Un livre remarquable signé Louis Marchildon

Le conflit de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières est derrière nous. Quelle a été l’une de mes lectures durant le conflit? Celle du livre tout récent d’un professeur émérite en physique de cette institution, Louis Marchildon, L’effet SCIENCE (Éditions MultiMondes).

Sachez que ce livre est fascinant et qu’il confirme, par le fait même, cette propension que peuvent avoir les personnes dotées d’un grand bagage de connaissances à vouloir partager un peu de celles-ci.

Ici, Louis Marchildon se donne pour mission de dresser en quelque sorte l’état général en ce moment des connaissances par rapport à l’origine de l’homme.

De même, celui-ci énumère trois idées clés du développement des sciences depuis leur naissance: a) l’héliocentrisme, b) le doute cartésien, et c) le transformisme.

C’est-à-dire: a) non, la terre n’est pas au centre de l’univers; b) l’assurance qu’on ne peut être sûr de rien, et c) la conviction que l’évolution ne répond pas à un quelconque dessein intelligent venu de forces surnaturelles…

Le livre s’intéresse également aux recherches menant à l’infiniment petit et à l’infiniment grand (l’univers continue d’être en expansion).

Au sujet de nos origines, l’auteur relève que pendant les millions d’années qui nous séparent de l’ancêtre commun, différentes espèces d’hominines ont coexisté, jusqu’à tout récemment. Il dit: «Deux traits cognitifs, par ailleurs liés, distinguent aujourd’hui Homo sapiens de tous les autres animaux: l’activité symbolique et le langage articulé» (page 116).

Il relève que les plus vieux objets à caractère indubitablement symbolique sont des blocs d’ocre gravés comme on en a trouvé un datant de 75 000 à 80 000 ans en Afrique du Sud.

Quels sont les défis de la science aujourd’hui? Louis Marchildon en énumère trois: 1) la santé, la longévité des gens; 2) la conscience (la capacité qu’ont les humains, et sans doute plusieurs animaux, de se rendre compte de leur environnement, des leurs sensations et de leurs sentiments). Il demande distinctement: pourra-t-on un jour comprendre la conscience en termes de processus exclusivement naturels? Et 3) la nette compréhension du fonctionnement de la mécanique quantique en mesure de constater les propriétés atomiques.

Je voudrais ajouter qu’on sera renversé de ce qui est raconté à propos du big bang survenu il y a 13,8 milliards d’années, événement cataclysmique, où toute la matière était concentrée, sinon en un point, du moins dans un volume extrêmement restreint (…), l’instant zéro (page 128). Il ajoute: très près de l’instant zéro, soit à 10 millionièmes de seconde après le big bang (…) la température atteignait alors 1000 milliards de degrés.

Je voudrais dire également qu’il est question dans ce livre des notions de matière sombre et d’énergie sombre, une importante quantité de matière qui n’émet pas de lumière visible et qui équivaut à près de 26 % de la masse-énergie de l’Univers (page 137).

De même, au sujet du soleil, Louis Marchildon indique que celui-ci contient suffisamment de combustible nucléaire pour rayonner encore plusieurs milliards d’années mais il croit que dans un milliard d’années, son rayonnement aura trop augmenté évaporant toute l’eau de la terre et y rendant la vie impossible.

Par ailleurs, pour ceux que ça intéresse, l’auteur nous informe de ceci: la communauté médicale reconnaît à peu près unanimement que les bienfaits des vaccins l’emportent très largement sur les risques.

Enfin, l’auteur se range du côté des sceptiques qui ne voient aucun cas crédible, contemporain ou passé, de suspension des lois de la nature; c’est-à-dire, si vous avez bien compris, les miracles.

Réjean Martin

Trois-Rivières