S’il peut rester quelque chose de ce 32e Salon du livre qui n’aura pas lieu, cela pourrait être sa thématique qui, elle, tombe à point dans les circonstances.

Réinventer le monde?

ÉDITORIAL / C’est sous le thème «Réinventer le monde» que devait se dérouler le 32e Salon du livre de Trois-Rivières du 26 au 29 mars. On le sait maintenant, la directive d’annulation des événements intérieurs de plus de 250 personnes a eu raison de ce grand rendez-vous culturel. Comme elle a eu raison de plusieurs autres événements ou rassemblements prévus dans la région. Mais s’il peut rester quelque chose de ce 32e Salon du livre qui n’aura pas lieu, cela pourrait être sa thématique qui, elle, tombe à point dans les circonstances. Surtout pour le réseau de la santé.

La lutte contre la propagation de la COVID-19 nous force à trouver des moyens d’éviter de s’exposer ou d’exposer les personnes les plus vulnérables à la transmission du virus. Depuis trois jours, les mesures déployées se multiplient et sortent de l’ordinaire. Certaines viennent causer de sérieux maux de tête à plusieurs parents, à plusieurs travailleurs, à plusieurs employeurs, à des voyageurs, à des aînés, à des organisateurs d’événements. À beaucoup de monde, finalement. Mais il faut ce qu’il faut.

Vendredi, on a franchi une étape de plus dans les mesures de prévention avec la fermeture des écoles, des garderies, des collèges et des universités. On a aussi annoncé la mise en place, dans la région, de cliniques désignées spécifiquement pour les patients présentant des symptômes de coronavirus. Il était temps qu’on pose un tel geste parce que les cliniques dédiées ne se trouvaient qu’à Montréal et à Québec.

Mais quand on se donne la peine de déployer un arsenal de mesures applicables à l’ensemble de la province ou du pays, il importait aussi de s’assurer d’avoir de telles cliniques ailleurs que dans les grands centres.

Les cliniques de Trois-Rivières et de Drummondville devraient être accessibles en fin de semaine, alors que celles de Shawinigan et de Victoriaville devraient l’être d’ici le milieu de la semaine prochaine. Les autorités sanitaires de la région ont précisé que les personnes qui présentent des signes ou des symptômes de la COVID-19 doivent d’abord contacter Info-Santé au nouveau numéro 1-877-644-4545. Le service 811 a flanché en raison de la forte demande et du manque de personnel. Si on évalue que le patient présente bel et bien des signes d’infection par le virus, on le dirigera vers ces cliniques plutôt que vers l’urgence.

Il faut espérer que le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec a pris les dispositions nécessaires pour avoir les ressources et le personnel requis pour mettre en place de telles cliniques. La gestion des ressources humaines étant ce qu’elle est dans le réseau de la santé, il ne faudrait pas que des problèmes de cet ordre viennent compromettre les activités de ces centres spécialisés.

Il ne faudrait pas, non plus, qu’on déshabille Pierre pour habiller Paul. Les activités en centre hospitalier demeurent critiques en période d’épidémie. Le CIUSSS-MCQ travaille d’ailleurs à la réévaluation de son offre de services afin de pouvoir répondre à une augmentation de la demande de soins médicaux si les cas devaient se multiplier dans la région. Déjà, plusieurs patients ont reçu des appels pour des rendez-vous ou des interventions non urgentes reportés.

Le personnel du réseau de la santé joue un rôle clé dans une situation de crise comme celle que le Québec traverse en ce moment. Il serait sage d’éviter des situations de surcharge de travail ou de temps supplémentaire à n’en plus finir.