Les conseillers de la Ville de Trois-Rivières ont vu leur tâche modifiée après les nominations aux différents comités.

Trois-Rivières a un drôle de père Noël!

Au conseil municipal, Noël a eu lieu quelques jours avant la vraie fête. Comme chaque année, les enfants sages ont assisté au dépouillement de l'arbre de Noël. Certains, sans même avoir fait de liste, ont reçu les plus gros joujoux. D'autres se sont plutôt retrouvé avec un jouet dont un ou deux morceaux manquaient. Quelques boîtes vides n'ont jamais été ouvertes et un échange de cadeaux de dernière minute a été réalisé. Voilà! Le père Noël venait de juger les enfants selon qu'ils aient écouté ou non pendant l'année, et avait décidé qui de ces enfants étaient dignes de recevoir ses bonnes grâces. Mais écouté qui? Lui?
Dans une entrevue radiophonique faisant suite aux nominations controversées des différents comités de la Ville, le conseiller Jean-François Aubin a dit ne pas vouloir en faire un téléroman. Il a parfaitement raison, puisque le fait d'en faire un téléroman signifierait que cette situation déplorable se rapprocherait de la fiction plutôt que de la réalité. Or, à Trois-Rivières, le père Noël existe. Toutefois, il a une drôle de façon de faire sa distribution de cadeaux. 
Dans son éditorial La carotte et le bâton, Martin Francoeur décrit de façon réaliste le contexte dans lequel baignent les conseillers et les conseillères de Trois-Rivières en ce qui a trait à certaines procédures politiques. Il traduit bien le fait que le dévoilement de la composition des principaux comités se ferait selon l'humeur du maire, et qu'à l'endroit où nous devrions retrouver le gros bon sens et les affinités se devinent du favoritisme, des récompenses et des punitions. 
La réalité, c'est que dans les faits, notre père Noël de Trois-Rivières n'a aucun critère sur lequel se baser pour juger du travail de ses conseillers et conseillères. Aucune règle formelle n'a été établie pour déterminer qui devrait siéger ou non sur un groupe de travail, une structure informelle dont les mandats sont approximatifs et qui sont formés d'élus «désignés» par le maire (selon une demande d'accès à l'information). Vu de l'extérieur, on ne peut que constater que certains reçoivent de beaux cadeaux, et que d'autres non. Que le salaire de certains augmente, alors que d'autres se font retirer des activités où ils se plaisaient, sans même être consultés. 
Cette année, ce fut le cas de Jean-François Aubin, dont la responsabilité de deux importants comités a été retirée. Bien sûr, on lui en a attribué trois autres le lendemain, mais ce qu'on ignorait à cet instant, c'est que ces comités avaient préalablement été attribués à Pierre-Luc Fortin, lequel a alors refusé ces nominations faute d'avoir été consulté (l'échange de cadeaux). 
Le maire peut dire ce qu'il veut, se vêtir du plus beau costume de père Noël, il reste que les conseillers qui ont le plus posé de questions, qui ont osé s'opposer à certains projets et dont on a entendu le plus parler sont ceux qui écopent aujourd'hui. Il est inacceptable provenant d'un père Noël censé veiller au bon fonctionnement de sa ville d'utiliser la punition et la menace pour se faire écouter. Les élus méritent de la reconnaissance, du respect, et minimalement d'être consultés et informés des décisions qui les concernent. 
Et les boîtes vides ? Deux comités, soit celui de vérification et celui sur le développement durable, ne sont plus opérationnels faute d'y avoir nommé des membres depuis plusieurs années, a-t-on appris, encore par demande d'accès à l'information. Est-ce donc que le père Noël ne juge pas ces comités assez importants pour les offrir en cadeaux à ses membres du conseil? Le développement durable... il nous semble qu'avec le peu d'éloges envers la ville à ce sujet ces dernières années, ce comité aurait tout intérêt à reprendre de ses activités.
Il est grand temps que la Ville de Trois-Rivières questionne l'existence de certains comités, qu'elle revoie les règles de fonctionnement et la durée des mandats et enfin, qu'elle assure une réforme du mode de nomination de tous les membres (élus et non élus) des comités et groupes de travail de sorte que le père Noël ne soit pas le seul à prendre toutes les décisions. 
Joan Hamel
Valérie Renaud-Martin
Trois-Rivières