Stéphan Frappier
Le coup de cœur de la semaine revient au père de la canoïste Laurence Vincent Lapointe, Guy Lapointe, qui est venu en aide à sa fille qui peine à s’entraîner en cette période de pandémie. Il a carrément fabriqué un «pont à ramer» sur la piscine hors terre familiale. La dernière année n’a pas été de tout repos pour l’athlète de Trois-Rivières. Suspendue pour dopage en août, elle est parvenue à prouver son innocence en démontrant que le produit fautif provenait... des fluides de son copain de l’époque. À peine réintégrée, elle a dû mettre sur pause son rêve olympique en raison de la COVID-19. Des mois difficiles, certes, mais des mois durant lesquels elle a reçu l’appui inconditionnel de ses parents. Cette petite «invention» paternelle en est un autre exemple.
Le coup de cœur de la semaine revient au père de la canoïste Laurence Vincent Lapointe, Guy Lapointe, qui est venu en aide à sa fille qui peine à s’entraîner en cette période de pandémie. Il a carrément fabriqué un «pont à ramer» sur la piscine hors terre familiale. La dernière année n’a pas été de tout repos pour l’athlète de Trois-Rivières. Suspendue pour dopage en août, elle est parvenue à prouver son innocence en démontrant que le produit fautif provenait... des fluides de son copain de l’époque. À peine réintégrée, elle a dû mettre sur pause son rêve olympique en raison de la COVID-19. Des mois difficiles, certes, mais des mois durant lesquels elle a reçu l’appui inconditionnel de ses parents. Cette petite «invention» paternelle en est un autre exemple.

Une promesse en cadeau

CHRONIQUE / Chaque année, c’est le même dilemme. Qu’offrir à ma mère pour lui démontrer gratitude et amour en cette journée annuelle qui lui est dédiée? Des fleurs? Allergique. Du chocolat? C’est mon père qui va le manger. Un souper au resto? Son plus grand cadeau est de voir sa famille réunie autour de sa table. Historiquement, ça finissait donc par quelques billets de loto offerts à la fin d’un repas... qu’elle avait elle-même concocté. Misère...

Cette maudite pandémie vient évidemment (et peut-être heureusement) bousculer nos habitudes et nous force à faire preuve d’un peu plus d’ingéniosité. Surtout que la plupart des mamans viennent de passer les deux derniers mois entre quatre murs et qu’une marque de reconnaissance à la fois originale et significative leur ferait le plus grand bien. Bref, fallait trouver autre chose que des billets de loto.

Pas évident, par contre, de trouver l’idée géniale. Les mesures de confinement ont peut-être été assouplies, mais la prudence reste quand même de mise. Des solutions aussi sympathiques que touchantes sont proposées ici et là: des brunchs FaceTime, des chansons interprétées à la fenêtre, des télégrammes chantés au téléphone, des pique-niques en plein air, etc.

Mais encore… C’est finalement une question que ma mère m’a elle-même posée lors d’une conversation téléphonique qui m’a mis sur une piste intéressante.

«On va pas finir comme ça, Stéphan?»

Sujet de la discussion: ce qui se passe actuellement dans les CHSLD. La peur était évidente dans sa voix. C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point les personnes âgées traversaient des moments foutrement difficiles en cette période de pandémie. Elles sont isolées. Mais, surtout, elles ont peur. Peur d’attraper ce foutu virus, peur de mourir seules, et peur aussi de finir leurs jours mal soignées et dans l’indifférence la plus totale. D’un côté, la tombe. De l’autre, l’enfer. Il y a de quoi avoir peur.

Mais comment a-t-on pu en arriver là? Des signes, il y en a eu des centaines. Ce n’est pas d’hier qu’on dit qu’il manque de personnel et qu’on est témoin d’histoires d’horreur dans les CHSLD et autres résidences pour aînés. Pas de bain, des heures au sol sans pouvoir se relever, de la bouffe infecte, etc. Il y en a même qui sont mortes gelées dehors. Pourtant, rien n’a été fait. Il a fallu qu’un virus vienne faire tomber un système déjà vacillant pour qu’on promette enfin de faire quelque chose. Il était temps.

Parlant de promesse, c’est humblement ce que j’ai à offrir à ma mère pour cette fête des Mères. La promesse qu’elle ne finira jamais seule, mal nourrie et oubliée dans sa merde dans une chambre lugubre d’une résidence pour personnes âgées. Une promesse que tous les enfants devraient faire à leur mère (et à leur père aussi). Une promesse que le premier ministre François Legault a également faite devant des milliers de Québécois et qu’il aura le devoir de tenir.

S’il y a une chose que l’on doit à celle qui nous a donné la vie, c’est bien d’avoir le droit de terminer la sienne dans la dignité.

Popularité vs efficacité

Marguerite Blais a finalement admis cette semaine prendre une part de responsabilité dans ce qui se passe actuellement dans les CHSLD et résidences pour aînés. Pourtant, dans plusieurs entrevues données les jours précédents, elle parlait principalement de «responsabilité collective».


« Montréal, c’est fragile. Le reste du Québec, c’est le paradis »
Horacio Arruda

Elle n’a pas tort quand elle dit que tout le monde doit se regarder dans le miroir devant une telle catastrophe humaine. En même temps, faut-il lui rappeler qu’elle a été ministre des Aînés tant chez les libéraux que chez les caquistes au cours des dernières années, et qu’elle a donc eu la chance d’apporter les correctifs nécessaires.

Mme Blais a justifié son inaction en affirmant qu’«elle avait les mains liées» et que «cette mission relevait du ministère de la Santé». Pas très fort. C’est carrément avouer qu’elle n’avait pas le poids politique pour faire changer les choses.

À la fin de la pandémie, François Legault se penchera assurément sur le sort de sa ministre qui a perdu des plumes durant la crise. Est-elle la personne à qui il voudra confier la transformation majeure des résidences pour aînés qu’il a promise? La popularité, c’est une chose. L’efficacité en est une autre.

Triste fête des Mères

Un jeune garçon de trois ans ne pourra pas tendrement embrasser sa maman pour la fête des Mères, ce dimanche. Il faudra lui expliquer qu’elle est partie au ciel, qu’elle va toujours être là dans son cœur et que c’est le méchant virus qui l’a emportée. Laurence Ménard, technicienne en travail social au CLSC de Drummondville, est décédée en début de semaine. Elle n’avait que 33 ans. La jeune mère monoparentale est le cinquième travailleur de la santé au Québec à mourir du coronavirus.

Ce drame prend une signification toute particulière alors que des centaines d’enseignantes et d’éducatrices, la plupart des mamans, s’apprêtent à retourner au travail. Oui, la relance des activités est à la fois importante et à moyen terme incontournable. Mais il est primordial que la santé des travailleurs et des jeunes passe avant toute autre considération. Il est essentiel que les mesures de distanciation continuent d’être religieusement suivies pour éviter le plus de drames possible.

Il ne faut jamais l’oublier: derrière chaque décès, il y a un conjoint, un père, un ami, un collègue... et un enfant de trois ans qui sera privé de sa maman pour la fête des Mères.

Et c’est justement pour cette raison qu’il faut espérer que le gouvernement ne se trompe pas en déconfinant trop rapidement le Québec.