La manifestation du 4 mai 2012 à Victoriaville: on blâme un peu vite les policiers.

Tu passes presque pour un héros si tu t'attaques à un policier

Depuis quelques mois, les travaux de la Commission Ménard se déroulent sur le travail des policiers lors du printemps 2012. Près de 140 entrevues, beaucoup par des représentants d'associations étudiantes, la présence de corps policiers ainsi que 88 mémoires et avis. La question sur les lèvres de bien des gens: la police a-t-elle agi à l'intérieur de son mandat et a-t-elle démontré une attitude trop répressive lors de ces manifestations?
Les médias sociaux se sont emparés rapidement des vidéos mettant en situation policiers et citoyens. Que l'on pense à l'épisode du 4 mai 2012 à Victoriaville, au matricule 728 et à l'incident entre un policier et un itinérant à Montréal, en ne présentant trop souvent que les derniers moments des interventions policières, sans montrer les secondes qui ont précédé.
Nous serions probablement témoins de vandalisme et de violence causés par les manifestants eux-mêmes si l'on voyait la totalité des vidéos. D'ailleurs, je souhaiterais que les policiers aient leur propre caméra pour filmer ces incidents.
On se souviendra qu'au beau milieu du conflit étudiant, en avril 2012, des voix s'étaient élevées pour inviter les jeunes à un retour en classe et permettre une discussion de fond. Je parle de l'ex-ministre Claude Castonguay, le même qui s'est exprimé lors de la Commission Ménard, parlant de la voie de la médiation comme l'alternative à ce qui s'est déroulé lors des «manif» du printemps 2012. Or, dans la médiation, il n'y a pas de perdant, ni de gagnant. Peut-être une belle théorie... mais en pratique.
Ça s'peux-tu que des gens qui haïssent les policiers, et par extension, toute forme d'autorité, crachent sur ces personnes? Je rafraîchirai notre mémoire sur le discours d'un Gabriel Nadeau-Dubois, représentant de la CLASSE qui allait jusqu'à commander à ses troupes la désobéissance civile envers le gouvernement lors du conflit étudiant: quelle attitude irresponsable, inacceptable! Avec de tels propos, oubliez la médiation possible pour calmer le jeu.
On en est venu avec l'incident du matricule 728, de l'épisode du 4 mai 2012 à Victoriaville à verser dans l'irresponsabilité, dans la banalité même. Faudrait que la police laisse aller les choses, soit «cool». Tu passes presque pour un héros si tu t'attaques à un policier!
Le Service de police de la Ville de Montréal a reconnu des gestes déplacés, démesurés qui entraînent des mesures disciplinaires. Faut dire que les situations rapportées ne représentent pas la philosophie de l'ensemble des corps policiers.Il existe aussi le code de déontologie pour dénoncer quelque événement malheureux entre policiers et citoyens. Les policiers ne sont pas des Robocop; ce sont des êtres humains avec des forceset des faiblesses comme vous et moi.
Dans la foulée des événements du printemps 2012, Jean-Claude Hébert, criminaliste reconnu au Québec, avait qualifié l'intervention policière de correcte, compte tenu également du nombre de manifestations tenues ( 700 entre le 13 février et le 7 septembre 2012).
Je vis encore au Québec en 2014, dans une société de droit, ce qui signifie avoir des droits et des responsabilités et j'ai confiance au travail de ceux qui assurent notre sécurité. Nous ne pouvons pas continuellement remettre la faute sur les autres et ne pas assumer les conséquences de nos actes. Qui sème la violence, récolte la violence. Qui sème le respect, récolte le respect.
André Gendron
Shawinigan-Sud