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Il est reconnu que l’être humain est un animal social.
Il est reconnu que l’être humain est un animal social.

Vivre seule en temps de confinement: possible sans impact sévère?

Nicole Moreau
Nicole Moreau
Québec
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POINT DE VUE / Il est reconnu que l’être humain est un animal social. Cela signifie que nous avons besoin des autres dans notre existence quotidienne. Pour beaucoup de gens, le regard des autres est essentiel pour exister.

Les interrelations avec nos proches ou des connaissances représentent un élément majeur de nos vies, un élément qui soutient le bien-être psychologique de chacun. 

Comment faire toutefois quand on intime l’ordre de limiter au strict minimum nos contacts sociaux? Il est vrai que des moyens technologiques peuvent pallier à cette absence de contacts, le téléphone par exemple, mais aussi les échanges grâce au numérique. Mais est-ce vraiment le cas à long terme? J’avoue que j’en doute fort.

Une personne qui vit seule de façon générale, qui n’a donc pas de «bulle familiale», n’a de contact suivi avec aucun de ses proches. Ce sentiment de solitude peut se transformer facilement en sentiment d’isolement, ce qui risque d’influer considérablement sur son bien-être psychologique et, éventuellement, mener à des pensées dépressives. Cela est d’autant plus possible que nous vivons en confinement plus ou moins strict depuis maintenant dix mois. Il est aussi important de spécifier que les tâches de la vie quotidienne apparaissent compliquées quand on fait partie du groupe dit des aînés, des tâches essentielles à la survie comme l’accès à l’alimentation.

Je vis seule, mais je fais partie des chanceuses qui bénéficient d’une aide hebdomadaire par une amie qui m’apporte une bonne partie de mon alimentation. Je peux aussi contacter une autre amie qui m’a aidée à de nombreuses reprises, dont très récemment une aide pour régler un problème avec mon ordinateur. Il me faut préciser que cette aide est venue en raison d’une opération pour un cancer grave et six mois de chimiothérapie dont je relève à peine. Mais je sens un isolement de plus en plus oppressant. Ainsi, j’ai passé la période des fêtes seule, à part une rencontre avec une personne qui vit également seule.

L’accumulation des mesures sanitaires, dont la dernière en date, le couvre-feu, rend la plupart des gens anxieux. Est-ce que les décideurs sont réellement conscients de l’impact de ces mesures sur le moral de chacun? Les jeunes et les plus vieux semblent les plus vulnérables au premier regard. Combien d’entre eux développeront des problèmes de santé mentale qu’il faudra traiter? Sans doute beaucoup parce que je lis dans les médias que l’accès à des ressources de type «psychologue» s’avère très difficile, soit près de deux ans dans le secteur public et que ceux qui travaillent dans le privé sont déjà très occupés.

Je crois que le pire là-dedans, c’est que personne ne peut voir la lumière au bout du tunnel et que les spécialistes de santé physique demandent toujours plus de mesures sévères de confinement, de distanciation. On est très loin là de notre nature intrinsèque d’humain. C’est sans doute l’origine du mal-être de beaucoup de gens ces temps-ci.