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Université québécoise du futur: un rapport qui ne fait pas consensus

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OPINIONS / Lettre adressée à la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann. Les signataires sont des membres de la Table des partenaires universitaires qui réunit des organisations représentant des étudiantes et étudiants, du personnel de soutien, technique et professionnel, des chargées et chargés de cours et des professeures et professeurs.

Madame la ministre,

Le 19 février dernier, le scientifique en chef, monsieur Rémi Quirion, a rendu public son rapport final du chantier sur l’Université québécoise du futur. La Table des partenaires universitaires (TPU) doit s’avouer déçue des conclusions que tire monsieur Quirion de l’ensemble du processus de consultation qui a mené à ce rapport.

En effet, durant tout le processus de consultation, à commencer par les communications envoyées par chacune des organisations membres de la TPU au scientifique en chef, en passant par le mémoire de la TPU jusqu’aux consultations virtuelles, les membres de la TPU ont fait part de leurs préoccupations dont plusieurs ont été écartées.

À titre d’exemple, les membres de la TPU avaient été blessés par l’omission de certaines professions dans le rapport initial sur l’université québécoise du futur. Le rapport avait une vision très limitée du monde de l’enseignement supérieur en excluant plusieurs membres de la communauté universitaire comme les chargées et chargés de cours, le personnel professionnel, technique et de soutien, incluant les professionnelles et professionnels de la recherche et les étudiantes et étudiants salariés. Ces corps d’emploi doivent impérativement faire partie intégrante des réflexions sur l’université du futur.

Par ailleurs, la TPU souhaite manifester sa déception sur le format des consultations. En effet, il y avait un déséquilibre notable dans la composition des groupes lors des séances de consultation. Les directions universitaires étaient en surnombre en comparaison des représentantes et représentants de tous les autres groupes. Ce déséquilibre a permis aux directions d’avoir plus de tours de parole et de faire en sorte que leurs intérêts aient préséance dans les synthèses présentées par le scientifique en chef à la fin des séances et dans le rapport final. De plus, certaines populations étaient pratiquement absentes des consultations: nous pensons notamment aux populations autochtones représentées par une seule personne.

Malgré les demandes répétées de la TPU, le rapport final a malheureusement toujours cette vision limitée de l’université et ne prend pas en compte l’ensemble des actrices et acteurs du milieu. En ce sens, nous croyons qu’il est une occasion manquée de revisiter les différentes dynamiques universitaires afin de les rendre plus collégiales et de reconnaître l’ensemble des groupes qui participent à la mission des universités.

La TPU est aussi préoccupée par la recommandation portant sur le financement universitaire présente dans le document final. Tout au long du processus de consultation, les membres de la TPU avaient clairement souligné que le réinvestissement dans les universités ne devait provenir ni des étudiantes et étudiants, ni du privé. Or, bien qu’il soit principalement question de financement public dans le rapport, la présence des entreprises privées dans les universités n’est jamais formellement condamnée non plus que le financement par les biais des étudiantes et des étudiants.

En raison de ce qui précède, la TPU demande à la ministre Danielle McCann de considérer que le rapport sur l’université québécoise du futur ne représente pas un consensus et d’utiliser ses conclusions avec prudence. Bien que plusieurs recommandations qui s’y trouvent traduisent adéquatement la volonté de la communauté universitaire, certaines ne tiennent nullement compte des aspirations de plusieurs groupes qui la composent.

Louise Briand, vice-présidente secteur universitaire, Fédération des professionnèles-CSN

Hadrien Chénier-Marais, président, Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente

Claude Fortin, présidente, Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche

Jade Marcil, présidente, Union étudiante du Québec

Carole Neill, présidente du Conseil provincial du secteur universitaire, Syndicat canadien de la fonction publique

Caroline Quesnel, présidente, Fédération nationale des enseignantes et des enseignantes du Québec-CSN

Jean Portugais, président, Fédération québécoise des professeures et professeurs d’Université

Vincent Beaucher, président, Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec - CSQ

Valérie Fontaine, présidente, Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur - CSQ

Renaud Béland, membre du comité de coordination, Fédération universitaire des syndicats étudiants