Le juge Guy Lambert a récemment pris sa retraite.

Un qualificatif mal choisi

En réaction à l'article de Nancy Massicotte intitulé «Le juge Guy Lambert prend sa retraite», publié dans notre édition du 16 septembre.
Parcourant les salles d'audience ainsi que les corridors du palais de justice comme avocate, et ce, depuis bientôt 27 ans, contrairement à vos dires, madame, je n'ai jamais entendu le surnom de «Juge bonbon», associé au juge Lambert.
Si vous avez voulu souligner le départ de ce dernier et relater l'hommage lui ayant été rendu, le vendredi 15 septembre dernier par ses collègues, avocats de la poursuite et de la défense ainsi que le personnel du palais de justice, hommage bien mérité, vous avez, madame, gâché cet éloge en réduisant les qualités d'empathie et de compassion du juge Lambert à ces deux mots de: «juge bonbon». Moi et plusieurs de mes confrères et consoeurs sommes d'avis que le qualificatif que vous avez employé est réducteur et démontre un juge qualifié péjorativement de rose sans colonne et incapable de se tenir debout afin de rendre des sentences justes et équitables!
Il est bien dommage, madame, que cette expression ait été utilisée en début de votre compte rendu car l'article que vous avez écrit reflétait la réalité. Vous écrivez pour la population. Malheureusement, souvent des propos sur la justice qui sont véhiculés par nos concitoyens n'étant pas aux premières loges dans les salles d'audience et ils y vont de commentaires désobligeants envers le système de justice: justice à rabais, justice bonbon, etc.
En utilisant ce qualificatif de «juge bonbon», vous avez servi à véhiculer ces préjugés envers une personne qui, bien au contraire, a servi la justice pour ses concitoyens, sans préjugés envers ses semblables et ce, de façon équitable et responsable.
Me Jocelyne Duplessis, avocate
Trois-Rivières
Une question d'interprétation
Lors de entrevue qu'il m'a accordée, le juge Guy Lambert n'a aucunement paru surpris par le terme bonbon. En fait, il a accepté de répondre à mes questions en toute franchise et transparence, citant Roland Leclerc sur l'importance d'être un bon juge autant qu'un juge bon.
Vous me reprochez d'avoir gâché l'hommage qui lui a été rendu uniquement par l'utilisation du terme bonbon dont la connotation est négative et réductrice selon vous. Tout est une question d'interprétation. Mon objectif était pourtant de faire ressortir l'humanisme et l'empathie de ce juge en insistant sur le volet réhabilitation qu'il a toujours prôné. 
Vous dites d'ailleurs que mon article reflétait la réalité. J'ai justement pris soin d'écrire que «ses sentences étaient quelquefois reçues comme un coup de poing au visage, suscitant colère et frustration.» Peut-être n'avez-vous pas lu ce passage? Clairement, on parle ici d'un juge qui est capable d'être sévère autant que clément. J'ai aussi rappelé qu'il était déjà sorti de son devoir de réserve pour lancer un appel à la mobilisation pour l'obtention d'un nouveau palais de justice. On est bien loin d'une rose sans colonne.
Enfin, l'objectif poursuivi par ce texte était de démystifier la justice ou du moins certains aspects de celle-ci. Je n'ai malheureusement pas de contrôle sur les préjugés qui seraient véhiculés par les autres. 
Nancy Massicotte
Journaliste