Des plants de cannabis.

Vers une société «stone»...

Il n'y aura pas que le spectacle du Cirque du Soleil à l'Amphithéâtre de Trois-Rivières qui va porter le nom. Non plus que l'inoubliable chanson de Luc Plamondon. Avec la légalisation prochaine du cannabis au Canada et au Québec, la société au grand complet sera stone. Ou presque. Car rares seront les personnes qui refuseront d'y goûter. Pour le fun...
Et la marijuana que vous ne voudrez pas fumer de crainte de vous étouffer? On va vous offrir d'y goûter en biscuits ou en bonbons.
Avec l'arrivée de ce pusher additionnel sur le marché du pot, c'est ni plus ni moins qu'une révolution qui s'amène chez nous; une révolution pour le pire mais aussi le meilleur parce que ce nouveau pusher, eh bien, il est légal. Alors, pourquoi, diront plusieurs, ne pas s'altérer un peu l'esprit avec la substance? Pourquoi ne pas s'aider à rire à s'en plier en quatre? Pourquoi ne pas choisir, par exemple, de dire, pour quelques heures par semaine: à bas la réalité? Réalité «rugueuse à étreindre», selon ce qu'en pensait Rimbaud...
Cela dit, j'apprenais que le gouvernement du Québec s'arrêtera à Trois-Rivières le jeudi 31 août prochain dans le cadre d'une tournée de consultations publiques sur l'encadrement du cannabis.
Qu'en dirons-nous localement? Tout nous dépasse dans cette histoire.
En tout cas, chose sûre, - et paraphrasons toujours ici ce cher Rimbaud - la légalisation prochaine du cannabis, ça va «changer la vie»...
Sur le site Internet encadrementcannabis.gouv.qc.ca, on s'étonne de constater qu'on nous parle pratiquement de cette consultation à venir comme étant une parmi tant d'autres.
Il est vrai que cette mutation sociale annoncée pour le 1er juillet 2018 prend de court un appareil d'État qui, au fur et à mesure de sa réflexion, doit bien réaliser les multiples conséquences que cela entraîne.
Songeons que le crime organisé - et celui désorganisé des petits pushers - ne voudra pas se faire éjecter du marché sans réagir et, en cela, parviendra - facilement ou difficilement - à couper les prix.
Songeons de plus que si la vente légale s'avère moins lucrative, celle-ci nécessitera pour l'État davantage de dépenses que de revenus.   
Songeons qu'il faut tenter de préserver la jeunesse de trop inhaler.
Songeons à celles et ceux qui voudront «se geler» au travail.
Songeons aux normes publicitaires: on incite ou on déconseille?
Songeons à qui sera donné le mandat de nous vendre la drogue légalisée: le privé ou le public?
Et tout le monde aura la possibilité de cultiver ses plants de pot à la maison. Je le dis comme je le pense: la révolution!  
 Réjean Martin
Trois-Rivières