La pataugeoire du parc Jean-Béliveau

Trois-Rivières: où est la vision d'ensemble?

J'avoue que j'ai été carrément renversé de constater que la Ville a envisagé d'imposer des coûts d'entrée pour la fréquentation de la pataugeoire du parc Jean-Béliveau.
On parle ici d'une pataugeoire essentiellement fréquentée par des enfants... Le maire Lévesque a alors osé déclarer que la fin de la gratuité émanait de la réglementation de Québec. Mensonge. Car Le Nouvelliste nous a appris qu'une douzaine de villes au Québec, certaines plus grandes, d'autres équivalentes, et certaines plus petites que Trois-Rivières, permettaient l'accès gratuit à leurs piscines et pataugeoires publiques.
Québec n'a jamais exigé l'imposition de tels tarifs; Québec veut plutôt s'assurer de la sécurité entourant les lieux de baignade publics. Et le maire explique ce virage boutte-pour-boutte en justifiant qu'il n'avait appris que lundi que la pataugeoire du parc des Chenaux était gratuite!
Écoutez: ça fait 16 ans qu'il est maire et il a appris cela un matin de cette semaine! Peut-être aurait-il dû se renseigner avant de justifier l'imposition de tarifs prévue pour la pataugeoire du parc Jean-Béliveau.
Et, dans sa «magnanimité», il a d'abord envisagé de demander la moitié des coûts prévus qui correspondaient à ceux exigés pour la fréquentation de la grande piscine de l'Expo. Par bonheur, le Conseil a viré de bord in extremis et la gratuité est revenue comme par enchantement.
Cette saga vient encore une fois démontrer que notre Ville est administrée à la petite semaine, sans vision d'ensemble. L'abandon du Cap en est un autre exemple. Ici, c'est l'impulsivité, l'improvisation, qui nous enferment dans des entonnoirs, essentiellement Trois-Rivières sur Saint-Laurent et le fameux District 55, qui dévorent littéralement de l'argent public, notre argent, au détriment de l'ensemble de la Ville. 
Justement, ce qui m'a scandalisé le plus dans cette tentative d'arracher quelques piastres aux citoyens résidant dans un secteur où il y a tant de besoins, c'est qu'en même temps, la Ville brûle des centaines de milliers de dollars pour son amphithéâtre: pour des systèmes de son à répétition, soi-disant plus performants les uns que les autres, pour des pare-intempéries, pour des jeux d'eau excentriques, et pire, pour des soirées VIP avec petits fours et bouteilles de vin servis à profusion, afin de recevoir des personnes qui n'ont même pas versé une cenne pour assister aux spectacles...
Spectacles, j'ose le dire, car j'y suis allé l'an dernier, dont la promotion est surfaite. Car, au fond, pour 100 $, on vous présente quoi? Des acrobates de la relève, qui s'exécutent sur de la musique pré-enregistrée. Est-ce normal, dans un hommage à Plamondon, que l'on ait devant nous sur la scène, ni orchestre live, ni interprète réputé ayant fait au cours des ans les grands succès de cet auteur?
Devant une gestion publique aussi désordonnée, dépourvue d'une véritable vision d'ensemble, où les justifications et explications farfelues se bousculent les unes les autres, le maire Lévesque, dans une jolie entourloupette démagogique, «promet» que son prochain mandat sera son dernier.
Pour moi, la question n'est pas de savoir si je le crois ou non; ce que je crois, moi, c'est que ce n'est pas à un élu de déterminer le nombre de mandats qu'il fera. C'est aux citoyens électeurs de décider si oui ou non ils réélisent un maire sortant. Et pour ma part, en tant que Trifluvien engagé, je considère que le dernier mandat du maire Lévesque devrait se trouver derrière lui.
Guy Godin
Trois-Rivières