Une responsabilité en matière de santé

OPINIONS / La réponse des autorités de la Ville de Trois-Rivières à la demande de 55 citoyens habitant à proximité du chemin des Petites-Terres d’être raccordés au réseau d’aqueduc, relève d’un cynisme qui doit nous laisser songeurs sur les changements de culture qu’ont fait miroiter aux électeurs les aspirants à la succession du maire Lévesque. Les moins bien nantis sont encore et toujours Gros-Jean comme devant.

Les bureaucrates de la Ville adoptent la stratégie inscrite au répertoire des ronds de cuir depuis que le monde est monde. La procédure n’a pas été suivie! Comme dans les romans de Kafka la procédurite l’emporte sur les besoins de l’humain.

Pas la peine de dénoncer à répétition, le citoyen n’a de chances d’être entendu qu’en surmontant les multiples barrières tatillonnes érigées par les technocrates pour leur protection.

L’autre bouclier bureaucratique: prétendre que ce n’étaient que des rumeurs que les eaux des puits dans le secteur étaient contaminées. La belle excuse pour n’avoir rien fait pour tenter de vérifier si ces dires avaient quelque fondement. Même ineptie de gratte-papiers quand les rumeurs visent l’eau fournie par la Ville. Elle tuerait les poissons rouges et causerait des problèmes urinaires aux chats. Inoffensive sans doute pour les enfants en bas âge!

Lorsqu’il y a des risques pour la santé publique, il est odieux d’imposer aux individus le fardeau de prouver le bien-fondé de leurs doléances. Il ne s’agit tout de même pas d’une question de bac à vidanges.

Les municipalités ont une certaine responsabilité de protéger la santé des citoyens. Cette responsabilité, n’en déplaise aux élus portés au spectacle politique, est plus importante que celle de procurer au peuple des loisirs.

Me René Duval

Avocat à la retraite

Trois-Rivières