Trente médecins rattachés au département de médecine d’urgence de Trois-Rivières prennent la parole pour soutenir le projet de transformation de l’urgence du centre Cloutier-du Rivage en clinique de proximité. Ils estiment que la population sera mieux servie par ce changement.

Trente médecins en faveur du changement

OPINIONS / Les auteurs sont des médecins rattachés au département de médecine d’urgence de Trois-Rivières. Ils pratiquent aux urgences du CHAUR et du centre Cloutier-du Rivage.

En tant que médecins d’urgence, nous tenons à exprimer publiquement notre soutien à la transformation de l’urgence Cloutier-du Rivage en clinique de proximité. Nous sommes témoins tous les jours des soins qui y sont dispensés, c’est pourquoi nous croyons être en bonne position pour évaluer les enjeux en cause.

Depuis plusieurs années, nous desservons la clientèle qui vient consulter à l’urgence Cloutier-du Rivage. Nous constatons que, dans la grande majorité des cas, les problématiques rencontrées ne nécessitent pas les ressources d’une salle d’urgence. On y retrouve des conditions chroniques, des situations psychosociales complexes, des suivis (nécessaires) de conditions aiguës pour lesquels le patient ne connaît pas d’autres options que d’aller «à l’urgence».

Les personnes qui consulteront à Cloutier-du Rivage dans le futur constateront rapidement qu’elles seront mieux servies par la nouvelle clinique, qui offrira plus de services. Garder un point d’accès facilement accessible pour la population vulnérable du secteur Cap-de-la-Madeleine est essentiel. Ces patients ont besoin de soutien, de conseils, de suivi, d’écoute et, surtout, de temps.

Bien humblement, comme médecins d’urgence, nous ne prétendons pas être les meilleurs dans ce type de prise en charge. Une équipe multidisciplinaire axée sur l’approche des infirmières praticiennes spécialisées, soutenue par des médecins de famille, saura mieux répondre aux besoins de cette clientèle.

Cette approche, basée sur les meilleures pratiques, permettra de faire de l’éducation et de la prévention auprès des clientèles vulnérables, ce qui aura un impact important sur leur qualité de vie.

Garder ouverte une salle d’urgence fonctionnelle, avec tout ce que cela implique en ressources humaines et matérielles, coûte cher. Lorsque celles-ci sont sous-utilisées, comme à l’urgence Cloutier-du Rivage, on se dit que cet argent et ces ressources seraient mieux mises à profit dans d’autres points de service du CIUSSS, autant à l’urgence régionale de Sainte-Marie que dans une clinique de proximité.

En tant que médecins d’urgence, nous travaillons à offrir des soins et traitements respectant des standards de qualité bien établis. Une urgence recevant un haut volume de patients permet, entre autres, d’avoir plusieurs médecins prêts à travailler en équipe en situation critique. Cela permet aussi d’acquérir et de maintenir des équipements à la fine pointe de la médecine moderne.

Finalement, et principalement, la prise en charge adéquate des patients dépend grandement des ressources disponibles à l’hôpital. Un grave accidenté en hémorragie interne aura besoin d’une équipe de chirurgiens. Une dame avec un infarctus aigu aura besoin d’une intervention spécialisée urgente en cardiologie. Un patient avec une infection sévère aura besoin d’être pris en charge aux soins intensifs. Dans tous ces cas, chaque minute compte.

Nous considérons donc qu’il est trompeur pour la population d’appeler l’urgence Cloutier-du Rivage «une salle d’urgence», puisque d’aller là-bas pour ces problèmes menaçant leur vie retardera leur traitement ou intervention spécialisée, qui ne sont souvent pas disponibles sur place.

S’afficher comme une salle d’urgence implique la promesse d’un certain standard de soins. Nous croyons que les gens sauront mieux orienter leurs consultations si les options offertes sont établies avec clarté et transparence.

Pour toutes ces raisons, nous croyons que la population sera mieux servie par ce changement. Le bon patient, au bon endroit.

Marie Bélanger-Martin, Diane Bernard, Amélie Boucher-Pilon, Karine Bouillon, Marie-Claire Carroll, David Claveau, Charles Couturier, Pierre-Luc Dazé, Gabriel DesRosiers, Sarah-Jeane Dumont-Delorme, Marilou Duval, Elise Fortier, Marianne Gauthier, Raphaëlle-Marianne Gauthier, Émilie Gouin, Valérie Juneau, Sébastien Lampron, Jérôme Landry-Désy, Antoine Lapointe, Étienne Laroche, Philippe Lavallée, Annie Laverdière, Audrey Lavoie-Cossette, Charles Néron, Marie-Michèle Normandin, Évelyne Papillon, François Parent, Simon Pedneault, Alexia Pichard-Jolicoeur, Mathieu Riopel, Samuel Rioux, Olivier Roy