Une question de dignité humaine

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / En ces temps difficiles, il est important de souligner les deux journées mondiales du mois d’octobre, soit la Journée mondiale pour un travail décent (7 octobre) et la Journée mondiale pour l’élimination de la pauvreté (17 octobre).

La Journée mondiale pour un travail décent fut instaurée en 2008. Elle vise à réclamer des conditions de travail et un salaire qui respectent la dignité humaine afin d’assurer que toutes personnes puissent minimalement avoir un salaire qui réponde à leurs besoins essentiels.

Quant à la Journée mondiale pour l’élimination de la pauvreté, elle existe depuis 1993. En effet, l’ONU (Organisation des Nations unies) a décrété le 17 octobre comme une occasion de réitérer à toute la société que le combat contre la misère nécessite la mobilisation de tous.

La pandémie a mis à l’avant-plan le caractère essentiel des entreprises comme les commerces au détail et l’agroalimentaire… mais également toute l’importance de revaloriser les métiers qui y sont liés. De ce fait, toute la problématique de la rétention de la main-d’œuvre que l’on connaît depuis déjà plusieurs années a aussi été remise en lumière. L’apparition des primes en raison de la COVID-19, tel que l’ajout de 2 $ l’heure et des autres primes dans le milieu de la santé en est une conséquence bénéfique.

En 2020, il est plus que nécessaire que les travailleuses et les travailleurs soient bien rémunérés, autant afin de s’assurer que tous les services à la population soient prodigués convenablement que pour favoriser un niveau de vie acceptable chez ces individus.

La revendication pour l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure prend ainsi tout son sens. Parce qu’en réalité, ce n’est qu’à partir de ce salaire que les salarié(e)s peuvent commencer à faire des choix. En deçà de ce salaire, c’est davantage de la survie que de la véritable consommation. Il est donc grand temps que le salaire minimum soit réajusté, car la faiblesse des salaires au Québec a des répercussions sur la disponibilité de la main-d’œuvre.

L’arrivée de la PCU (Prestation canadienne d’urgence) a aussi démontré l’effet néfaste des salaires peu élevés. En effet, certains employés ayant perdu leur travail en raison des mesures de confinement ont préféré bénéficier de la PCU au lieu de se chercher un autre emploi au salaire minimum.

Encore là, le salaire minimum à 15 $ l’heure n’est pas une fin en soi. Il faut évaluer la valeur de cette rémunération selon les régions. Gagner 15 $ l’heure en Mauricie et au Centre-du-Québec n’a pas la même valeur que pour une personne de Montréal ou de Québec, le coût de la vie étant plus élevé dans les grands centres.

Il faut aussi voir l’augmentation du salaire minimum comme une façon de lutter contre la pauvreté. Gardons en tête que l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages à faible revenu favorisera la stimulation de l’économie locale.

En terminant, je tiens à souligner que le 17 octobre 2020 coïncidait avec le grand rassemblement qui devait avoir lieu à Terrebonne pour célébrer de la Marche mondiale des Femmes. Or, la lutte contre la pauvreté est l’une des cinq revendications de cette dernière. Malheureusement, en raison des circonstances actuelles, l’événement est reporté en 2021. Pour en savoir davantage consulter le site de la Coordination du Québec de la Marche mondiale des Femmes – CQMMF au www.cqmmf.org ou par la page Facebook.

Isabelle Gélinas
Première vice-présidente
Conseil central du Cœur du Québec - CSN