en vue d’être signé avec le Canadien de Montréal; mais au bout de trois semaines, on l’a retourné à la maison. Il n’avait que 16 ans.

«Mon frère jouait alors avec les Bruins de Victoriaville, un club qui appartenait aux Bruins. Ils ont aimé mon jeu, et ils m’ont signé. L’année suivante, je quittais pour Niagara Falls, un autre club de leur système», s’est rappelé M. Marcotte.

«Dans les mineures, l’organisation m’a dit qu’on me préparait pour remplacer Johnny Bucyk, qui commençait à se faire vieux. Finalement, il a pris sa retraite en 1977!»

Marcotte s’est fait une réputation de joueur d’une grande fiabilité. Aux côtés de Derek Sanderson et d’Ed Westfall, il s’avérait très efficace dans toutes les facettes du jeu. Et surtout en désavantage numérique.

En 1970-71, il a compté six buts en désavantage. Un sommet dans la LNH. Il a connu sa meilleure saison en 1974-75, avec 31 buts et 33 passes. 

«Je crois avoir été un joueur complet [two way player]. Mon job était de jouer en désavantage numérique, et surveiller les meilleurs joueurs de l’autre côté. Bobby Hull et Yvan Cournoyer ont été mes deux clients les plus difficiles. Si je n’arrêtais pas Cournoyer avant son départ, c’était impossible de le rattraper par la suite! Quant à Hull, il fallait l’empêcher de lancer. Il était fort comme un bœuf!»

«Je retiens surtout les deux saisons où on a gagné la Coupe Stanley. C’est un feeling incroyable. D’ailleurs, je revois très régulièrement plusieurs joueurs de cette édition-là : Johnny Bucyk, Wayne Cashman, Phil Esposito, Eddy Cheevers, Brad Park, et surtout Rick Middleton et Terry O’Reilly, qui demeurent encore dans la région.»  

Les 100 ans de la LNH

L’extraordinaire Jean Béliveau

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 4 de 6

Yvan Cournoyer fut l’un des privilégiés dans l’histoire centenaire du Canadien de Montréal. L’attaquant surnommé «Roadrunner» a eu la chance de jouer pour Mont­réal lors de la glorieuse époque des années 60, mais aussi avec la puissante équipe des années 70.

La région du Centre-du-Québec et des Bois-Francs a produit parmi les plus grands hockeyeurs de toute l’histoire de la LNH.

Les Gilbert Perreault, Marcel Dionne, Yvan Cournoyer et Yvon Lambert sont parmi ces joueurs qui ont marqué une génération de hockeyeurs.

Mais tout en haut, Jean Béliveau était un peu seul dans sa stratosphère. De l’aveu même de ces grands du hockey, «Le Gros Bill», était non seulement un géant sur la glace, mais aussi à l’extérieur.

Né à Trois-Rivières, il a grandi à Victoriaville.

«Il a été mon capitaine à mon arrivée avec le Canadien. J’avais alors 19 ou 20 ans. J’étais assis à côté de lui, dans le vestiaire. Et plus tard, nous avons été chambreurs, pendant de nombreuses années. Il nous disait toujours, je serai votre capitaine sur la glace, mais à l’extérieur, aussi. Il fut un capitaine, et un ami, incroyable», s’est remémoré Yvan Cournoyer.

Quelque 1125 matchs en saison régulière et 1219 points. En séries, 10 Coupes Stanley, accompagnées de 176 points en 162 matchs éliminatoires. Des statistiques impressionnantes.

Admis au Temple de la renommée à peine trois ans après sa retraite, Grand Officier de l’Ordre national du Québec, compagnon de l’Ordre du Canada, Jean Béliveau a cumulé les honneurs sur la surface glacée par son immense talent, et à l’extérieur, pour ses remarquables qualités humaines.

Il est décédé le 2 décembre 2014.

On a longtemps supposé qu’il serait sénateur, ou même gouverneur général du Canada. On citait son nom dans les chansons populaires de l’époque. 

«Pour moi, il est le meilleur joueur de l’histoire de la LNH, à tous les points de vue», a dit M. Cournoyer.

Ce dernier a connu aussi une brillante carrière. Ailier ultrarapide, il a lui aussi remporté 10 Coupes Stanley dans l’uniforme bleu-blanc-rouge.

«Je n’aurais jamais pensé, rêvé, gagner autant de Coupes Stanley. Ce que je retiens le plus, c’est la camaraderie. On était toujours ensemble, hiver comme été. À l’époque, on pouvait jouer six ou sept ans ensemble. C’était comme une famille. Et c’est ce qui nous manque le plus, lorsqu’on prend notre retraite.»

«J’ai fait la jonction entre deux époques. J’ai joué avec Henri Richard, Jean Béliveau, Ken Dryden, mais aussi avec Guy Lafleur, Jacques Lemaire, Larry Robinson. C’était une époque vraiment fascinante.»

Les 100 ans de la LNH

Lowe, le pilier défensif derrière La Merveille

TROIS-RIVIÈRES — Six conquêtes de la Coupe Stanley, sept participations au Match des étoiles et plus de 1200 matchs à patrouiller la ligne bleue des Oilers d’Edmonton, mais aussi des Rangers de New York. Véritable pilier défensif de l’une des grandes dynasties de l’histoire du hockey, Kevin Lowe est choisi meilleur hockeyeur des régions Laurentides-Lanaudière.

Originaire de Lachute, Lowe fut pendant près de 20 ans l’une des forces tranquilles de la formation albertaine. Derrière les Wayne Gretzky, Mark Messier, Jari Kurri et Glenn Anderson, aux côtés de son compagnon Paul Coffey et devant Grant Fuhr, Lowe était bien entouré durant les années 80.

Parmi les grands

Si les noms de Gretzky et Messier reviennent souvent lorsqu’on parle de cette équipe spéciale, Lowe n’est pas très loin derrière dans les discussions. Premier choix des Oilers au repêchage de 1979, il revendique également le premier but de l’histoire de la nouvelle franchise dans la LNH. Il gagnera d’ailleurs cinq fois la Coupe Stanley à Edmonton. Il récidivera en 1994 à New York avant de rentrer à la maison lors de la saison 1996-97, son avant-dernière dans le circuit Bettman.

Lowe est l’un des grands défenseurs formés au Québec.

Les trois prochains joueurs dans notre classement, tous des attaquants, évoluent toujours dans la LNH. L’aîné du trio, Jason Pominville, se rapproche du plateau des 700 points. À une époque où les buts se font plus rares dans le hockey professionnel, le Repentignois compte trois saisons d’au moins 30 buts, dont une de 80 points avec les Sabres de Buffalo. Après un court séjour au Minnesota, il est de retour avec les Sabres, où il connaît, à 35 ans, un excellent départ.

Jonathan Huberdeau et Jonathan Drouin, quant à eux, entament à peine leur carrière dans la meilleure ligue au monde, mais ils ont déjà un impact sur leur formation respective. En Floride, Huberdeau est l’une des pièces maîtresses de ce qu’on espère une renaissance des Panthers tandis qu’à Mont­réal, Drouin se retrouve dans une jungle en tant que premier Québécois depuis au moins deux décennies à occuper un rôle offensif aussi important. Jusqu’à présent, il répond bien à la pression. En fait, il semble carburer à cette pression.

En cinquième position, Gilles Gilbert, avec 14 saisons, est le meilleur gardien de ces deux régions du Québec. S’il n’a jamais soulevé le précieux trophée au bout de ses bras, l’ancien des Bruins, des North Stars et des Red Wings peut se vanter d’avoir la plus longue séquence de victoires (17) pour un gardien de but du circuit. 

Les 100 ans de la LNH

Jacques Plante, un précurseur

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 3 de 6

Parce qu’il a révolutionné la position de gardien de but dans le monde du hockey, Jacques Plante mérite le titre du meilleur joueur de l’histoire de la Mauricie.

Bien sûr, tous les amateurs avisés connaissent l’histoire du masque. Un soir de novembre 1959 au Madison Square Garden de New York, le solide numéro 1 reçoit une rondelle tirée par Andy Bathgate des Rangers tout juste sous l’œil gauche. 

Après avoir reçu sept points de suture, son entraîneur Toe Blake lui permet de porter ce protecteur facial qu’il enfile déjà depuis un certain temps lors des séances d’entraînement du Canadien. Le reste appartient à la légende. 

Dans les heures suivant l’Halloween, les photos de Plante, son masque sur la tête, ont fait le tour de l’Amérique. Sa bonne performance, dans les circonstances, a d’ailleurs confirmé qu’il était possible de défendre une cage avec cet outil de travail.

« Personne ne riait de lui. N’importe quel gardien aurait pu se faire tuer à cette époque. Ils étaient respectés », se souvient l’ex-­défenseur Jean-Guy Talbot, qui a évolué avec Plante chez le Canadien et les Blues de St. Louis.

Mais voilà, Jacques Plante, c’est bien plus qu’une histoire de masque. C’est, entre autres, 434 victoires, sept nominations sur l’équipe d’étoiles de la LNH et autant de trophées Vézina ainsi que six conquêtes de la Coupe Stanley.

« Aucun autre gardien n’a eu plus d’impact que lui pour l’équipement, estime le statisticien Gerry Rochon. Il a travaillé sur les jambières et le gant pour attraper la rondelle. Même s’il n’a pas inventé le masque, c’est lui qui l’a démocratisé pour en faire une pièce permanente. »

Jean-Guy Talbot poursuit la réflexion. Son ancien coéquipier étudiait toutes les subtilités et aimait parler à ses défenseurs. « Il remarquait tout ! À Detroit, on jouait sur une patinoire ovale donc la rondelle revenait plus vite devant le filet. Jacques a initié une nouvelle tendance en quittant sa zone pour intercepter les rondelles. Il contrôlait le jeu. Je l’ai souvent vu se rendre jusqu’à la ligne bleue ! C’était un bon patineur. »

« À Chicago, il a demandé aux officiels de vérifier la grandeur des buts. Ils n’étaient pas réglementaires », nous informe Gerry Rochon. « Jacques est aussi le responsable du rectangle des gardiens. »

À l’extérieur de la glace, Plante était un type plutôt particulier. « Souvent en retrait, que ce soit dans le train ou au restaurant, confie Talbot. Ce n’était pas un grand parleur non plus. »

On raconte qu’il préférait lire ou écrire de la poésie plutôt que d’enchaîner les parties de poker avec les autres joueurs du Tricolore!

Qu’à cela ne tienne, il a fait parler son talent sur la surface glacée et au final, c’est ce qui compte. D’où son intronisation au Temple de la renommée en 1978, huit ans avant sa mort. «C’est un excellent choix que de le placer au premier rang en Mauricie, convient Jean-Guy Talbot. Je suis certain que Jacques aurait du succès dans la LNH d’aujourd’hui. Lui, deux matchs en deux soirs, ça ne l’aurait pas trop secoué!»

LHJMQ

Le Drakkar sur une mer agitée

SHAWINIGAN — Les Cataractes vont tenter mercredi soir de stopper leur séquence de six défaites face au Drakkar de Baie-Comeau, une équipe qui navigue sur une mer agitée depuis le début de la saison.

Cette jeune formation bourrée de talent avait connu une belle progression en deuxième moitié de saison, ce qui laissait croire qu’elle était déjà prête pour se battre pour le titre de sa division. Or, elle vient tout juste de remonter la barre de ,500. «On se replace. On a gagné six de nos 10 derniers matchs. Il faut rester calme, ça fait partie du processus», clame Martin Bernard, pas trop surpris d’avoir eu à affronter une petite tempête à l’ouverture des barrières. Il avait vécu pas mal la même chose avec un alignement similaire, à sa deuxième saison à la barre des Cataractes.

«Il y a un peu d’attentes entourant l’équipe. On a plusieurs de nos joueurs admissibles au repêchage qui s’ajoutent de la pression. Globalement, on avait un paquet de jeunes à leur deuxième année dans la ligue, qui s’imaginaient peut-être que les choses seraient plus faciles avec de l’expérience», sourit le pilote natif de l’Estrie. 

«Quand je regarde notre fiche et celle des Cataractes à ma deuxième année, c’est quasiment identique. Il y a un apprentissage à faire là-dedans. Nos gars doivent rester dans le présent, éviter de regarder trop loin. Le repêchage, par exemple, ce n’est pas demain après-midi! Il reste beaucoup de hockey d’ici là, ça ne donne rien d’essayer de trop en faire au cours d’un seul match. Gabriel Fortier joue du bon hockey dernièrement, Xavier Bouchard vient de disputer un excellent match à Halifax face aux Mooseheads et Jared McIsaac. Je n’ai jamais été inquiet, on s’en va du bon bord.»