L'humoriste Mike Ward

Vomir sur un plus faible

Je viens d'apprendre qu'un petit garçon nommé Jérémy intente une poursuite contre un humoriste qui s'est moqué de lui en spectacle, de façon cruelle. Jérémy affirme avoir souffert et subi des préjudices causés par les paroles de Mike Ward. Jérémy a fait preuve de courage.
Si un élève de l'école où j'enseignais s'était moqué d'un plus timide, d'un plus petit, d'un plus faible en utilisant un langage humiliant, blessant, diminuant, caustique, j'aurais exigé que le soi-disant humoriste répare les dommages causés à sa victime. L'humoriste aurait pu arguer que ses copains l'ont encouragé en rigolant lorsqu'il se moquait de sa victime ou que ses parents ne lui ont fait aucun reproche.
Ma responsabilité d'éducateur aurait consisté à lui faire découvrir la différence entre liberté d'expression et le reflux gastrique.
Pas facile chez les humoriste en herbe, imbus d'eux-mêmes.
Je ne suis pas certain que j'aurais réussi. Le narcissisme et le manque d'empathie sont des compères à la carapace endurcie.
Quand on vomit sur l'estime de soi d'un plus faible, on n'est pas en train de défendre la liberté d'expression si précieuse, absente et méconnue dans certaines régions du monde. Vomir sur un plus faible, cela s'appelle de l'oppression.
Bravo à Jérémy! Mike Ward doit maintenant reconnaître ses torts et réparer les torts causés à Jérémy. Ward a aussi causé des torts au public qui a rigolé en l'entendant utiliser la cruauté à des fins de divertissement commercial. Si des personnes qui se prétendent amies de Mike Ward se portent à sa rescousse, monsieur Ward pourra exercer sa vision et son jugement en séparant ceux de ses amis qui flattent son narcissisme et ceux, les vrais, qui vont l'inciter à reconnaître son erreur.
Pas facile chez les humoristes adultes.
Jacques Brodeur
Trois-Rivières