Une petite visite à l'aide sociale

Notre société se divise en deux: les riches et les pauvres.
Pas besoin de moi pour constater les différences entre ces deux mondes.
Pas facile de composer quelque chose avec ce que j'ai vu et vécu au bureau du ministère de la Solidarité sociale (aide sociale). Oui, pas facile parce que comme dirait l'autre, parfois les murs ont des oreilles. Je ne voudrais pas me faire reconnaître ni me faire harceler encore plus par ces gens du ministère. D'ailleurs pour me protéger, j'éviterai de préciser l'endroit où cela s'est passé.
Les fonctionnaires sont un peu comme les policiers, pour eux nous sommes tous coupables et c'est à nous de prouver le contraire. Je crois que, parfois, il vaut mieux fermer sa gueule et rester peinard avec les policiers; moins tu en dis, mieux c'est.
Ah oui! Avant d'oublier, je ne suis pas un paranoïaque, mais il m'arrive de recevoir un téléphone où personne ne parle à l'autre bout du fil... coïncidence peut-être? Mais cela se passe la même journée que je remplis ma déclaration mensuelle. Bizarre! 
En passant, faites aussi attention à ce que vous dites sur votre cellulaire ou à ce que vous écrivez sur le web (net, ordinateur). D'ailleurs j'en parlais avec une autre personne antérieurement et tous deux nous pensons que les «Boubous macoutes» - ceux qui avaient tous les droits sur les personnes à l'aide sociale - sont ressuscités.
Bon, voici mon anecdote. Habituellement, je fais ma déclaration mensuelle par téléphone, mais, au mois de juin, j'ai mis à la ferraille mon auto. Cela m'a donné environ 300 $. 
Donc, j'ai dû me présenter au bureau d'aide sociale parce qu'il y a eu un changement dans ma situation et que je devais leur dire.
Vous savez comme moi comment cela fonctionne. En arrivant au bureau, je devais me présenter le 11 du mois. Nouveau... Je ne sais pas, mais, en arrivant, il y avait un petit kiosque genre «Loto-Québec», il y avait là quelqu'un pour me donner un numéro avec la petite roulette rouge. 
Comme si j'étais un imbécile et pas capable de le faire moi-même. Donc un fonctionnaire payé pour me donner un numéro. Je lui demande poliment: «C'est nouveau ce kiosque?». La personne me répond: «Allez vous asseoir, ça ne sera pas long». Effectivement, ça n'a pas été long; nous étions cinq à passer. 
Si je comprends bien, un fonctionnaire payé pour donner des numéros pour une poignée d'assistés sociaux... Oups! Arrivé au bureau, je donne mon carnet de déclaration mensuelle en expliquant que, comme il y avait eu un changement dans ma situation à cause de mon auto, je me devais de me présenter pour fournir une copie du chèque du ferrailleur.
La personne se fait une photocopie, je lui demande: «Bon, tout est correct?». Elle me dit froidement: «S'il y a quelque chose, ils vont vous appeler». Pourtant, personne ne m'a rappelé parce qu'habituellement, je fais mes déclarations par la poste.
C'est beau de voir ces trois ou quatre fonctionnaires de l'aide sociale se promener dans un local aussi grand qu'une patinoire de hockey.
Tout cela m'a coûté de l'essence, mais cela m'a permis de sortir un peu de la maison prendre l'air et de pouvoir raconter cette histoire...
Claude Béland
Notre-Dame-du-Mont-Carmel