Stéphan Frappier
Le coup de coeur de la semaine va au maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, qui n’a pas hésité à exercer de la pression pour isoler la Haute-Mauricie et ainsi pour protéger ses citoyens contre la propagation de la COVID-19. Il faut dire qu’il y a plusieurs chalets sur le territoire latuquois et le maire Tremblay ne voulait surtout pas que des résidants de régions plus touchées (lire Montréal) viennent y séjourner et risquent de contaminer des résidants permanents. Il n’y a pas encore de cas déclaré en Haute-Mauricie depuis le début de la crise et cette décision permettra qu’il en soit ainsi le plus longtemps possible.
Le coup de coeur de la semaine va au maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, qui n’a pas hésité à exercer de la pression pour isoler la Haute-Mauricie et ainsi pour protéger ses citoyens contre la propagation de la COVID-19. Il faut dire qu’il y a plusieurs chalets sur le territoire latuquois et le maire Tremblay ne voulait surtout pas que des résidants de régions plus touchées (lire Montréal) viennent y séjourner et risquent de contaminer des résidants permanents. Il n’y a pas encore de cas déclaré en Haute-Mauricie depuis le début de la crise et cette décision permettra qu’il en soit ainsi le plus longtemps possible.

Un monde plus distant mais plus proche

CHRONIQUE / Même isolé, le monde n’a jamais été aussi uni. Les manifestations de solidarité se multiplient et aident les plus vulnérables d’entre nous à garder espoir en ces temps où l’on peut facilement se laisser gagner par la morosité et le découragement. Mais que restera-t-il de cette belle solidarité une fois la pandémie chose du passé? Le monde sera-t-il le même? Moins de poignées de mains, moins d’accolades inutiles. Plus d’écoute, plus d’attention. Un monde plus distant mais plus proche. Un monde où il est important de prendre soin des gens qui nous entourent, où il ne faut pas nécessairement attendre une catastrophe pour faire naturellement preuve d’empathie et, surtout, où nous ne sommes jamais assez prévoyants devant l’invisible ennemi. Dommage que ça prenne des milliers de morts pour comprendre ça.

Un système éprouvé

Le milieu de la santé est le premier secteur qui risque de sortir passablement transformé de cette crise. La pandémie n’a même pas encore atteint son paroxysme et le personnel hospitalier est épuisé et le matériel commence à manquer. Imaginez si ça devait être comme en Italie. Sommes-nous prêts à faire face à une telle situation extrême? On a beau dire que c’est exceptionnel, mais c’est réel et il faudra s’en souvenir lorsque viendra le temps de faire le bilan de cette crise sanitaire. Il en va de la survie, de la sécurité et du respect de nos citoyens et de notre personnel soignant. Souhaitons-nous, en attendant, que ça ira bien.

Acheter chez nous!

L’après-COVID-19 sera particulièrement ardu pour les entreprises de chez nous. Déjà qu’elles devaient rivaliser contre des grandes bannières et un commerce en ligne de plus en plus féroce, voilà qu’elles devront se relever d’une période d’inactivité catastrophique. Plusieurs d’entre elles devront se réinventer. Télétravail et commerce en ligne se retrouveront assurément en haut de la liste de leurs priorités. Il faut en même temps espérer que les consommateurs d’ici seront au rendez-vous pour participer à cette relance. Et le meilleur moyen de le faire sera assurément de favoriser l’achat local. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que la crise actuelle incite de plus en plus de personnes à fuir les grandes surfaces surpeuplées et à vouloir savoir d’où proviennent leurs achats de consommation, et c’est là que les commerçants locaux pourraient en sortir gagnants. Un genre de «démondialisation», comme le disait cette semaine François Legault.

D’ailleurs, les voyageurs ayant été de toute évidence les principaux vecteurs de l’actuelle propagation, il faut aussi s’attendre à ce que les gens aient tendance à délaisser les voyages à l’étranger au profit des attraits locaux. Voilà une autre possibilité qui pourrait favoriser une rapide relance économique régionale.

Autre annulation

Mais toujours faut-il avoir quelque chose à faire! Après le Cirque du Soleil la semaine dernière, c’est le festival Danse Encore qui a décidé, lundi, de faire une croix sur son édition 2020. On l’a dit, ces annulations (et il y en aura d’autres) auront des retombées économiques catastrophiques sur l’économie régionale. Il sera toujours temps d’organiser de plus petits événements si la pandémie se termine juste avant les vacances estivales, mais comme le disait si bien le maire de Shawinigan, Michel Angers, cette semaine: «On verra combien de temps ça va durer (la pandémie), mais aussi, la réaction de la population.» Il ne faut effectivement pas s’attendre à ce que les gens, même en manque d’interactions humaines, courent aveuglément les foules au terme de cette mise en quarantaine. Une crainte bien normale va persister et ce sont encore une fois les événements grand public qui risquent d’en payer le prix.

Fermée trop tard?

Est-ce que les dirigeants de l’usine Olymel ont trop attendu pour fermer leurs installations de Yamachiche? La question est légitime. Vendredi, quatre jours après avoir pris la décision d’arrêter la production pour une période de deux semaines, pas moins de 57 employés étaient infectés. Il faut même s’attendre à ce que ce bilan continue d’augmenter au cours des prochaines heures. Même le maire de Yamachiche a peur pour ses citoyens. Des employés avaient dénoncé le manque de mesures strictes dans les premiers jours de la pandémie. Ils avaient visiblement raison. De là à dire que la compagnie a fait preuve de laxisme, il y a un pas difficile à franchir... que le syndicat franchit. Chose certaine, la COVID-19 est visiblement sans pitié et elle profite de toute proximité excessive. Plusieurs grandes entreprises auront des leçons à tirer au terme de cette triste aventure. Il ne faut jamais oublier que plus les entreprises sont grosses, plus il y a de personnes qui retournent dans leur milieu respectif en contaminer d’autres.