Une mise en garde destinée aux travailleurs de l’ABI

OPINIONS / Vous avez été perçus par le premier ministre comme étant choyés, et ce, après que ce dernier eut rencontré autant la partie syndicale que patronale, il y a de ça quelques mois déjà. Il faut que vous soyez conscients que vous l’êtes vraiment! Vous occupez des emplois parmis les mieux rémunérés au Québec, et ce, sans avoir à vous expatrier au Nunavut ou ailleurs l’espace de quelque temps et mieux encore, tout en habitant dans une région jouissant d’une multitude de services et par surcroît, où le coût de la vie est parmi les plus bas au Québec.

N’allez pas penser que c’est par pure jalousie que je me permets d’écrire ce commentaire. En fait, je le fais parce que beaucoup d’entre vous, au minimum 20 % n’osent le faire par crainte de représailles d’une part, et d’autre part, parce que je me soucie de la vitalité économique de la région.

Depuis combien de temps un projet majeur a réussi à s’installer dans le coin? Il est de plus en plus compliqué de faire accepter socialement un projet industriel dès qu’un impact touche une ressource, et ce, même si des mesures d’atténuation jugés efficaces sont envisageables...

Je me permets aussi de le faire parce que j’ai l’impression que vos représentants syndicaux ont une idéologie et des principes a défendre bien avant vos propres intérêts... Ce pourquoi ils se sont montrés fermés, plus qu’ailleurs, au recours à la sous-traitance et aussi par leur prise de position au sujet des emplois étudiants. De la bouche même du Syndicat des Métallos, le maintien de cette décision n’aurait de portée que pour les travailleurs-étudiants de l’ABI. Il n’y aurait pas d’impact pour les autres usines ayant recours a cette main-d’œuvre... C’est donc juste ici à Bécancour que le syndicat fait la démonstration que c’est par pure doctrine syndicaliste «hard core» qu’ils agissent... Ils sont conséquents: sous-traitance et postes pour étudiants, même combat... En aucun cas il ne faut que l’employeur puisse bénéficier de main-d’œuvre à rabais peu importe le contexte... Parlant de «cheap labor», lors de son «world tour», si le président du syndicat était allé aussi en Chine, il serait peut-être plus au fait des réalités dans lequel le monde évolue. Ailleurs au Québec on semble l’avoir compris et de ce fait, la belle unité syndicale ou intersyndicale du début semble de plus en plus s’effriter...

En terminant, au moment de voter sur l’offre finale, pensez donc à vous avant de périr pour la cause qui, comme on le sait, ne fera rien perdre à vos élites syndicales si ce n’est que des cotisations de moins... C’est vous qui avez le plus à perdre directement et indirectement la région au complet...

Luc Simard

Trois-Rivieres