Santé: que nous réserve l'avenir?

Le dossier des laboratoires du CHRTR risquant d'être transférés vers Sherbrooke et qui ne le seront pas est l'occasion de résumer où nous en sommes après 17 ans de chamboulement.
La réforme de la santé a été initiée par Jean Rochon, ministre de la Santé, et soutenu par l'ex-premier ministre Lucien Bouchard. Il est important de souligner que cette réforme a été faite sans consultation aucune. De plus, le gouvernement de Lucien Bouchard n'a jamais eu le mandat de procéder à ce chamboulement, à ces coupes et à ces départs du personnel soignant.
Le but premier était de récupérer de l'argent et de réaffecter ces sommes dans une nouvelle façon de faire devant moderniser les soins de santé et les rendre plus efficients: le virage ambulatoire. Faire mieux et autrement avec les mêmes budgets. L'argent coupé ne sera hélas jamais réinjecté et la santé sera en crise. La population inquiète se fera dire que tout devrait rapidement se résorber. Voici un bref rappel des événements qui ont suivi.
Fermeture de plusieurs hôpitaux dans les régions depuis 1997. Désinstitutionalisation, virage ambulatoire avec des CLSC pas prêts et qui d'ailleurs n'occuperont jamais le rôle promis et attendu. Départ massif prématuré et forcé de quinze mille médecins et infirmières à la retraite. Dix-sept ans après, une personne sur deux n'a toujours pas de médecin de famille.
Services de plus en plus engorgés, urgences qui débordent et personnel pressurisé qui tombe malade et quitte. On redirige certains patients vers les groupes communautaires de bénévoles comme les aidants naturels, associations des cardiaques, des traumatisés crâniens, des diabétiques qui avec peu de budget, peu de ressources et constamment en quête annuelle pour survivre font de leur mieux.
Dès 1997, les médias commencent à faire la liste des urgences débordantes à éviter et ça perdure depuis. L'apparition plus fréquente de problèmes importants d'hygiène et de salubrité, C. Difficile, à cause de relâchements et de coupes. Salles d'opération engorgées et non disponibles pour les spécialistes. Nombreuses chirurgies reportées. Listes d'attente de plus en plus longues et dans certaines spécialités, rien ne se résorbe encore. Création de nombreuses fondations et campagnes de financement pour recueillir des fonds pour aider à moderniser et donner de meilleurs services dans les hôpitaux en raison du manque d'investissements gouvernementaux.
Pourtant, depuis Jean Rochon, les ministres de la Santé se succèdent disant prendre le problème au sérieux et promettant de régler ces encombrements et retards inacceptables qui causent de sérieux préjudices à la santé, au bien-être et à la vie.
Dix-sept ans après, les listes d'attente pour des examens et des chirurgies sont encore aussi longues et sinon plus longues et dans des secteurs pourtant urgents. Que nous réserve l'avenir? Une autre promesse de ministre compatissant ou des mesures concrètes de redressement avant le vingtième anniversaire du grand chamboulement?
Louis Perron
Trois-Rivières