Yves, Michel, Alexandre et l’UMQ

Il fallait donc une visite du président de l’Union des municipalités du Québec pour faire sortir le maire Yves Lévesque de sa tanière. Le maire, qui a été absent de la plupart des annonces et des événements publics au cours de l’été, était jeudi aux côtés de ses collègues Alexandre Cusson et Michel Angers pour réclamer, notamment, une plus grande autonomie et une fiscalité plus équitable pour le monde municipal.

L’UMQ, que le maire Lévesque a boudée pendant plus de trois ans entre 2015 et 2018 en ne renouvelant pas la cotisation de la Ville de Trois-Rivières, procède présentement à une tournée des régions. Une sorte d’opération de visibilité et d’information qui, cette année, coïncide avec la campagne électorale.

Le maire Lévesque a manqué à peu près toutes les visites ministérielles dans sa ville au cours de l’été, avec tout ce que ça implique en annonces d’investissements. Pas là pour Lise Thériault à l’Office municipal d’habitation. Pas là non plus pour Isabelle Melançon pour la conservation du lac Saint-Pierre et pour la préservation des milieux naturels.

Il n’était pas non plus à des événements majeurs ou à des annonces importantes comme la première médiatique du spectacle Juste une p’tite nuite, le dévoilement du projet majeur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, l’annonce de la construction d’une piscine intérieure dans le secteur Cap-de-la-Madeleine ou, tout récemment, le dévoilement des résultats grisants d’une étude sur les retombées touristiques à Trois-Rivières.

Mais le maire a décidé de se rendre aux côtés du président Alexandre Cusson et du maire de Shawinigan Michel Angers, membre de l’exécutif de l’UMQ, plutôt que d’y déléguer sa mairesse suppléante Ginette Bellemare, qui était partout ces deux derniers mois. On doit certainement y voir un endossement formel par le maire de Trois-Rivières, des revendications de l’UMQ.

Ce n’est pas si étonnant. Yves Lévesque a déjà plaidé les mêmes choses dans plusieurs dossiers, notamment en ce qui a trait à la révision du modèle fiscal des municipalités.

La plateforme municipale élaborée par l’UMQ devrait non seulement être une inspiration pour les partis qui aspirent à former le prochain gouvernement, mais pratiquement un engagement ferme. Un genre de minimum acceptable.

C’est surtout vrai dans son volet concernant la fiscalité. Le paiement total, par Québec, des montants en compensation de taxes foncières sur les immeubles gouvernementaux est impératif pour que la relation entre Québec et ses fameuses «créatures» soit respectueuse. Pour la seule région de la Mauricie, le non-paiement des paiements tenant lieu de taxes représente des pertes fiscales de près de 6 millions $ pour les municipalités. On ne tolérerait pas un tel laxisme des propriétaires d’immeubles non gouvernementaux; Québec doit donner l’exemple.

Le remboursement de la taxe de vente du Québec payée par les municipalités et le partage des redevances sur les ressources naturelles sont d’autres revendications justifiées de la part de l’UMQ.

Sur le plan de l’occupation du territoire, l’organisme vise dans le mille avec un rappel de la nécessité de doter le Québec d’infrastructures numériques de qualité. Les partis s’engagent en ce sens, mais la promesse demeure non tenue depuis au moins quatre élections. Il est aussi question de consolidation et d’augmentation des emplois gouvernementaux en région, une doléance qui semble déjà trouver écho dans les autobus de campagne de certains partis, mais qui rappelle aussi qu’un saccage en ce sens a été commis récemment.

Le maire Lévesque a rencontré les candidats libéraux des trois circonscriptions qui couvrent sa ville, plus tôt cette semaine. Il y a fort à parier que de tels sujets ont été abordés. Mais la voix des gouvernements de proximité doit résonner plus fort dans cette campagne et tant mieux si celle de l’UMQ peut porter davantage ce message qui, au fond, ressemble au gros bon sens.