Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur
Vendredi, le premier ministre François Legault n’a eu d’autre choix que de réagir au tollé provoqué par cette situation incongrue. Les activités parascolaires regroupant des élèves de «bulles-classes» différentes pourront reprendre le 14 septembre si le nombre de cas de COVID-19 dans la province n’augmente pas de manière significative et s’il est établi que les protocoles sanitaires sont adéquats.
Vendredi, le premier ministre François Legault n’a eu d’autre choix que de réagir au tollé provoqué par cette situation incongrue. Les activités parascolaires regroupant des élèves de «bulles-classes» différentes pourront reprendre le 14 septembre si le nombre de cas de COVID-19 dans la province n’augmente pas de manière significative et s’il est établi que les protocoles sanitaires sont adéquats.

Un compromis acceptable

ÉDITORIAL / Ce n’est peut-être pas la volte-face que plusieurs espéraient, mais l’annonce de la reprise des activités liées aux programmes de sports-études, d’arts-études et au cadre parascolaire pour le 14 septembre est un compromis acceptable dans les circonstances.

Il y a de ces commotions que le gouvernement ne voit parfois pas venir et celle causée jeudi par la précision du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge concernant la suspension de ces activités avait pris des proportions considérables. La volonté de protéger l’intégrité des fameuses «bulles-classes» dans les écoles pour réduire les risques de transmission de la COVID-19 allait avoir un impact sur les programmes de sports-études, d’arts-études et sur les activités parascolaires, et ce, même si on se retrouvait dans une situation d’incohérence flagrante.

Les jeunes qui font du sport dans des associations ou des ligues «civiles» pouvaient continuer à le faire selon les règles sanitaires établies, mais ceux qui font du sport à l’école doivent attendre que soit levée la suspension de ces activités. Même chose pour les activités culturelles ou parascolaires. C’était deux poids, deux mesures.

De plus, ces sacro-saintes «bulles» qu’on veut protéger étaient déjà bien perméables en raison du retour des enfants dans leurs familles ou encore de la pratique d’activités avec des amis en dehors des heures d’école.

Mais vendredi, le premier ministre François Legault n’a eu d’autre choix que de réagir au tollé provoqué par cette situation incongrue. Les activités parascolaires regroupant des élèves de «bulles-classes» différentes pourront reprendre le 14 septembre si le nombre de cas de COVID-19 dans la province n’augmente pas de manière significative et s’il est établi que les protocoles sanitaires sont adéquats.

Le plus désolant, dans tout ça, c’est que la plupart des établissements s’étaient préparés pour que de telles activités puissent se tenir à peu près normalement, avec un cadre sanitaire strict. La valse-hésitation des derniers jours a provoqué tout un branle-bas dont les équipes-écoles auraient pu se passer. Surtout dans un contexte de rentrée aussi particulier que cette année.

Au moins, ce retour à la cohérence prévu pour la mi-septembre permettra à beaucoup d’élèves de retrouver une source de motivation dont ils auraient été trop longtemps privés. On pense aux équipes sportives, mais aussi aux harmonies musicales, au théâtre parascolaire et à tant d’autres activités qui constituent un repère ou un refuge pour bon nombre de jeunes. Pour certains, c’est même une raison de rester accrochés à l’école.

Le directeur national de la Santé publique, Dr Horacio Arruda, faisait remarquer vendredi que la pratique du sport est aussi essentielle pour lutter contre la sédentarité et ses risques sur la santé physique, et pour favoriser la réussite scolaire. Au Québec, ce sont plus de 8500 élèves qui sont inscrits à des programmes de sports-études, tandis que le sport parascolaire rejoint 220 000 jeunes. C’est majeur.

D’ici la reprise envisagée des activités sportives et culturelles impliquant des élèves de «bulles-classes» différentes, il faut souhaiter que les élèves qui y sont inscrits prennent conscience du privilège qui leur est accordé, de la nécessité de se protéger adéquatement et de protéger aussi leurs camarades d’activités. Parce que la pire chose qui pourrait arriver, peut-être encore plus cruelle que de retarder le début de ces activités, serait de devoir les interrompre abruptement parce qu’on observerait des éclosions ou même un certains laisser-aller dans l’application et le respect des règles sanitaires.

La décision de devancer le retour des activités sportives et parascolaires s’imposait. Surtout quand on observe la forte mobilisation pour le maintien de celles-ci, tant dans les écoles que chez les jeunes et leurs parents.

Dans un cas comme celui-là, on ne reprochera pas au gouvernement Legault de gouverner selon les états d’âme de la population. C’était simplement une question de cohérence et de gros bon sens.