Opinions

Éloge de la diversité alimentaire

OPINION / L’auteur, Sylvain Charlebois, est professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie et directeur scientifique à l’Institut des Sciences analytiques en agroalimentaire.

Selon un récent sondage mené en février dernier, le Canada compte maintenant 466 000 véganes, ce qui équivaut environ à la population de la ville de Québec. Nous estimons qu’il y a un autre 18 % de personnes qui se proclament véganes depuis un an. Le nombre de végétariens atteint aussi un sommet, on en compte au-delà de 1,3 million au pays. En tout, près de 6,5 millions de consommateurs canadiens ont décidé de limiter ou d’éviter la consommation de viande, pratiquement 100 000 personnes de plus qu’en octobre. Encore une fois, ces chiffres impressionnent.

Opinions

Gênés d’être Trifluviens!

OPINIONS / Le mercredi 13 mars dernier, nous recevions un couple d’amis de la Suisse pour une visite de 24 heures. Ils arrivaient de Montréal en autocar Orléans et ensuite devaient prendre le bus de la STTR jusqu’à Saint-Louis-de-France par le bus n° 12!

Nous avions avec eux vérifié les numéros de bus et les transferts et tout s’est passé comme prévu. Sauf qu’au lieu d’arriver vers 17 h 30 sur l’un ou l’autre des arrêts possibles sur la rue Georges, à deux minutes à pied de notre maison, ils sont plutôt arrivés à 19 h après une marche assez périlleuse de 45 minutes sur le boulevard Thibeau sur des trottoirs enneigés avec chacun un sac de voyage et une valise à roulettes!

Opinions

Pas d’acceptabilité sociale

OPINIONS / Au sujet du projet de gazoduc Ontario-Saguenay, voici une petite note aux caquistes qui disent «n’avoir pas d’emprise» sur le fédéral.

Non, je n’y crois pas. Le fédéral n’est pas tout seul à décider! Il y a la population. Et il n’y a pas et n’y aura jamais d’acceptabilité sociale.

Point de vue

Budget fédéral: une occasion pour Internet haute vitesse dans les régions

L’accès à Internet haute vitesse est un besoin essentiel pour préserver la compétitivité des entreprises et, surtout, attirer les familles et les travailleurs qui assureront l’occupation dynamique du territoire. Au Québec, on parle d’au moins 240 000 foyers qui n’ont pas accès à une véritable connexion Internet haute vitesse et ce nombre est probablement bien plus élevé.

Chez moi à Sainte-Catherine-de-Hatley, je n’ai accès qu’à une connexion de 3 Mb/s et je suis pourtant tout près de Magog! C’est inconcevable comme rapidité et je ne parle même pas d’accès à Netflix ou des jeux en ligne, je parle de la capacité à ouvrir des courriels, payer les comptes, faire les travaux scolaires, etc. 

La plupart des grands télécommunicateurs n’ont jamais répondu aux besoins des milieux ruraux, ayant concentré leurs investissements dans les secteurs urbains plus rentables selon leurs critères. Continuer dans cette voie ne réglera jamais la situation.

Pour contrer l’incurie dans ce dossier, plusieurs MRC ont décidé de prendre les choses en main en lançant des projets de déploiement de la fibre optique. Les contraintes sont toutefois nombreuses pour celles qui choisissent cette solution. On parle ici de problèmes de communication, d’un manque de reconnaissance de la compétence des MRC, d’absence de collaboration des entreprises qui contrôlent l’accès aux équipements de soutènement, des délais de traitement déraisonnables, de l’utilisation d’une cartographie déficiente, etc.

Lors de la dernière Assemblée des MRC, les membres de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) se sont prononcés; les gouvernements fédéral et québécois doivent joindre leurs efforts et mettre en place un programme unique qui sera géré par le Québec afin d’arriver une fois pour toutes à brancher l’ensemble de nos régions.

Déjà, le gouvernement du Québec s’est engagé à investir 400 M$ pour brancher les régions. Ottawa doit donc aussi contribuer et investir massivement, et mettre en place un programme unique de soutien qui mettra fin aux dédoublements et dont l’administration sera assumée par le Québec. Ce programme devra rendre conditionnelle toute subvention aux entreprises de télécommunication à l’accord des MRC et à un branchement de l’ensemble des résidences en milieu rural.

Pour brancher tous les territoires, Ottawa doit également intervenir énergiquement pour assurer l’accès rapide aux poteaux et autres structures de soutènement pour la réalisation des projets, ce qui pourrait signifier de revoir toutes formes d’aide aux grandes entreprises de télécommunication n’offrant pas une collaboration suffisante aux OBNL, COOP, entreprises locales ou MRC qui déploient la fibre optique.

Les programmes Brancher pour innover de 500 M$ et le Fonds pour la large bande du CRTC de 750 M$ ont constitué un premier pas, mais il reste beaucoup de travail à accomplir. Le budget 2019-2020 du gouvernement fédéral doit prévoir des investissements correspondants aux besoins tels qu’évalués par la Fédération canadienne des municipalités, soit au moins 400 M$ par année pendant dix ans. Il s’agit là d’un minimum et le gouvernement Trudeau devrait même envisager d’en faire plus au bénéfice des régions.

La connectivité à Internet haute vitesse est nécessaire pour assurer la sécurité publique, accéder aux dernières technologies en matière de soins de santé, offrir une éducation moderne et permettre aux entreprises d’innover et de croître. En 2019, un accès Internet fiable n’est plus seulement un agrément, c’est un service essentiel. Le budget fédéral 2019-2020 est l’occasion d’assurer la mise en place des moyens nécessaires au déploiement des services Internet rapides et fiables pour tous, peu importe où ils vivent.