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Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur

Un joyau à restaurer

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ÉDITORIAL / C’est une excellente nouvelle qui vient de tomber pour la salle J.-Antonio-Thompson. Avec des subventions totalisant 20 millions $, la Ville de Trois-Rivières pourra enfin aller de l’avant avec l’imposant projet de rénovation et de modernisation de cet équipement culturel, véritable joyau architectural et patrimonial dans le paysage trifluvien.

Ils sont rares les bâtiments existants dans lesquels on décide d’investir plus de 30 millions $ pour le rénover et le rendre conforme aux normes actuelles. C’est pourtant le projet que caressaient les autorités municipales de Trois-Rivières depuis plusieurs années déjà. Et pour y arriver, il fallait un coup de pouce.

C’est ce coup de pouce qui a été confirmé vendredi, avec des représentants de la Ville, mais aussi des gouvernements provincial et fédéral.

C’est aussi un signe que les dossiers ont continué à cheminer presque normalement au cours des quatorze derniers mois. En janvier 2020, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, effectuait une visite de reconnaissance en Mauricie, au cours de laquelle il a notamment rencontré les autorités trifluviennes concernant le projet de rénovation de la salle J.-Antonio-Thompson. À ce moment, le ministre Guilbeault indiquait que le projet n’en était qu’aux études préliminaires, mais ajoutait du même souffle qu’il allait «probablement» faire l’objet d’une entente entre le fédéral et le provincial à travers les programmes d’investissements dans les infrastructures culturelles.

C’est précisément ce qui se produit. Les gouvernements du Canada et du Québec fournissent chacun 10 millions $ provenant de différents programmes d’infrastructures culturelles. La Ville de Trois-Rivières complétera le financement en injectant 16,6 millions $. Peut-être plus, si on considère ce qui a déjà été avancé. La Ville, doit-on le rappeler, avait en effet procédé en 2019 à l’acquisition d’un immeuble sur la rue des Forges, voisin de la salle de spectacles, pour réaménager la billetterie et reconfigurer certains espaces intérieurs. L’an dernier, elle a accordé un contrat de 215 000 $ à une firme d’architectes pour procéder à l’analyse des besoins et jeter les bases qui serviront de référence pour un concours d’architecture associé au projet de réfection.

Estimés pour l’instant à 36,6 millions $, les travaux devraient débuter à l’été 2023 et devraient durer deux ans. C’est un chantier majeur. Outre l’agrandissement de l’aire d’accueil, de la billetterie et du foyer, les travaux toucheront le remplacement de sièges, le réaménagement et l’agrandissement des loges, l’ajout de salles multifonctionnelles pour les événements spéciaux et la réfection de la toiture, de l’isolation et des installations électriques.

Si on exclut l’Amphithéâtre Cogeco, qui était une construction nouvelle, il faut remonter aux travaux de réfection de la Maison de la culture, voisine de la salle Thompson, pour trouver un exemple d’investissement de plusieurs millions de dollars dans un équipement culturel de la région. En 2003 et 2004, les rénovations majeures apportées à la bibliothèque Gatien-Lapointe, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, au centre d’exposition Raymond-Lasnier et aux autres espaces de la Maison de la culture avaient coûté plus de 10 M $, subventionnés aux deux tiers.

La région avait bien besoin d’une annonce comme celle-là. Et parce qu’elle touche une infrastructure aussi notoire et aussi ancrée dans l’identité de la région, qui est en soi un produit d’appel culturel et touristique majeur, c’est un sacré bon coup. À plus forte raison lorsqu’il est nécessaire de relancer l’économie après une pandémie paralysante.

La salle J.-Antonio-Thompson avait bien besoin d’un peu d’amour. Ils sont loin les Félix remportés à trois reprises (1988, 1989 et 2001) pour la salle de spectacles de l’année. Et en faisant le choix de préserver et de mettre en valeur ce joyau – ou cet écrin, pourrait-on dire également –, les autorités ont fait preuve d’une grande lucidité et d’une réelle sensibilité envers le patrimoine bâti existant.