Un seul médecin?

Il a fière allure, cet agrandissement assez récent de l'hôpital du Centre-de-la Mauricie (de Shawinigan). En ce qui concerne son accès aux soins, à l'urgence, faudra repasser.
En effet, samedi, le 4 janvier, vers les 17 h, n'en pouvant plus de supporter une douleur devenue alors insupportable dans la région de sa mâchoire, ma conjointe s'est présentée à l'urgence, en ma compagnie.
À l'étape du triage (terme qui devrait être réservé aux choses plus qu'aux humains), l'infirmière en devoir nous annonce que ma compagne ne pourra voir un médecin «probablement pas avant la nuit, et ce s'il n'y avait pas de cas lourds qui se présentaient, via le service ambulancier.» Attristée face à notre grand étonnement, elle nous informe... qu'il n'y a qu'un médecin à l'urgence.
En cette période cruciale de la saison hivernale, quelqu'un a dû ou aurait dû se demander comment un seul médecin pouvait répondre à la demande, non?
Personnellement, je débourse plus de 600 dollars annuellement pour l'assurance-maladie, en plus des 200 dollars qui se sont ajoutés, sans tenir compte de l'obligation de me faire couvrir, en plus, par une compagnie privée d'assurances, celle de ma conjointe.
Pour quel service, à l'urgence, si on ne s'y rend pas en ambulance? Nous avons dû rebrousser chemin.
Le lendemain matin, dans un hôpital de l'ouest de Montréal, en moins d'une heure, elle a pu rencontrer enfin un médecin.
Un jour, notre système de santé, en ce qui concerne l'accès, en Mauricie, aura fière allure. Il ne faudra pas compter pour cela sur monsieur Couillard avec sa voiture à deux vitesses qui nous conduira encore plus vite dans le mur. Et pour paraphraser les mots d'une chanson (Rue Sanguinet): «... J'ai souvenir encore des années soixante. Où il était question d'un État-providence...»
Émile Simard
Saint-Mathieu-du-Parc