Un cadeau empoisonné

Ce devait être un dossier simple, selon le notaire...
C'était sans compter sur «l'administratite» aiguë de nos gouvernements.
Résumons: nous sommes cinq frères et soeurs, nos deux parents sont décédés l'an dernier à quatre mois d'intervalle. Maman, en mai, ne possédait pas de testament. Papa s'est empressé (merci, papa!) d'en produire un quand il a vu toutes les embûches que l'on a rencontrées avec le décès de maman. 
Malheureusement, il l'a suivie rapidement en septembre. Nos parents ne possédaient pas de biens immobiliers, ils demeuraient en résidence et ne recevaient que les pensions du gouvernement.
Saviez-vous que le gouvernement québécois «donne» une rente de survivant lors d'un décès? Ne vous réjouissez pas trop vite! C'est calculé selon le temps de cotisation au RRQ avec un maximum de 2500 $. 
Comme maman nous a élevés pendant plusieurs années avant de retourner sur le marché du travail, papa n'a reçu qu'une infime partie de cette somme. Il est à noter que ce montant est dédié à l'aide aux frais funéraires et qu'il est imposable! 
Lors du décès de papa, le montant a été envoyé à la succession, via le notaire. Cet argent a été déposé dans un compte de succession, les déclarations d'impôt faites - deux pour maman, deux pour papa et deux pour la succession - par un comptable. Tous les frais ont été payés mais pas avec ce montant. 
Et l'attente commence... On attend, on attend... Les mois s'écoulent et on attend... On attend quoi? L'avis de cotisation de l'impôt de succession pour un montant de 2500 $ imposable! Nous sommes cinq. Faites le calcul! 
Après impôts, frais de comptable, frais de notaire... Bien sûr, ce n'est pas le seul montant inclus dans la succession, mais c'est ce montant ridicule qui fait traîner en longueur ce dossier simple! Pourquoi ne pas déduire à la source? 
Ou plus simplement le donner vraiment!? 
Je vous le dis: c'est un cadeau empoisonné. 
Johanne Hamel-Payette
Shawinigan