Très péniblement...

Loin de moi l’idée de vous faire pleurer sur mon sort. Je sais bien qu’il y a des personnes qui vivent des situations pires que la mienne. J’écris surtout pour dénoncer humblement les choses que certains d’entre vous vivent probablement sur l’aide sociale au quotidien.

Oui, présentement, je vis de l’aide sociale. Et, je peux vous dire que je ne trouve pas cela très drôle. J’ai toujours travaillé, depuis l’âge de 17 ans. J’ai donné ma santé à mes ex-employeurs. Aujourd’hui, ma santé m’empêche de le faire, je dois marcher avec une canne et mes genoux sont «scraps».

J’avais un bon travail et je vivais bien financièrement et psychologiquement. Aujourd’hui, je dois me résigner à vivre avec 9000 $ par année et je dois passer par le peu d’orgueil qu’il me reste pour aller chercher quelques denrées alimentaires à toutes les semaines.

Je n’ai pas vraiment le choix, tout est devenu tellement cher, que je n’arrive plus à payer toutes mes factures, et ce, même si je fais très attention à mon budget. Je ne sors jamais, sauf quelques fois pour entretenir ma petite maison et mon terrain. Oui, une petite maison que j’ai pu me payer à la sueur de mon front en travaillant 60 heures par semaine.

Je dépense un gros 5 $ par semaine d’essence pour aller me chercher un peu de viande dans un marché d’alimentation et c’est tout.

Psychologiquement, ce n’est pas le «party» dans ma tête. Je vis presque comme un ermite dans mon petit «bunker». Mes voisins doivent se poser des questions, mais ce n’est pas grave. Je les laisse penser et je m’en fous un peu. J’ai presque toujours travaillé avec le public, mais aujourd’hui j’essaie d’éviter de parler du sujet de l’aide sociale de vive voix à quelqu’un; il y a encore des personnes avec plein de préjugés à notre égard.

Et pourtant, s’ils savaient que ce n’est pas si drôle que cela la vie au quotidien. Parfois j’ai envie de mettre quelqu’un à ma place…

Claude Béland

Notre-Dame-du-Mont-Carmel