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Une occasion manquée pour le transport collectif

OPINION / L’auteur, Alexandre Cusson, est candidat à la direction du Parti libéral du Québec.

Au moment où il est plus que jamais temps d’agir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, la nécessité de développer le transport collectif dans toutes les régions du Québec prend plus que jamais tout son sens.

Le transport est responsable de plus de 40 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Il faut donc agir là où ça compte, et rapidement.

Le constat n’est pas nouveau: le développement du transport collectif sur l’ensemble du territoire québécois passe par une révision de son financement.

Pourtant, alors que l’on se fixe de nouveaux objectifs en termes de mobilité durable, le budget Girard déposé mardi est muet à cet égard. Dans le contexte actuel, l’augmentation de l’offre de services à la hauteur des objectifs de croissance entraînera une augmentation importante des charges dues aux opérations.

C’est bien beau de financer l’achat de nouveaux autobus, mais en refusant de soutenir les dépenses de fonctionnement, le Gouvernement nie l’impact sur les coûts reliés à la main d’œuvre, aux opérations et à l’entretien de la flotte de véhicules. Ces coûts, ce sont les usagers et les municipalités qui doivent les assumer. Et les municipalités n’en peuvent tout simplement plus. À moyen terme, la pression deviendra insoutenable pour les gouvernements de proximité.

Voilà pourquoi le financement des opérations du transport collectif est incontournable pour conserver l’équilibre fragile entre le maintien et le développement de l’offre.

La révision du mode de financement du transport collectif et le soutien aux coûts d’opération permettraient également à plusieurs municipalités de taille moyenne d’offrir un service répondant aux attentes des utilisateurs. On ne peut plus réserver qu’aux grandes villes l’accès à un service de transport en commun efficace et accessible.

Finalement, comme le déclarait l’Union des municipalités du Québec l’automne dernier dans son mémoire déposé au Chantier sur le financement de la mobilité, «en matière de transport en commun, l’aide provinciale est particulièrement difficile à obtenir pour les municipalités. L’inextricable complexité des divers programmes se chevauchant et disposant de leurs propres cadres normatifs n’est pas à la portée de toutes les agences organisatrices de transport (AOT), et ce, particulièrement hors des grands centres».

Annoncer, à court terme, une réforme du mode de financement du transport collectif visant à en soutenir les coûts d’opération et à en développer l’accessibilité, voilà ce qu’aurait fait un gouvernement sérieux dans sa volonté de réduire nos émissions de gaz à effet de serre.