Un élan d'insolence

En réaction au texte d'André Désilets intitulé «Histoire et frustrations», publié dans notre édition du 8 mai dernier.
À la lecture de la lettre d'opinion parue le 8 mai, je constate que l'auteur doté d'un grand esprit et d'une grande connaissance de l'histoire, semble en vouloir à quelques braves personnes qui ont consacré une partie de leur vie à la libération et à l'égalité de la femme. 
Si mon interprétation de ces élans d'insolence est bonne, la bataille des Janette Bertrand, Lise Payette, Andréa Richard et autres, n'aurait pas dû se faire. Pour préserver le droit romain, le Code Napoléon et la prédication de l'évangile - ce sont ses termes -, nos filles, conjointes et mères feraient mieux de multiplier les accouchements, entre deux réalités d'hier, soit les chaudrons et l'obéissance. Sinon, gare à vous mesdames! 
L'auteur poursuit: «l'on évite ou refuse d'envisager les vérités de foi... Serait-ce que la croyance en Dieu signifie à tout jamais la supériorité de l'homme? Face à une telle probabité, je préfère l'athéisme».
Monsieur Désilets, de sa hauteur de mâle, en rajoute: «Dommage que nos concitoyennes convaincues de leur droit à dire n'importe quoi, qui témoigne d'une incapacité à comprendre...» Comprendre quoi? Que la soumission est une vertu? Que l'évolution de la condition féminine est un crime contre le catholicisme? Si tel est le cas, facile à comprendre pourquoi les églises se sont désertées. 
Bravo mesdames Bertrand, Payette et Richard. Sans l'implication de gens comme vous, on prononcerait encore longtemps cette phrase macho: derrière tout homme il y a une femme.
Roger Matteau
Shawinigan