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La décision du président américain d’autoriser, en plein conflit, la vente d’armes d’une valeur de 735 millions de dollars à Israël était en parfaite continuité avec les décisions du précédent locataire de la Maison-Blanche et de ses prédécesseurs. Pourtant, un inconfort croissant chez les élus démocrates face aux agissements de l’État d’Israël semble se faire sentir.
La décision du président américain d’autoriser, en plein conflit, la vente d’armes d’une valeur de 735 millions de dollars à Israël était en parfaite continuité avec les décisions du précédent locataire de la Maison-Blanche et de ses prédécesseurs. Pourtant, un inconfort croissant chez les élus démocrates face aux agissements de l’État d’Israël semble se faire sentir.

Relation stratégique États-Unis-Israël: changement de ton au Capitole

Jean-Claude Landry
Jean-Claude Landry
Comité de solidarité/Trois-Rivières
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Lors du récent déluge d’une violence inouïe impliquant l’armée israélienne et les combattants du Hamas, l’administration américaine a maintenu l’habituelle position d’appui à Israël, évoquant son droit à exister et à se défendre. C’est pourtant la volonté de chasser de leur domicile six familles palestiniennes, à Jérusalem- Est, pour faire place à des colons juifs, en violation flagrante du droit international, et la dure répression des protestations en marge de ces évictions, qui sont à l’origine de la dernière passe d’armes.

L’attitude du président américain et sa décision, controversée, d’autoriser, en plein conflit, la vente d’armes d’une valeur de 735 millions de dollars à Israël étaient en parfaite continuité avec les décisions du précédent locataire de la Maison-Blanche et de ses prédécesseurs.

Mais en dépit de la position adoptée par l’administration Biden, plusieurs observateurs constatent un inconfort croissant chez les élus démocrates face aux agissements de l’État d’Israël à l’endroit de la population palestinienne. Ils voient également se développer une ligne de fracture au Sénat et à la Chambre des Représentants quant à l’attitude à adopter à l’égard d’Israël.

Le 13 mai denier, avant même que ne débute l’affrontement entre l’armée israélienne et les combattants du Hamas, l’influent quotidien israélien Haaretz rapportait que vingt-cinq élus démocrates de la Chambre des représentants avaient signé une lettre adressée au secrétaire d’État américain Antony Blinken, dans laquelle on l’exhortait à condamner publiquement l’expulsion prévue des familles palestiniennes et à faire pression pour que cesse ce genre d’action. La lettre ayant recueilli plus de signataires que ce à quoi on s’attendait, l’auteur de l’article y voyait l’indice d’une désapprobation grandissante, au sein du parti démocrate, vis-à-vis des évictions et des déplacements imposés à la population palestinienne pour y implanter des colonies de peuplement.

Il faut dire que la table avait, en quelque sorte, été mise quelques semaines auparavant par le prestigieux organisme «Human Right Watch». Dans un rapport d’enquête accablant sur les politiques et mesures appliquées à l’égard de la population palestinienne vivant en Israël et dans les territoires occupés, l’organisme a estimé que ces politiques constituaient des crimes d’apartheid et de persécution.

La réponse musclée de l’armée israélienne aux tirs de roquettes du Hamas n’a pas amélioré les choses. Les protestations se sont amplifiées au Congrès comme au Sénat devant le lourd coût humain subi par la population palestinienne, victime des représailles militaires israéliennes et devant l’attitude timorée de l’administration Biden. Jusqu’au président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Gregory Meeks, qui s’est interrogé sur le manque de transparence de la vente d’armes autorisée par le président, s’engageant à en faire un sérieux examen.

Les élus perplexes ne semblent pas être les seuls à s’interroger sur l’historique relation stratégique États-Unis/Israël. Le questionnement est aussi perceptible au sein d’influents cercles de la société américaine. En avril dernier, deux rapports alimentaient ce questionnement. L’un, issu du Carnegie Endowment for International Peace, dont sont issus plusieurs hauts responsables de l’administration Biden, suggérait la mise en place d’un nouveau cadre politique centré sur l’égalité des droits et la liberté pour les Palestiniens et les Israéliens. L’autre, publié par la Rand Corporation, institut plutôt conservateur, invitait le gouvernement à revoir sa stratégie politique en réduisant, entre autres mesures, le soutien militaire à Israël afin de diversifier ses appuis dans la région.

Si embryonnaire qu’elle soit, cette tendance naissante devrait se révéler préoccupante pour les dirigeants israéliens dont le soutien des États-Unis est crucial pour être en mesure de maintenir l’occupation du territoire palestinien et poursuivre les efforts de colonisation de la Palestine.

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