Saint-Samuel, une municipalité massacrée

Au croisement des autoroutes 20 et 955, la municipalité de Saint-Samuel regarde passer l'essor économique de sa région immédiate et n'en recueille que la poussière du trafic. À Sainte-Eulalie, Daveluyville et ailleurs, les parcs industriels se multiplient et s'animent rapidement. Saint-Samuel: rien. Le seul effet de ce boom industriel régional est que de vastes terrains résidentiels de la municipalité ont été rezonés comme parcs de stationnement de véhicules lourds.
Au beau milieu du village et du Domaine Thibodeau, du stationnement de camions lourds et remorques! Détruire le village et l'environnement a été la seule façon de ne pas perdre aussi ces entreprises. Ces camions transportent des marchandises d'ailleurs vers d'autres ailleurs. Les résidents n'ont que le vacarme de ce trafic jour et nuit. Adieu la paix rurale dont aiment parler les fonctionnaires et élus!
Saint-Samuel est un regroupement hétéroclite de domaines éparpillés surtout le long des rivières Bulstrode et Nicolet. Aucun lien social, économique ou organique autre que le compte de taxes ne relie ces îlots. Sous une administration précédente, un comité de développement avait été formé pour revitaliser le centre du village, créer un noyau. La Municipalité a alors acheté des terrains et mis de l'avant une politique facilitant l'accès à la propriété comme le font les municipalités environnantes. Ce projet a été bénéfique pour la municipalité et lui a donné quelques années de survie. 
La vente de terrains par la Municipalité a toutefois chassé les investisseurs privés qui n'ont pas le goût ni l'intérêt à se placer en compétition à un corps politique qui détient tous les pouvoirs. Le programme d'émulation à l'achat s'est terminé abruptement. Les terrains ont été vendus et la municipalité se retrouve devant rien, sinon le massacre de son noyau villageois.
Plusieurs chemins du village débouchent directement sur l'autoroute 955, sans bretelle. Les angles de vue du trafic font qu'il est très difficile d'évaluer la vitesse du camion lourd qui file pleins gaz sur l'autoroute. Une catastrophe est pendante à chacune de ces sorties et entrées sur une autoroute. C'est l'évidence.
Le Club Ravage, une entreprise présente à Saint-Samuel depuis 1990 et dont je suis propriétaire, est devenu récemment centre d'hébergement touristique. Le Club a connu un succès immédiat auprès des jeunes universitaires et accueille en quelques semaines plus de visiteurs qu'il y a de citoyens dans la municipalité. Le Club a proposé à la Municipalité une approche de croissance stratégique basée sur sa localisation à l'exact milieu du Québec avec accès à deux rivières très intéressantes. Une approche touristique pour faire revenir au village un minimum de services à la population comme aux visiteurs. 
Rien. La proposition a été dans un premier temps reléguée à une fonctionnaire à temps partiel puis rejetée par le conseil de ville sans la moindre étude. 
Pas de plan, perte d'identité, pas de vision stratégique, massacre des acquis, décisions douteuses... La municipalité de Saint-Samuel agonise. Est-il trop tard pour revitaliser? 
L'autre voie bénéficierait instantanément aux citoyens: scinder le territoire en deux le long de l'autoroute 955 et fusionner les parties avec Sainte-Eulalie et Sainte-Clotilde-de-Horton.
Tous y gagneraient en services, valeur de leur propriété et gestion compétente.
Jean Yves Ferland
Saint-Samuel