Stéphan Frappier
Le Nouvelliste
Stéphan Frappier

Tensions municipales

ÉDITORIAL / On ne peut pas dire que c’est le calme plat dans certaines municipalités de la région ces jours-ci. On peut même déjà s’attendre à des batailles épiques et des discussions animées en vue des prochaines élections municipales prévues dans un an. Des maires bien en selle devront visiblement affronter un bon vent de face et sortir leurs plus beaux arguments s’ils veulent être réélus.

C’est le cas à Saint-Alexis-des-Monts où le maire Michel Bourassa est sur la sellette à la suite de l’abolition du poste de Mme Thérèse St-Onge, une secrétaire-trésorière adjointe aux services de la municipalité depuis plus de 30 ans et grandement impliquée au sein de sa communauté. Le conseil municipal justifie cette décision par une gestion responsable en cette période de pandémie.

Deux anciens maires de la petite localité, Roger Landry et Jean-Paul Diamond, voient les événements d’un autre œil. Ils ont écrit une lettre aux citoyens de la place au cours des dernières semaines pour dénoncer vivement la mise à pied de cette dame de 77 ans. Ils n’hésitent pas à parler d’âgisme et promettent de le rappeler aux citoyens à l’aube des prochaines élections. On apprenait cette semaine que Mme St-Onge a elle-même déposé une plainte aux Normes du travail.

Bref, le dossier prend beaucoup d’ampleur et pourrait même avoir des répercussions à la grandeur de la province. Le maire Bourassa aurait-il pu agir avec plus de délicatesse et de considération dans ce dossier? A-t-il vraiment fait preuve d’âgisme? Les questions sont à tout le moins lancées et il est fort probable qu’elles se retrouveront au centre de la prochaine campagne électorale.

Pendant ce temps, à La Tuque, la vie n’est pas plus facile pour le maire Pierre-David Tremblay. Mais là, le principal concerné n’est visiblement pas le plus facile à faire reculer. On se rappellera que le Directeur général des élections a rendu une décision, cet été, dans laquelle on apprenait que le maire latuquois qui possède son adresse civique à La Bostonnais (en fait, le terrain de sa résidence est à cheval sur les territoires de La Tuque et de La Bostonnais) n’était pas techniquement éligible aux dernières élections municipales. Aucune sanction n’a été appliquée, mais on lui demande de se conformer en vue des prochaines élections. Le maire Tremblay, lui, répète qu’il ne déménagera pas. C’est l’impasse.

Cette semaine, le maire Tremblay a une fois de plus «sévi» en excluant le conseiller Luc Martel des séances privées du conseil municipal. Il qualifie M. Martel «d’opposition officielle». Exclure ainsi un élu des activités officielles d’un conseil municipal, faut le faire! Disons que c’est limite. Or, Pierre-David Tremblay n’entend visiblement pas à rire quand son autorité et ses positions sont remises en question. La conseillère démissionnaire Caroline Bérubé en a rajouté une couche, jeudi, en mentionnant que la gestion du maire ressemblait «à une dictature». Elle a porté plainte pour intimidation à la Commission municipale du Québec.

Le style de gestion autoritaire et inébranlable du maire Tremblay a eu des effets positifs par le passé. Sa gestion territoriale intransigeante lors de la première vague de la pandémie, qui a permis à La Tuque de faire partie des régions les moins touchées au Québec, a notamment été exemplaire. Cela ne lui donne évidemment pas tous les droits et il sera intéressant de voir les conclusions de l’enquête de la Commission municipale du Québec et, surtout, le sort que lui réservera l’électorat latuquois le 7 novembre 2021.

Il sera aussi intéressant de voir ce que l’avenir réserve au maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay, qui a récemment reçu une suspension de 10 jours pour des propos émis lors de l’assemblée publique du 4 novembre 2019: «Il y en a qui regrettent peut-être d’avoir voté, il y en a peut-être bien qui n’étaient pas dans leur assiette, qui étaient dans leur période ce soir-là», avait-il bêtement lancé lors de cette assemblée particulièrement houleuse.

«Ce sont des propos qui n’avaient pas leur place», reconnaît aujourd’hui le maire, qui espère évidemment que ses électeurs auront oublié tout ça dans une douzaine de mois.

Les conseillers qui n’arrêtent pas de démissionner et un maire de plus en plus contesté à Saint-Élie-de-Caxton, un nouveau parti qui fait son apparition à Trois-Rivières, des allégations d’intimidation au conseil de Saint-Édouard-de-Maskinongé, Saint-Léonard-d’Aston qui n’a plus de maire depuis plusieurs semaines... Visiblement, les prochaines élections municipales seront tout sauf ennuyantes à l’automne 2021.