Un jour, ce sera mon tour

Finir ses jours dans la dignité ou souffrir inutilement de façon atroce? Voilà la question.
Les opinions sont partagées et c'est tant mieux. Les arguments permettent de mieux cerner le débat. En titre, l'article éclairé et intéressant de Pierre Letendre dans ces pages, le 17 mars.
Ce dernier, qui s'inscrit contre la loi visée, s'en remet toutefois beaucoup trop à mon avis, à l'amélioration souhaitée des soins palliatifs pour réduire de façon marquée la souffrance des êtres humains en fin de vie.
Une approche remarquable par des gens formidables, mais nettement insuffisante. Moins impressionnant par contre, le texte indélicat, voire agressif, de Jocelyne Martel, la veille.
Cette lectrice crie sa honte aux experts favorables à l'idée de la loi visée. Elle les qualifie d'égocentriques. Une faible et injuste opinion de ces spécialistes dans diverses disciplines qui eux aussi, étudient le dossier afin de mieux y voir clair.
Personnellement, ça ne me sourit pas du tout de prolonger ma vie de quelque temps dans des souffrances qui peuvent être atroces, en raison notamment de considérations religieuses. Je pense aussi à mes proches qui seraient les témoins impuissants de ces moments terribles.
Que l'on m'accorde donc la pitié en favorisant la dignité lorsque ma vie sera écoulée: parce qu'un jour, ce sera mon tour.
Roger Matteau
Shawinigan