Le président de l’Association des urologues du Québec répond ici à une lettre ouverte de Cynthia Gagné concernant les complications liées à la pose de bandelettes pour incontinence urinaire.
Le président de l’Association des urologues du Québec répond ici à une lettre ouverte de Cynthia Gagné concernant les complications liées à la pose de bandelettes pour incontinence urinaire.

Une main tendue et des faits

OPINION / L’auteur, Steven P. Lapointe, est médecin et président de l’Association des urologues du Québec. Il répond ici à la lettre d’opinion de Madame Cynthia Gagné intitulée «Une main tendue aux urologues pour la santé des femmes», publiée dans notre édition du samedi 25 janvier dernier.

Les 168 urologues spécialistes que je représente sont engagés dans le bien-être et la guérison de leurs patientes et patients. J’accueille en leur nom la main tendue exprimée dans votre lettre ouverte publiée samedi dernier. Toutefois, des précisions s’imposent.

Une chirurgie efficace

L’incontinence urinaire est une condition très fréquente dans la population. C’est pourquoi les femmes sont nombreuses à souhaiter cette intervention. Pour une majorité d’entre elles, il n’y a eu aucune complication reliée aux bandelettes et l’intervention a changé positivement leur vie.

On mentionne dans votre lettre que 800 femmes participent à un groupe Facebook pour les femmes pour qui la pose de bandelettes pour incontinence urinaire a été très problématique. Donc, au Québec, sur près de 80 000 patientes qui ont subi l’intervention sur une période de près de 20 ans, environ 1 % des patientes opérées ont présenté ces complications sévères.

Dans toutes les sphères de la médecine, il existe pour certains patientes et patients diverses complications à des traitements qu’on ne retrouve pas pour l’ensemble des personnes guéries ou soulagées par des interventions.

Nous comprenons donc très bien la détresse des quelques centaines de femmes qui présentent des complications à la suite de cette délicate intervention.

Nous prenons cette situation avec sérieux et sommes très sensibilisés à leur désarroi. Il faut savoir qu’heureusement, des traitements de retrait de bandelettes sont réalisés ici au Québec par des spécialistes reconnus. Nul besoin d’aller aux États-Unis.

D’autre part, nous collaborons avec le Collège des médecins pour nous assurer que les femmes qui ont développé ces complications reliées aux bandelettes soient convenablement orientées. Les résultats de ces travaux seront connus au printemps.

Également, nous tenons à préciser que plusieurs femmes souffrant des désagréments découlant des pertes urinaires en public ont – sur la recommandation de patientes qui avaient subi l’intervention sans conséquence négative – opté pour ce traitement qui a amélioré leur qualité de vie de façon significative dans les dernières années, et ce, malgré les reportages et les médias sociaux.

De la formation

Nous avons tenu depuis trois ans plusieurs séances de formations pour des mises à jour sur les développements récents concernant la chirurgie des bandelettes urétrales, et pour réitérer aux urologues la nécessité de bien expliquer les complications potentielles associées à la pose de bandelettes à leurs patientes.

Enfin, nous ne sommes pas du tout au courant des activités de médecins sur vos réseaux sociaux, et nous n’endossons aucunement cette démarche.