LHJMQ

Drozg joue les héros

SHAWINIGAN — Les Cataractes ont mis fin à leur vilaine séquence de six revers en empochant un gain de 4-3 en prolongation aux dépens du Drakkar mercredi soir.

C’est Jan Drozg qui a joué les héros avec un tir sur réception parfait, après avoir accepté une passe parfaite de Samuel Asselin. C’était le 47e tir des locaux, qui ont généré beaucoup de chances de marquer au cours du match.

Le prochain match des Cataractes est programmé pour vendredi face aux Foreurs de Val-d’Or.

Les 100 ans de la LNH

Lowe, le pilier défensif derrière La Merveille

TROIS-RIVIÈRES — Six conquêtes de la Coupe Stanley, sept participations au Match des étoiles et plus de 1200 matchs à patrouiller la ligne bleue des Oilers d’Edmonton, mais aussi des Rangers de New York. Véritable pilier défensif de l’une des grandes dynasties de l’histoire du hockey, Kevin Lowe est choisi meilleur hockeyeur des régions Laurentides-Lanaudière.

Originaire de Lachute, Lowe fut pendant près de 20 ans l’une des forces tranquilles de la formation albertaine. Derrière les Wayne Gretzky, Mark Messier, Jari Kurri et Glenn Anderson, aux côtés de son compagnon Paul Coffey et devant Grant Fuhr, Lowe était bien entouré durant les années 80.

Parmi les grands

Si les noms de Gretzky et Messier reviennent souvent lorsqu’on parle de cette équipe spéciale, Lowe n’est pas très loin derrière dans les discussions. Premier choix des Oilers au repêchage de 1979, il revendique également le premier but de l’histoire de la nouvelle franchise dans la LNH. Il gagnera d’ailleurs cinq fois la Coupe Stanley à Edmonton. Il récidivera en 1994 à New York avant de rentrer à la maison lors de la saison 1996-97, son avant-dernière dans le circuit Bettman.

Lowe est l’un des grands défenseurs formés au Québec.

Les trois prochains joueurs dans notre classement, tous des attaquants, évoluent toujours dans la LNH. L’aîné du trio, Jason Pominville, se rapproche du plateau des 700 points. À une époque où les buts se font plus rares dans le hockey professionnel, le Repentignois compte trois saisons d’au moins 30 buts, dont une de 80 points avec les Sabres de Buffalo. Après un court séjour au Minnesota, il est de retour avec les Sabres, où il connaît, à 35 ans, un excellent départ.

Jonathan Huberdeau et Jonathan Drouin, quant à eux, entament à peine leur carrière dans la meilleure ligue au monde, mais ils ont déjà un impact sur leur formation respective. En Floride, Huberdeau est l’une des pièces maîtresses de ce qu’on espère une renaissance des Panthers tandis qu’à Mont­réal, Drouin se retrouve dans une jungle en tant que premier Québécois depuis au moins deux décennies à occuper un rôle offensif aussi important. Jusqu’à présent, il répond bien à la pression. En fait, il semble carburer à cette pression.

En cinquième position, Gilles Gilbert, avec 14 saisons, est le meilleur gardien de ces deux régions du Québec. S’il n’a jamais soulevé le précieux trophée au bout de ses bras, l’ancien des Bruins, des North Stars et des Red Wings peut se vanter d’avoir la plus longue séquence de victoires (17) pour un gardien de but du circuit. 

Les 100 ans de la LNH

Jacques Plante, un précurseur

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 3 de 6

Parce qu’il a révolutionné la position de gardien de but dans le monde du hockey, Jacques Plante mérite le titre du meilleur joueur de l’histoire de la Mauricie.

Bien sûr, tous les amateurs avisés connaissent l’histoire du masque. Un soir de novembre 1959 au Madison Square Garden de New York, le solide numéro 1 reçoit une rondelle tirée par Andy Bathgate des Rangers tout juste sous l’œil gauche. 

Après avoir reçu sept points de suture, son entraîneur Toe Blake lui permet de porter ce protecteur facial qu’il enfile déjà depuis un certain temps lors des séances d’entraînement du Canadien. Le reste appartient à la légende. 

Dans les heures suivant l’Halloween, les photos de Plante, son masque sur la tête, ont fait le tour de l’Amérique. Sa bonne performance, dans les circonstances, a d’ailleurs confirmé qu’il était possible de défendre une cage avec cet outil de travail.

« Personne ne riait de lui. N’importe quel gardien aurait pu se faire tuer à cette époque. Ils étaient respectés », se souvient l’ex-­défenseur Jean-Guy Talbot, qui a évolué avec Plante chez le Canadien et les Blues de St. Louis.

Mais voilà, Jacques Plante, c’est bien plus qu’une histoire de masque. C’est, entre autres, 434 victoires, sept nominations sur l’équipe d’étoiles de la LNH et autant de trophées Vézina ainsi que six conquêtes de la Coupe Stanley.

« Aucun autre gardien n’a eu plus d’impact que lui pour l’équipement, estime le statisticien Gerry Rochon. Il a travaillé sur les jambières et le gant pour attraper la rondelle. Même s’il n’a pas inventé le masque, c’est lui qui l’a démocratisé pour en faire une pièce permanente. »

Jean-Guy Talbot poursuit la réflexion. Son ancien coéquipier étudiait toutes les subtilités et aimait parler à ses défenseurs. « Il remarquait tout ! À Detroit, on jouait sur une patinoire ovale donc la rondelle revenait plus vite devant le filet. Jacques a initié une nouvelle tendance en quittant sa zone pour intercepter les rondelles. Il contrôlait le jeu. Je l’ai souvent vu se rendre jusqu’à la ligne bleue ! C’était un bon patineur. »

« À Chicago, il a demandé aux officiels de vérifier la grandeur des buts. Ils n’étaient pas réglementaires », nous informe Gerry Rochon. « Jacques est aussi le responsable du rectangle des gardiens. »

À l’extérieur de la glace, Plante était un type plutôt particulier. « Souvent en retrait, que ce soit dans le train ou au restaurant, confie Talbot. Ce n’était pas un grand parleur non plus. »

On raconte qu’il préférait lire ou écrire de la poésie plutôt que d’enchaîner les parties de poker avec les autres joueurs du Tricolore!

Qu’à cela ne tienne, il a fait parler son talent sur la surface glacée et au final, c’est ce qui compte. D’où son intronisation au Temple de la renommée en 1978, huit ans avant sa mort. «C’est un excellent choix que de le placer au premier rang en Mauricie, convient Jean-Guy Talbot. Je suis certain que Jacques aurait du succès dans la LNH d’aujourd’hui. Lui, deux matchs en deux soirs, ça ne l’aurait pas trop secoué!»

LHJMQ

Le Drakkar sur une mer agitée

SHAWINIGAN — Les Cataractes vont tenter mercredi soir de stopper leur séquence de six défaites face au Drakkar de Baie-Comeau, une équipe qui navigue sur une mer agitée depuis le début de la saison.

Cette jeune formation bourrée de talent avait connu une belle progression en deuxième moitié de saison, ce qui laissait croire qu’elle était déjà prête pour se battre pour le titre de sa division. Or, elle vient tout juste de remonter la barre de ,500. «On se replace. On a gagné six de nos 10 derniers matchs. Il faut rester calme, ça fait partie du processus», clame Martin Bernard, pas trop surpris d’avoir eu à affronter une petite tempête à l’ouverture des barrières. Il avait vécu pas mal la même chose avec un alignement similaire, à sa deuxième saison à la barre des Cataractes.

«Il y a un peu d’attentes entourant l’équipe. On a plusieurs de nos joueurs admissibles au repêchage qui s’ajoutent de la pression. Globalement, on avait un paquet de jeunes à leur deuxième année dans la ligue, qui s’imaginaient peut-être que les choses seraient plus faciles avec de l’expérience», sourit le pilote natif de l’Estrie. 

«Quand je regarde notre fiche et celle des Cataractes à ma deuxième année, c’est quasiment identique. Il y a un apprentissage à faire là-dedans. Nos gars doivent rester dans le présent, éviter de regarder trop loin. Le repêchage, par exemple, ce n’est pas demain après-midi! Il reste beaucoup de hockey d’ici là, ça ne donne rien d’essayer de trop en faire au cours d’un seul match. Gabriel Fortier joue du bon hockey dernièrement, Xavier Bouchard vient de disputer un excellent match à Halifax face aux Mooseheads et Jared McIsaac. Je n’ai jamais été inquiet, on s’en va du bon bord.»

Rouge et Or

Laval ou Western, Vercheval ne peut pas perdre

«J’ai un ami qui va gagner et l’autre qui va être triste. Je suis un grand partisan de Glen et je lui souhaite toujours de gagner. Mais s’il est pour perdre, aussi bien que ce soit contre Western.»

Pierre Vercheval s’avoue déchiré, cette semaine. Pas par tous ces matchs de football sur les ondes de RDS qui requièrent son analyse : NFL dimanche, lundi et jeudi, puis cap sur Ottawa vendredi en vue du match de la Coupe Grey, finale de la LCF disputée dimanche.

Mais le match qu’il n’aura sans doute pas le temps de regarder, samedi après-midi, la finale de la Coupe Vanier oppose l’équipe pour laquelle il a joué à l’équipe de la ville où il a grandi. La grande finale du football universitaire canadien met aux prises, à Hamilton, le Rouge et Or de l’Université Laval et les Mustangs de l’Université Western Ontario.

Vercheval a passé sa jeunesse à Québec, dans la paroisse Saint-Louis-de-France, à Sainte-Foy, à cinq minutes du stade du PEPS. D’abord ennemis jurés sur les plaines d’Abraham lors des duels PSQ-St.Pat’s, l’un sur la ligne à l’attaque et l’autre juste devant sur la ligne défensive, Vercheval et Glen Constantin ont vu au fil des années leur respect mutuel évoluer en amitié sincère. En plus de leur passion du football, les étés comme portiers sur la Grande Allée les ont rapprochés.

Au lendemain de sa retraite après 14 années comme joueur professionnel, Vercheval a été conseiller auprès de Constantin et du Rouge et Or de 2002 à 2010. Ce que l’on sait moins, c’est que Vercheval a aussi étudié à l’Université Laval, bien avant la naissance du Rouge et Or. À l’hiver 1986, afin de regarnir son dossier scolaire et pouvoir retourner à Western l’automne suivant.

Car c’est bien à l’institution de London, en Ontario, qu’il a disputé ses trois campagnes universitaires. Les Mustangs étaient alors dirigés par un jeune Larry Haylor (169-46-3), homme à qui il dit devoir beaucoup, devenu deuxième entraîneur-chef le plus victorieux dans l’histoire du football universitaire canadien. Du moins jusqu’à l’an prochain, quand un certain Constantin (165-30) devrait le devancer.

Défaite crève-cœur

Dès leur arrivée, en 1984, Vercheval et ses coéquipiers du Cégep de Trois-Rivières, Michel Roy et Claude Farrier, ont fait leur place comme partants. Ce qui a déverrouillé la porte du recrutement québécois à Western, qui aligne cette année 11 Québécois en mauve.

«La défaite la plus crève-cœur de ma carrière à tous les niveaux» en finale de la Coupe Vanier contre UBC en 1986, «j’en parle et j’avale encore de travers». Puis, saison parfaite gâchée par une élimination surprise contre Guelph dès la demi-finale de conférence en 1987, année où Vercheval est nommé meilleur joueur de ligne universitaire au Canada. Il demeure à ce jour le seul représentant des Mustangs à avoir son nom gravé sur le trophée J.P. Metras, un ancien coach de Western.

C’est aussi en 1987 qu’il travaille avec Greg Marshall, alors jeune entraîneur responsable de la ligne offensive à Western. Vercheval joue de plus avec son frère, Blake Marshall. Trente ans plus tard, c’est ce même Greg Marshall (146-43-2) qui dirige les champions de la Coupe Uteck et finalistes de la Coupe Vanier pour la première fois en neuf ans.

«Moi, samedi, je ne peux pas perdre! Mais chose sûre, on va avoir un bon spectacle», résume-t-il, évitant de se mouiller avec une prédiction. «Western est revenu cette année avec plus de jeu au sol, ce qui a longtemps fait partie de l’ADN de l’équipe. Et historiquement, c’est dur de courir contre le Rouge et Or. Alors, j’ai hâte de voir le jeu d’échecs», conclut le sympathique analyste, qui célèbre mercredi son 53e anniversaire.

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Sports

Fierté et déception pour Anouk Berthiaume

TROIS-RIVIÈRES — Bien qu’elle soit quelque peu déçue de ne pas avoir été en mesure de démontrer toute l’étendue de son talent en Bulgarie, Anouk Berthiaume revient du Championnat mondial par groupe d’âge motivée et déterminée à se tailler une place sur l’équipe canadienne à nouveau l’année prochaine.

L’athlète du club Trampoline Intercité, qui prenait part au concours de trampoline individuel chez les 15-16 ans, a connu une excellente performance lors de ses exercices imposés. Elle a profité de l’occasion pour réaliser une nouvelle marque personnelle avec 15,485 secondes en temps de vol. Au terme de cette routine, elle occupait la 14e place au classement général sur 70 participantes.

«Lors de sa routine imposée, Anouk était la meilleure Canadienne. Elle a fait une excellente prestation lors de cette routine, elle a vraiment démontré ce dont elle est capable», estime son entraîneure France Bouffard.

C’est lors de la routine libre que les choses se sont compliquées pour la Trifluvienne d’adoption. Une erreur technique lui a coûté plusieurs points.

«Anouk trouvait que les toiles étaient molles, ce qui propulse beaucoup plus haut. Elle devait donc être plus haute qu’à l’habitude. En rentrant avec les pieds légèrement devant, elle s’est retrouvée sur rotation pour le saut suivant et elle a dû interrompre brusquement son enchaînement», ajoute-t-elle.

Anouk Berthiaume a alors été repoussée au 67e échelon.

La principale intéressée affirme avoir apprécié sa première expérience sur la scène internationale.

«J’ai acquis beaucoup d’expérience et je suis fière de ma première routine. J’adorerais y retourner l’année prochaine et vraiment montrer ce que je peux faire. J’aimerais aussi pouvoir y aller avec ma sœur Sara-Jade. D’ici là, je veux travailler sur la difficulté de mes routines pour obtenir plus de points», indique l’athlète de 15 ans.

Dès janvier, Anouk Berthiaume participera aux différentes Coupe Québec. Elle compte également travailler afin de prendre place au Championnat mondial par groupe d’âge en double mini trampoline et en trampoline synchronisé.

Les 100 ans de la LNH

Marc-André Fleury: celui qui doutait

À 32 ans, il a gardé les buts dans près de 700 matchs, lui qui compte neuf saisons de plus de 50 rencontres à son actif. Puis, il a remporté la Coupe Stanley trois fois. Non, Marc-André Fleury, fils de Sorel-Tracy, n’a pas volé sa place en tant que meilleur joueur de l’histoire de la Ligue nationale originaire de la Montérégie.

«Honnêtement, quand je regarde mon curriculum vitæ, j’ai de la misère à y croire, lance Fleury, qui poursuit à Las Vegas une carrière entamée à Pittsburgh en 2003. Car pour moi, la Ligue nationale, c’était un rêve inaccessible. Ça a été long, très long à part ça, avant que je prenne conscience que j’avais fait ma place...»

En fait, ce n’est que lorsqu’il a commencé à prendre place régulièrement devant le filet des Penguins qu’il s’est mis à véritablement croire en lui.

«Il y a des gars qui sont repêchés et qui se disent : “Moi, c’est réglé, je vais jouer dans la Ligue nationale!” Pour moi, ce n’était pas clair comme ça. Je sentais que je me rapprochais de quelque chose, mais je ne prenais vraiment rien pour acquis. Même à cette époque, j’étais loin d’être convaincu que j’allais réaliser mon rêve...»

Pour la petite histoire, rappelons que Fleury a été rien de moins que le tout premier joueur sélectionné lors du repêchage de 2003.

«Pourquoi est-ce que j’ai tant douté? Je ne sais pas. Mais ça a fait en sorte que j’ai travaillé très fort afin de me rendre où est-ce que je me suis rendu. Moi, je n’avais pas cette confiance qui en transporte plusieurs.»

Rester

Marc-André Fleury a réalisé son rêve en atteignant la Ligue nationale. Mais ce qui le rend plus fier encore, c’est d’être encore là toutes ces années plus tard.

«Y accéder, c’est une chose; rester, c’en est une autre, dit-il. En plus, j’ai gagné des Coupes Stanley. C’est difficile de demander mieux.»

Il est aussi fier quand il constate que trois des cinq meilleurs joueurs de la Ligue nationale originaire de la Montérégie viennent de Sorel-Tracy.

«C’est une excellente ville de hockey. Au niveau mineur, il y a plein de bons entraîneurs. Le hockey, c’est important chez nous.»

Fleury vit maintenant à Varennes, aussi sur la rive sud de Montréal, à une trentaine de minutes de Sorel-Tracy. Mais il y revient toujours. Il y a quelques années, il avait même tenté de ramener le hockey de la LHJMQ dans sa ville.

«Les gens de ma famille y sont encore tous et j’y ai encore un paquet d’amis. Nos racines, c’est précieux. Moi, je serai toujours fier de dire que je viens de Sorel-Tracy.»  

Les 100 ans de la LNH

Maurice Richard, le symbole

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient  : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 2 de 6

D’autres ont des statistiques supérieures. Mais pour l’athlète qu’il a été, et pour ce qu’il a représenté pour tout un peuple, Maurice Richard mérite d’être considéré le meilleur joueur de l’histoire de la Ligue nationale originaire de la région de Montréal.

«Mon père me l’a déjà dit : quand il jouait, tout ce qu’il voulait, c’était marquer des buts et gagner. Ce n’est qu’après sa carrière qu’il a réalisé que son impact avait été beaucoup plus grand encore que celui d’un marqueur de 544 buts.»

André Richard est le fils du Rocket. Et il était encore jeune quand le numéro 9 a pris sa retraite. S’il a néanmoins été témoin des derniers exploits du joueur, il a surtout été élevé par un personnage plus grand que nature.

«Papa, c’était un homme droit, un homme qui avait des valeurs profondes, explique le Lavallois de 63 ans, le quatrième des sept enfants de Maurice Richard. Il croyait aux vertus du travail, il croyait en l’honnêteté, il croyait au respect, il croyait en la famille. Il appliquait ses valeurs sur la patinoire comme en dehors et c’est une des raisons pourquoi les gens l’aimaient tant et pourquoi ils ne l’oublieront jamais.»

Les gens l’aimaient tant, qu’ils ont déclenché une émeute, le 17 mars 1955, après qu’il ait été suspendu par le président de la Ligue nationale, Clarence Campbell, à la suite d’incidents survenus face aux Bruins de Boston. Les historiens associent l’événement à l’éveil du Québec français, en route vers la Révolution tranquille.

«Mon père ne faisait pas de politique, reprend André Richard. Mais je le répète, il était droit. Et les gens l’ont toujours admiré pour ça.»

Hockey

Outaouais: Guy Lafleur dans une classe à part

Afin de célébrer le 100e anniversaire de la fondation de la Ligue nationale de hockey, le 26 novembre, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias ont identifié les meilleurs joueurs natifs de leur région respective et des autres coins du Québec. Deux critères comptaient : le lieu de naissance et les années jouées dans la LNH. À tour de rôle, on vous présente nos choix. Bonne lecture, et bonne fête à la LNH. 1 de 6

En Outaouais, on trouve deux monuments érigés à la gloire d’anciens hockeyeurs.

La statue de Maurice Richard est facile à trouver. Le premier héros des Québécois accueille les visiteurs qui traversent à Gatineau en empruntant le pont Alexandra.

Celle de Guy Lafleur l’est un peu moins.

Personne n’a rouspété, toutefois, quand on a décidé de l’installer devant l’hôtel de ville de Thurso. Elle est à sa place, en plein cœur de la Petite-Nation. Elle témoigne de l’attachement du Démon blond pour son village natal.

Personne n’a rouspété, non plus, lorsqu’on a suggéré que Lafleur occupe la première position au classement des meilleurs hockeyeurs de l’histoire de l’Outaouais. Cette proposition a fait l’unanimité parmi les membres de l’équipe des sports du quotidien Le Droit.

Ses 1353 points, ses quatre conquêtes de la Coupe Stanley et des trophées Hart, Art-Ross, Lester-B.-Pearson et Conn-Smythe le placent dans une classe à part.

Son statut de légende vivante du Canadien a scellé une fois pour toutes le débat.

À 66 ans, Lafleur continue de se promener à travers le monde pour rencontrer des amateurs de hockey. On nous a expliqué qu’il effectuait une tournée de l’Asie, au moment de la rédaction de ce reportage.

Il a effectué sa dernière visite «officielle» en Outaouais l’été dernier. Une impressionnante foule s’était déplacée, par un dimanche après-midi, pour le voir inaugurer une exposition portant sur la Coupe Stanley dans la petite municipalité de Plaisance.

Quand on l’a invité à prendre le micro, il a livré un discours improvisé, dans lequel il a décroché quelques flèches à l’endroit des hockeyeurs d’aujourd’hui. Ils oublient trop facilement, trop rapidement leurs racines, avait-il déploré.

«Guy prend le temps d’écouter. Il a un sens de l’écoute très développé. ll a surtout un sentiment d’appartenance à sa région. On voit ça rarement. Il est d’une simplicité désarmante. Il a un cœur extraordinaire. Il va toujours être près du monde qui l’ont aidé à se rendre là où il est aujourd’hui», avait alors affirmé la dame qui l’accueillait, la préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande.

«Des compliments comme ceux-là touchent toujours, avait réagi un Lafleur ému, quelques minutes plus tard. Il faut prendre ce qui passe, qu’ils disent. Ça reste toujours difficile d’être adulé comme ça. Moi, je ne me vois pas comme ça. On ne s’habitue jamais à ça.»

Hockey

Abitibi-Témiscamingue: Dave Keon, le meneur des Maple Leafs

L’Abitibi-Témiscamingue est surtout reconnue comme une région minière. On a parfois tendance à oublier qu’elle possède aussi une importante pépinière.

Une pépinière... de joueurs de hockey.

Le secteur de Rouyn-Noranda, particulièrement, a produit une quantité impressionnante d’athlètes qui ont évolué dans la LNH.

«La population n’était peut-être pas très élevée, dans ma jeunesse, mais il ne manquait certainement pas de glace! Nous avions des patinoires extérieures, bien entretenues par les frères du Collège de Rouyn. Nous avions deux arénas aussi. Les familles de quatre ou cinq enfants étaient nombreuses et tous les garçons jouaient au hockey. Ça nous donnait un bassin de joueurs assez important», raconte l’ancien ailier, puis directeur général du Canadien, Réjean Houle.

Dans les années 60, les garçons du Nord québécois comptaient aussi sur deux modèles. Jacques Laperrière était un des meilleurs défenseurs du Tricolore. Dave Keon était le meneur à l’attaque des Maple Leafs de Toronto.

Keon occupe donc le premier rang de notre classement. Laperrière n’a pas réussi à se faufiler parmi les cinq premiers. Les joueurs qui l’ont suivi étaient tout simplement trop nombreux et trop talentueux.

«Moi, j’ai grandi à Témiscaming, tout près de la frontière ontarienne. Mon équipe, quand j’étais jeune, c’était Toronto. Mon joueur favori, c’était Keon. Quand il a remporté la Coupe Stanley, en 1967, j’étais impressionné par sa façon de contrôler la rondelle, tant du coup droit que du revers. Il était aussi efficace et dangereux, d’un côté comme de l’autre», a raconté un autre attaquant qui a fini par occuper le bureau du dg au Centre Bell, André Savard.

Plus d’une vingtaine de joueurs de l’Abitibi-Témiscamingue ont marché dans les traces de Keon et Laperrière, durant les années 70, 80 et 90.

Pierre Turgeon et Éric Desjardins sont ceux qui ont réussi à y faire carrière le plus longtemps.

Keon demeure toutefois celui qui a connu la plus longue carrière. Quand il a pris sa retraite, en 1982, il comptait 1296 parties au compteur. Il a également joué 301 matchs dans la ligue rivale, l’AMH, entre 1975 et 1979. 

La région conservera également le souvenir de Michel Brière, un joueur spécial qui n’a pas pu briller très longtemps. Il a perdu la vie à la suite d’un accident de la route survenu après sa première saison chez les Penguins de Pittsburgh.

«Nous sommes nés la même année, nous avions le même âge. Si cet accident n’était pas survenu, il aurait longtemps fait carrière dans la LNH, croit Réjean Houle. Michel était vraiment intelligent avec la rondelle. Il n’était pas gros, mais il savait où il allait en tabarouette. Il aurait été un joueur clé pour les Penguins.»  

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