Malgré la métamorphose récente du centre-ville de Trois-Rivières, plusieurs vitrines cachent encore des locaux vacants.

Une métamorphose... en façade!

Dans une lettre d'opinion de l'édition du 23 août dernier intitulée «Un centre-ville métamorphosé», M. André Lavoie, un citoyen de Lévis qui semble connaître personnellement le maire Yves Lévesque selon ses dires, a fait une description à caractère élogieux de notre centre-ville de Trois-Rivières à la suite de sa visite récente, après avoir été ébloui par le spectacle du Cirque du Soleil.
Il fait notamment mention de la beauté des édifices rénovés et bien entretenus, de la profusion de bars et restaurants, de l'escalier au parc portuaire, et disait qu'à sa dernière visite, il y a environ un peu plus de dix ans, c'était un endroit «désolant», malgré le fait que le maire Lévesque était élu depuis plusieurs années.
Une visite et un contexte historique des dernières années s'imposent ici pour remettre les pendules à l'heure car le spectacle du Cirque du Soleil a probablement fait oublier à notre touriste de Lévis, dans son jugement, certains détails présents un peu moins honorifiques de la rue des Forges et de ses alentours.
Pour commencer cette visite guidée, l'Hôtel OUI-GO à côté du bureau de poste semble être le seul exemple qui mérite l'attention comme réussite récente de restauration de bâtiment digne d'un cachet historique pour un commerce actuellement en fonction.
Notre touriste devait cependant faire aussi allusion à l'immeuble du 125 des Forges, propriété d'Olymbec, qui a remplacé un vieil immeuble sur le point de tomber. Ce que l'on a oublié de dire, c'est que mis à part le défunt bar à vin «De la coupe aux livres» qui a occupé le rez-de-chaussée sous respirateur articifiel, les bureaux d'Olymbec ont semblé être pendant de nombreuses années les seuls occupants dans les étages supérieurs. Ce n'est que depuis quelques années que cet immeuble affiche un taux de location respectable, mais le rez-de-chaussée est maintenant... vacant!
Notre touriste de Lévis a probablement été aussi impressionné par les beaux tableaux et dessins à caractère poétique qui alimentent la façade des anciens lieux habitant jadis le McDonald's et la Banque Laurentienne... sans avoir remarqué l'écriteau à la mention «À LOUER» intégré dans le décor de ces oeuvres magnifiques.
De beaux dessins, c'est effectivement plus joli que du carton ou papier brun pour cacher ces locaux vides, mais cela demeure des locaux «vacants». Pour le dynamisme au niveau commercial, on repassera!
Et sans oublier la façade magnifique du cabaret Le Satyre rénovée il y a quelques années. Si M. Lavoie s'était donné la peine de s'informer de la programmation de ce cabaret, il aurait constaté un commerce «fermé définitivement» qui a été opérationnel qu'un court été l'an passé. À la fin des années 90, bien avant la venue de M. Lévesque à titre de maire, le défunt Maquisart qui occupait jadis cet endroit a vécu à cette époque de belles années, même si la façade de la bâtisse était moins jolie qu'aujourd'hui.
À ne surtout pas oublier de fermer les yeux lorsque vous croiserez la célèbre horloge aux quatre tours au coin des rues des Forges et Badeaux, magnifique oeuvre installée sous l'ère des années Lévesque dans le processus d'embellissement du centre-ville si vous voulez remettre vos pendules à la «bonne heure». Il y a deux des quatre cadrans qui se sont volatilisés. Et les deux cadrans restants indiquant des heures différentes qui n'ont aucun rapport avec l'heure et les minutes de votre heure locale indiquée sur votre téléphone cellulaire.
Mais, il est vrai qu'il est 2 heures 18 minutes quelque part dans le monde! Je ne pense pas que ça impressionne les touristes point de vue image de notre ville. Cela fait «T-Rès pauvre» comparativement à l'avenue Cartier à Québec dont les terrasses regorgent de verdures et de décors dont devraient s'inspirer nos élus à importer ce concept dans notre centre-ville ou sur la rue Fusey pour revitaliser le secteur «bas du Cap».
Sans oublier l'escalier majestueux, que les citoyens et touristes ne peuvent utiliser pendant certaines journées l'hiver étant donné que les abrasifs habituellement utilisés pour faire fondre la neige et la glace endommageraient la structure fragile de cet escalier.
Je vais admettre malgré tout, que notre maire sortant a mis des efforts durant ses années de règne pour dynamiser davantage le centre-ville, surtout au niveau animation, et cela est tout en son honneur. Mais de là à dire que la ville était désolante avant l'arrivée de Yves Lévesque à la mairie est un peu exagéré. Vers la fin des années 90, il y avait à peu près le même nombre de restaurants, de bars et de terrasses. Certains ont disparu, ou changé de nom, d'autres ont ouvert. Tout comme Rome, Trois-Rivières ne s'est pas construit en un seul jour!
Éric Verville
Trois-Rivières