Une question de respect

OPINIONS / Nous venons d’emménager dans le petit village de Champlain. Ici, cargos et paquebots descendent ou remontent le fleuve, les gens sont sympathiques, les terrains et maisons bien entretenus, il y a de belles terres et des cultivateurs qui nous vendent de bons fruits et légumes frais. Et il y a cette grosse ferme laitière qui fait vivre certainement beaucoup de monde autour.

Tout est parfait, direz-vous? Mais, voyez-vous, cette grosse ferme située à l’entrée du village et ayant cinq gros silos collés sur la rue principale, n’entretient pas son entrée de terre où circulent camions et tracteurs de toutes sortes, à longueur de journée, ainsi que les soirs et fins de semaine, empoussiérant tout le village. Il ne faut pas avoir de respect pour les voisins qui passent leur temps à laver leurs autos et maisons, tout en sachant que ce sera aussi sale le lendemain.

En plus, venant des silos, il y a des odeurs plus nauséabondes qui sont anormalement fortes et, selon plusieurs, ces silos seraient défectueux et probablement dangereux pour la santé. Apparemment, si vous demandez aux personnes concernées ce qui se passe avec cette pollution, la réponse clé et connue de tous sera qu’ils vont bientôt changer tout ça. Mais pour le «bientôt», vous pouvez toujours attendre la semaine des quatre jeudis, il ne faut pas se leurrer.

La Municipalité, les députés et le ministère de l’Environnement ont une grosse part de responsabilité. Pourquoi ferment-ils les yeux quand cette défectuosité est une faute grave, contre le bien-être de tout un village et la santé de ses citoyens ? Tous se plaignent depuis longtemps, semble-t-il, plusieurs souvent en catimini, de l’un à l’autre par ce qu’ils ont peur de parler tout haut, vu qu’ils ont un frère ou un cousin qui y travaillent.

Nous payons des taxes très élevées et la vente de nos maisons est difficile vu ces désagréments qui ne sont pas les moindres, les gens ne veulent tout simplement pas acheter et le prix doit être baissé sous l’évaluation et encore, les intéressés sont rares.

Cette grosse ferme et sa voisine qui est loin d’être petite, sont-elles trop pauvres pour acheter un produit empêchant la poussière ou encore n’ont-elles aucun respect pour le village? Avec les voisins, nous sommes prêts à payer de notre poche ce fameux produit s’il le faut, et avec toute leur machinerie ce serait sûrement facile de l’étendre, au moins ce problème serait réglé.

Ou ces fermes sont-elles trop riches qu’elles se foutent complètement des autres, pourvu que l’argent entre dans les coffres? Dire que nous faisons tout pour sauver le climat et la planète mais on a oublié que l’air doit y être respirable aussi… Ce n’est pas normal de vivre nos fenêtres fermées.

Huguette Sarrazin

Champlain