Une vision différente

OPINIONS / En réaction à la lettre de M. Roger Greiss intitulée «À propos de l’immigration», publiée dans notre édition du 26 juin.

M. Greiss, en vous lisant, on ne peut que constater que vous faites une fixation sur l’Islam. Dans les premiers paragraphes, vous nous décrivez l’inexorable déploiement du monde islamique comme un rouleau compresseur hégémonique.

Si votre connaissance de l’histoire était moins biaisée, vous constateriez que ce que vous décrivez aurait tout aussi bien pu s’appliquer aux Croisades et au colonialisme européen, du Moyen-Âge au XXe siècle. Même à l’intérieur de ses propres frontières, le christianisme porte une longue histoire d’atrocités et d’intolérance.

Mais ce qui frappe le plus dans votre plaidoirie, c’est l’aspect complotiste que vous voyez dans les mouvements de migrations du XXe et du XXIe siècle. Ainsi, «l’Islam» rêve d’un «Califat mondial» et «le Québec est indéniablement une proie jugée facile». En d’autres temps, ce sont les juifs qui faisaient l’objet du même genre de délire paranoïaque, avec les résultats que l’on connaît.

Pour avoir travaillé pendant plus de 30 ans dans le quartier le plus multiethnique de Montréal, j’ai appris que nos concitoyens de confession musulmane ne souhaitent, tout comme les prétendus Québécois de souche, que de mener une vie honnête, faire vivre leur famille dignement et cohabiter en paix avec leurs voisins.

C’est là que l’essentiel réside M. Greiss. Votre voisin musulman est un être humain comme vous et ne devrait pas faire l’objet de l’instrumentalisation des politicailleux d’extrême droite que vous citez doctement.

Pierre Martin

Saint-Pierre-les-Becquets