La sauvegarde de l'ancienne gare du Canadien Pacifique, sur l'avenue de la Station à Shawinigan, est nécessaire selon l'auteur de cette lettre. La préservation du patrimoine constitue, croit-il, un legs majeur pour les générations futures.

Un legs pour les générations à venir

En réaction à l'article de Guy Veillette intitulé «Gare du Canadien Pacifique: il n'y avait pas foule...», publié dans notre édition du 27 juin, ainsi qu'à la lettre d'opinion d'André-Jean Bordeleau intitulée «Raisonnable ou pas, gare à vous!», publiée le 28 juin dernier.
Je suis un citoyen de la ville de Shawinigan. J'ai 31 ans et je vis et travaille dans cette ville depuis toujours. J'ai participé à là séance publique du conseil local du patrimoine concernant la gare et j'ai été satisfait des décisions prises par la Ville et le conseil. J'aimerais revenir sur certains faits. Il est vrai qu'il n'y avait pas foule. La majorité des citoyens présents étaient en accord avec le fait que la gare devait être sauvegardée. Les préoccupations de certains sont louables mais je crois qu'ils sous-estiment l'importance de la gare et l'histoire ferroviaire de Shawinigan.
Loin de moi l'idée de vouloir écarter les autres causes importantes en matière de préservation du patrimoine, comme celles de l'église Saint-Pierre et de la promenade Saint-Maurice. La préservation du patrimoine constitue un legs important et apporte un plus, à long terme, pour notre communauté et pour les générations à venir. La Wabasso, la Grand-Mere Shoes, la maison Francis-Brisson et le complexe Espace Shawinigan de la Cité de l'énergie en sont de belles preuves.
Donc, pourquoi sauver une des deux gares encore présentes à Shawinigan?
C'est surtout une question d'histoire ferroviaire, qui est très peu connue dans la ville de l'électricité.
Shawinigan est une ville qui a été reliée par plusieurs compagnies. Outre le CP et le CN, le Grand Tronc la Canadian Northern et la Shawinigan Falls Terminal Railway ont toutes opéré à Shawinigan. La ville fusionnée a compté jusqu'à six gares à différentes époques, mieux que plusieurs villes du Québec et plus que Trois-Rivières.
La Shawinigan Falls Terminal Railway est ce qui distingue le plus l'importance du sauvetage de la gare. Cette dernière fut une des premières au Canada à opérer une locomotive électrique au début des années 1900. La «punaise» - surnom donné aux locomotives - opérait dans le secteur où est la gare. Je vous invite à aller voir au Musée ferroviaire canadien à Delson l'exemplaire qui a été préservé, loin de Shawinigan curieusement. 
Shawinigan fait face à un dilemme que plusieurs villes ont connu par le passé: préserver ou démolir? On dit que cette ville est à l'agonie; peut-être que si on prend des risques et que nous arrêtons d'avoir honte de notre histoire, cette ville pourra prospérer.
Davyd Dion-Bellemare
Shawinigan