Les funérailles des trois victimes seront célébrées à la cathédrale.

Une ville unie dans le deuil

Trois-Rivières, la belle. Trois-Rivières, l'accueillante. Trois-Rivières, la vraie. Trois-Rivières, la maison. Trois-Rivières, la TR-ès ébranlée.
J'ai longtemps hésité à écrire ces quelques lignes sur le terrible drame qui s'est déroulé à Trois-Rivières la semaine dernière. Je ne l'avais pas fait parce que je ne sentais pas que c'était à moi de le faire, parce que je me demandais ce que je pouvais bien avoir à écrire de pertinent et de sensé sur cet événement atroce qui jette un voile sur ma ville et surtout, sur les gens que j'aime. Mais aujourd'hui, j'ai envie de le faire. Je ne sais pas à quel point ça sera pertinent, mais bon. J'endosserai mes propos.
Vous savez, Trois-Rivières, ce n'est pas grand. Quand on ne connaît pas quelqu'un directement, on le connaît par la bande. Bien souvent de très près, quelquefois de plus loin. Je ne connaissais aucune des trois victimes personnellement, mais pour plusieurs de mes amis et quelques membres de ma famille, l'une d'elles comptait parmi leurs amis les plus chers.
C'est insensé de croire qu'on peut vouloir faire autant de mal. C'est insensé d'enlever volontairement la vie. De voler la vie. C'est insensé que ces choses-là arrivent. C'est insensé que ça arrive chez nous, dans notre quartier, dans notre ville.
La semaine dernière, je me suis sentie atrocement loin de chez moi. J'aurais aimé serrer ma mère fort dans mes bras pour consoler son coeur de mère brisé. J'aurais aimé dire à mon frère combien je l'aime et combien c'est injuste. J'aurais aimé trouver le réconfort des bras de mon papa. J'aurais aussi aimé être avec mes amies et leur dire combien elles comptent à mes yeux. À quel point elles sont importantes pour moi.
J'ai eu la chance de le faire. Ce n'est pas le cas des proches et des familles des trois victimes, qui ont tout perdu, comme ça, un froid matin de février, parce qu'une pauvre petite fille a eu la malchance de croiser un jour sur son chemin un être profondément malheureux. Profondément troublé.
C'est injuste. C'est cruel. C'est incompréhensible.
Aujourd'hui, au lendemain de la tragédie, les Trifluviens tentent de se relever. De continuer à vivre. D'ici, j'admire leur solidarité. J'admire leur courage, leur désir d'avancer et surtout, leur désir d'aider.
Trois-Rivières est une belle ville. Une ville qui apprend. Une ville forte. Une ville remplie de gens honnêtes. Une ville habitée de gens qui portent tous volontiers une petite partie du drame sur leurs épaules pour alléger la peine des leurs. Une ville habitée de gens qui aiment. Une ville habitée de gens qui s'unissent. Une ville où l'on tente de mettre un baume sur la douleur des gens qui nous entourent, comme on peut.
Ensemble, je souhaite que l'on puisse s'inquiéter d'autrui. Je souhaite que l'on puisse s'écouter et surtout, je souhaite que l'on puisse s'aider. Parce que des fois, je pense que juste ça, ça peut sauver des vies.
Patricia Larouche
Montréal