Mariannick Mercure

Vraiment, madame Mercure?

OPINIONS / L’auteur, Miguel Ouellette, est candidat à la maîtrise en économie à l’University of Toronto. Il est originaire de Trois-Rivières.

Tout comme plusieurs autres Trifluviens, j’ai été témoin de la vidéo publiée par Mme Mariannick Mercure sur sa page Facebook d’élue municipale. On y voit la conseillère attaquer l’ex-maire et candidat du Parti conservateur, M. Yves Lévesque, lors de la marche pour le climat à Trois-Rivières, en le traitant de «criminel climatique» et en scandant qu’il n’avait pas sa place lors de la marche. Pire, le tout semblait orchestré, puisqu’on voit l’élue municipale sourire à la caméra à la fin de la vidéo, comme s’il s’agissait d’un court-métrage à petit budget où on avait oublié de retirer les «bloopers» du montage.

J’ai toujours été très fier de mon Trois-Rivières, mais cette fois, j’ai eu un pincement au cœur en voyant l’extrait circuler à travers la province. Peut-être que mon bagage académique quantitatif fait en sorte que je pense trop souvent en termes de chiffres, mais j’ai vraiment l’impression que Mme Mercure a fait une énorme erreur de calcul politique.

Tout d’abord, je crois qu’il est important de mentionner que les changements climatiques sont réels et qu’il n’est plus question de rester passif devant ce phénomène qui, malheureusement, affecte davantage les populations plus démunies dans le monde. La bonne nouvelle est que les citoyens semblent accorder une place de plus en plus importante à cette problématique et les experts de différents domaines ouvrent le dialogue pour tenter de trouver des solutions communes.

Toutefois, la mauvaise nouvelle est que de nombreux groupes et individus comme Mme Mercure ont décidé d’emprunter la voix de l’émotion et du populisme, à la place de celle de la raison. Comme l’a si bien dit M. Lévesque dans la vidéo, les extrêmes, tant à gauche qu’à droite, ne rallient personne.

La protection de l’environnement est une cause qui devrait rassembler, et non diviser. Comme l’illustre le proverbe: «seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.» Autrement dit, on pourrait très bien décider rapidement de choisir une solution radicale qui nécessiterait un minimum d’efforts intellectuels à trouver et qui pourrait paraître alléchante à première vue. Toutefois, est-ce vraiment ce dont nous avons besoin? Ne devrions-nous pas nous asseoir ensemble, comme le ferait une bonne famille, et discuter de façon posée du problème tout en essayant de trouver des solutions pragmatiques et réalistes?

Dans la vidéo, j’ai l’impression que Mme Mercure fait tout le contraire et essaie de politiser cette cause en ne proposant aucune solution concrète. Personnellement, je crois que ce genre de comportement fait en sorte que plusieurs citoyens voient les initiatives pour l’environnement comme des événements parfois radicaux et irrationnels. C’est dommage, puisque c’est exactement cela que nous essayons d’éviter en marchant pour le climat.

Lorsque des citoyens élisent un individu, ils s’attendent généralement à un comportement exemplaire et éthique. Malheureusement, ce n’est pas ce que nous avons vu dans la vidéo et Mme Mercure devrait s’excuser publiquement pour cette «déraille». D’autre part, les menaces qu’elle a reçues sont tout aussi déplorables et immatures.

J’ose espérer que nos élus municipaux auront une bonne discussion et que le point sera fait sur ce maladroit événement. Trois-Rivières bouille de personnes engagées et prêtes à s’investir dans le débat sur la protection de l’environnement. Il est l’heure de proposer de bonnes politiques publiques réalistes et durables en tenant compte des coûts, sans sombrer dans le populisme et l’émotif.