Sonia Lebel, présidente du Conseil du trésor
Sonia Lebel, présidente du Conseil du trésor

Une occasion historique à saisir

OPINIONS / L’auteur, Marc Benoît, est coordonnateur du Regroupement des organismes d’éducation populaire autonome de la Mauricie (ROEPAM). Il adresse cette lettre à la présidente du Conseil du trésor et députée de Champlain à l’Assemblée nationale, Sonia LeBel.

Madame LeBel, j’aimerais tout d’abord vous féliciter pour votre récente nomination au poste de présidente du Conseil du trésor du gouvernement du Québec. Votre travail acharné à titre de ministre de la Justice, particulièrement en faveur de la cause du droit des femmes, laisse entrevoir une implication tout aussi grande dans vos nouvelles fonctions au sein du Conseil du trésor. C’est dans ce contexte et à l’aube de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, que je prends ma plume pour vous sensibiliser personnellement quant à la lutte aux changements climatiques.

Tout comme la bataille menée par le gouvernement du Québec contre la COVID-19, la lutte aux changements climatiques n’est pas fondée sur une idéologie, mais bien sur des données claires et un consensus scientifique crédible. La question des changements climatiques dépasse largement la simple partisanerie politique ou le mandat électoral du moment; elle représente un enjeu complexe, aux conséquences potentiellement graves pour l’ensemble de la population du Québec. Certaines personnes pensent que le discours que je porte est alarmiste, mais il n’en est rien, je vous l’assure. Tout comme peu de gens semblaient croire à une pandémie mondiale avant qu’elle arrive à nos portes, nombre d’individus viendront minimiser les dangers des changements climatiques et notre absence de préparation actuelle pour y faire face avec sérieux.

Les parlementaires du Québec reprendront bientôt les discussions sur la relance de notre économie et ce dossier constitue un enjeu fort important sur le plan environnemental. Peu importe si la relance économique se produit suite à un plan d’investissement global ou par plusieurs investissements plus modestes et successifs, son impact se fera sentir pour des années, voire même une décennie entière. Par votre rôle en tant que présidente du Conseil du trésor, avec la bourse collective des Québécois et des Québécoises entre vos mains, vous aurez le pouvoir de changer les choses pour le meilleur. Je ne doute pas que les pressions sur vous seront très fortes pour relancer l’économie du Québec avec peu de changements et – peut-être même – une certaine dose d’écoblanchiment, cet écologisme de façade qui n’apporte aucune réelle solution.

Je vais conclure ma lettre, madame LeBel, en vous soulignant que certaines personnes voient le Québec trop petit pour avoir un impact significatif sur le phénomène mondial des changements climatiques. Pour ma part, je suis convaincu que le Québec peut devenir un véritable fer de lance, un exemple national et international dans la lutte aux changements climatiques. J’ai confiance en votre désir de voir le Québec, tout comme moi, se doter dès aujourd’hui d’une économie verte et juste.

Une occasion historique est à votre portée. Je vous invite à ne pas la laisser passer.