L’auteur de ce texte connaît bien le monde des véhicules électriques et de l’électrification des transports en général. Pendant plusieurs années, il a œuvré dans ce domaine. Selon lui, les nouveaux mandats obtenus par Hydro-Québec permettent à la société d’État de développer un réseau de bornes dans la province plus rapidement.

Un peu de culture ne fait pas de mal à l’environnement

OPINIONS / L’auteur, Stéphane Daoust, est entrepreneur social, fier Shawiniganais et fier Mauricien.

La seule chose qui ne change pas c’est le changement et 2019 a permis de tester notre tolérance humaine en lien avec le changement des changements… le climat.

Dans la perspective et certainement contraire à l’opinion publique, la nomination de Steven Guilbault à la Culture et au Patrimoine est un geste qui marque 2019 et l’environnement. Malgré nos inventions technologiques et les bonnes intentions, notre plus grand patrimoine ou héritage final est l’environnement. Ce qui restera après notre épopée terrestre risque de ne pas être compatible avec Windows 1042. Nos archives numériques, composées de 1 et de 0, n’ont pas la même longévité que les parchemins centenaires.

La transition énergétique amorcée mondialement sera longue, mais elle est commencée et grâce à la culture, peut-être que cette révolution verte fera la différence dans notre qualité de vie future.

#UnCharÇaSaute

L’impact du partage de nos cultures dans les médias sociaux et son influence sur l’environnement n’est pas négligeable. Imaginez-vous en 1905 alors que les voitures à essence, en perfectionnement, explosaient. Il aurait fallu trois mois d’explosions et de publications Facebook pour tuer dans l’œuf cette technologie de déplacement. À cette époque, la majorité des ventes de voitures faites principalement aux États-Unis étaient des voitures électriques, je dois préciser.

Culture d’échange et de partage

Prendre conscience des changements climatiques peut se faire en marchant sur sa terre à bois ou en observant des inondations plus fréquentes dans son patelin. Toutefois, dans le cadre de la planète, l’échantillon du sondage doit être mondial. Pour se rendre compte que la terre change, il a fallu que naisse une culture de partage d’information numérique. Les savoirs sont moins séquestrés.

Rapidement, les médias sociaux et les outils de communications mobiles ont permis de créer et de partager rapidement des initiatives environnementales et d’y mobiliser parfois la planète. Certaines sont d’éclats, d’autres plus discrètes. Cette communication de masse était simplement impossible lors du développement de l’industrie du transport à essence. #BadTiming

Le pétrole dans nos mains

Si vous avez six heures à me consacrer, posez-moi une seule question en lien avec l’électrification des transports et l’impact de la transition annoncée. Chose certaine, j’écris avec un clavier et un ordinateur portable fait de composantes de plastique. À Saint-Élie de Caxton, en Mauricie, nous avons un arbre à paparmanes, mais des arbres à plastique… Nous avons une expertise en Mauricie pour transformer les résidus de bois en composites. La protéine de lait pour l’emballage alimentaire biodégradable est aussi une bonne solution.

Le groupe Coldplay démontre l’impact de la culture et l’environnement en abandonnant la tournée mondiale traditionnelle. Tant que leurs moyens de déplacement et de productions ne seront pas en lien avec le développement durable, n’espérez pas vivre l’expérience Coldplay d’ici deux ans près de chez vous. Ce vide culturel, cette absence de scène pourraient-ils servir de moteur d’innovation parmi les admirateurs du groupe? La technologie de collaboration le permet.

Stéphane Daoust se décrit comme un entrepreneur social. C’est lui qui avait lancé la campagne «J’aime Shawi» en 2006. Il est aussi le fondateur du Filozen Café, dans le secteur Grand-Mère.

L’impact de la culture dans la vie humaine? Combien d’enfants existent en raison d’un «beau grand slow collé»?

Les planteurs de bornes

Discrètement, au fil du courant, la majeure partie de l’innovation canadienne pour les technologies de recharge s’est regroupée à Shawinigan. Deux fabricants de technologies, le CNETE, le laboratoire de recherche d’Hydro, Nemaska Lithium... Bref, nous sommes peut-être trop collés sur cette richesse en innovation que parfois nous l’oublions. Comme un poisson ne sait pas qu’il nage dans l’eau.

Les nouveaux mandats obtenus par Hydro-Québec permettent à la société d’État de développer un réseau de bornes dans la province plus rapidement. La super-station, inaugurée récemment à la Place Biermans de Shawinigan est un bel exemple.

Des stations d’essence, il y en a de moins en moins au Québec et le marché est en épuration naturelle. La livraison de carburants dans certains secteurs de la province est freinée, car livrer de l’essence prend du carburant dont le coût est à la hausse.

Si au printemps 2021, 100 000 voitures électriques sont immatriculées au Québec, environ 80 000 bornes seront installées directement dans les domiciles. En 2019, il y a déjà plus de bornes que de stations d’essence au Québec et on s’inquiète.

Un Plan Mauricie

La dévitalisation économique, la transition énergétique, le commerce en ligne, les fermetures des grandes surfaces… 2019 ne fut pas de tout repos.

Dans le contexte actuel, il faut souligner que les plus grandes valeurs foncières en Mauricie appartiennent à des gens de courage, sous-payés, que nous appelons généralement agricultrices ou fermiers. L’agroalimentaire est la seule grande industrie qui est demeurée vivante, sur le plan mauricien, depuis la transition vers le numérique et l’automatisation. C’est un secteur à identifier et soutenir plus fortement en aidant la relève avec des mécanismes fiscaux moins restrictifs.

L’agroalimentaire regroupe l’automatisation, la traçabilité, les composites, la transformation, l’emballage, la fourniture alimentaire, la gestion de flottes de véhicules, de distribution et une liste de talents que nos entreprises locales maitrisent. Les nouvelles «papetières», ce sont nos terres. Un «Plan Mauricie» ciblant ce secteur est souhaitable et contribue à une région plus verte à la source.

Culture Entrepreneuriale - Coup de cœur 2019

À 12 ans, mon vélo avait trois roues, des cloches, un thermos rempli de glaces et sandwich à la crème glacée. Au son de la cloche, les enfants allaient soutirer deux dollars à grand-maman et couraient après le «guéling-guéling». Comme l’inventaire était lourd et fondant, la culture de la vente et de l’efficacité est apparue tôt dans ma vie. Les meilleurs lieux de Grand-Mère étaient souvent en bas d’une côte. La devise: vends et reviens léger.

Sur ces bons vœux à la communauté, aux lecteurs, aux essentiels partenaires et en espérant que 2020 soit plus durable, je souhaite bienvenue aux nouveaux coopérants du Nouvelliste dans cette aventure entrepreneuriale. La culture, qu’elle soit économique, artistique ou sociale, existe lorsque les gens se regroupent. La survie de notre lien culturel, par votre groupement, contribuera au partage de la culture et favorisera la conscience environnementale.

P.S.: En 2020, si quatre années d’inondations au même endroit ne vous font pas prendre conscience du changement de climat… ouvrez la télé, achetez des livres ou recherchez sur internet comment vous pouvez prendre le changement entre vos mains. L’impact de la rédaction et la publication de cet article sont compensés par mon véhicule électrique… 2013.