Un seul mandat!

«Never Re-Elect Anyone!». Ou, en français: «Ne réélisez jamais quiconque!»

Selon le journaliste américain Charley Reese, lequel a couvert pendant près de 50 ans tous les secteurs d’activités en politique, il ne faut jamais redonner le pouvoir à qui que ce soit lors d’un scrutin. 

Soucieux de dénoncer chez nos voisins du Sud le processus élitiste des élections, où le candidat masculin, de race blanche et de classe aisée se voit avantagé, Reese militait aussi dans son milieu pour une politique non professionnelle, qui donne place à un plus grand nombre de citoyens incluant notamment les femmes et les jeunes gens. 

Ses idées traversent aisément les frontières et nous rejoignent au Québec où se tiendra bientôt un scrutin municipal, car sur la scène locale on a déjà connu aussi notre lot de désenchantements. 

La place des femmes et des jeunes est loin d’être acquise chez nous et dans bien des endroits, des gains minimes à ce titre s’obtiennent à l’arraché, après des combats épiques. Il faudra sans doute attendre encore qu’une réforme du mode de scrutin permette d’augmenter la représentativité citoyenne féminine et celle du jeune âge. 

Entre-temps, dans les municipalités, on constate partout une nette désaffection citoyenne dans la gestion de son milieu de vie immédiat.

Cela vient du fait que les structures actuelles ne favorisent tout simplement pas que ces jeunes gens et ces femmes y soient. Dans bien des endroits, la transmission du pouvoir se fait encore selon un système impérial, par une sorte de droit divin, où l’âge et ladite expérience de messieurs les maires semblent être les garants de leur valeur. 

C’est comme un club patriarcal de l’âge d’or, où ces éternels élus finissent par se croire imbus d’une mission divine qui leur recommande de sauver le bas peuple. Sous le couvert d’une belle âme désireuse de servir à tout prix, ne vous y trompez pas, ces gens aiment et veulent le pouvoir. Et pourtant, l’élection consommée, c’est toujours le bal des taxes, des déficits et des retours d’ascenseur aux p’tits amis qui recommence.

Le mandat unique ne reconduit personne en place et offre le précieux avantage de favoriser le nécessaire renouvellement d’une saine démocratie en donnant régulièrement à plus de citoyens l’occasion de participer à la gestion municipale. 

La vie citoyenne se trouve enrichie par la diversité d’opinions, de vécu, d’expériences. Une période unique de quatre ans est amplement suffisante à un ou une citoyenne désireuse de veiller avec honnêteté et bon conseil aux destinées de sa communauté. Au-delà de ça, cela finit par donner l’impression qu’on se croit indispensable au bien public. Mais comme on dit dans le commerce, certaines exceptions s’appliquent.

Claude Parenteau

Shawinigan