UPA: le retour de la stratégie des «gros bras syndicaux»

J'ai pris connaissance récemment par les journaux que l'UPA Mauricie veut mettre fin à la saison de motoneige le 1er février si le gouvernement ne se rend pas à ses conditions, tout en accusant le ministre d'être à l'origine de cette mesure. Celle-ci, faut-il le rappeler, pénalise grandement l'économie du Québec, entraîne des problèmes financiers majeurs chez ceux dont le revenu dépend de cette activité et enlève les joies de l'hiver à tous ceux qui pratiquent ce sport.
L'origine de ce différend est uniquement financier. D'après l'UPA, le taux d'augmentation de taxes est trop élevé. Je ne peux en juger, n'ayant aucune connaissance de ce dossier financier. Ce que je remarque cependant, c'est qu'on ne parle que de l'augmentation du taux mais sans parler du taux final lui-même après les multiples déductions. On sait fort bien que le statut d'agriculteur entraîne beaucoup de déductions de taxes mais combien? Par exemple une ferme de valeur de base de 1 million $ paye combien de taxes finalement après déduction et de combien veut-on l'augmenter?
Là où le bât blesse, c'est que le syndicat de l'UPA prend dans les faits réels la population en otage à la manière des excès syndicaux qui ont été notés dans le passé en bloquant des ponts, faisant des dégâts à la propriété comme à l'image de faits passés à Montréal avec les cols bleus...
Ce même syndicat qui jouit de privilèges particuliers et exclusifs dans le contrôle des activités de son domaine comme le lait ou le fromage, qui demande l'aide du public pour l'appuyer dans son monopole, ne craint pas de pénaliser une population complète qui n'a rien à faire dans ce problème et qui est possiblement moindre qu'il ne le paraît.
C'est le retour des «gros bras syndicaux», du chantage envers la population.
Le syndicat de l'UPA se rendra-t-il compte qu'il s'agit d'un net recul dans les modes de négociation et reviendra-t-il à la raison?
Faudra-t-il envisager une nationalisation des sentiers de motoneige pour effacer cette nouvelle tentative de chantage et pénaliser injustement un population en otage qui n'a rien à faire dans ce conflit?
À méditer sur ces différents aspects du problème.
Guy Lafontaine
Trois-Rivières