François Ouimet

Un congédiement odieux

C’est odieux la façon dont le premier ministre, Philippe Couillard, a congédié un de ses fidèles députés, François Ouimet, de la circonscription de Marquette.

Il y a un dicton chez les anglophones qui va comme suit: «Ce n’est pas ce que l’on dit qui est important, mais plutôt la façon dont on le dit». C’était émouvant d’entendre M. Ouimet en point de presse nous informer qu’il n’a su que quelques heures avant l’investiture qu’il était remplacé à la dernière minute par Enrico Ciccone. Il s’est dit trahi par Philippe Couillard qui lui avait donné parole qu’il n’avait pas à s’inquiéter pour sa future candidature. Après 24 ans de loyaux services pour son parti, voilà qu’il est remercié de façon barbare.

En explication en point de presse par la suite, M. Couillard nous a donné des raisons boiteuses concernant sa décision. À mon sens, il a fait une chirurgie non réussie au sein de son parti et dans la population, ce qui donnera des complications postopératoires aux prochaines élections. Le «timing» n’était vraiment pas opportun.

Récemment,en réponse à des journalistes qui lui demandaient ce qu’il ferait s’il n’était pas réélu, il a répondu qu’il se chercherait une troisième carrière. J’espère qu’il a commencé ses démarches.

À la sortie du Parlement, quelques membres de son caucus ont été interrogés et avec des balbutiements, ils ont suivi la ligne du parti en protégeant leur chef. Quant à ce dernier, c’était la première fois que je le voyais se dévoiler par son langage du corps, il se grattait le front à plusieurs reprises et son teint a rougi. Des tics nerveux, je suppose...

Je comprends le cynisme des gens face aux politiciens. Plusieurs n’iront pas voter le 1er octobre. Il ne faut pas prendre le geste d’aller voter comme une obligation civique, mais plutôt comme un privilège démocratique. C’est la seule journée en quatre ans où on a notre mot à dire. Il faut voter non pas pour le meilleur, mais pour le moins pire. M. Couillard nous a aidés en donnant le rôle de premier ministre à François Legault sur un plateau d’argent après s’être tiré dans le pied. Quant à M. Lisée, il est en train de faire ses classes.

Jocelyne Bruneau

Trois-Rivières