Pancarte de 50 kilomètre dans un secteur résidentiel à Trois-Rivières.

Réflexion sur la «Vision zéro»

Le débat entourant le projet «Vision zéro» de la Ville de Trois-Rivières fait beaucoup de bruit, en ce moment. Sur le web et dans les différents médias, nous pouvons entendre et lire beaucoup de commentaires. Malheureusement, rares sont les gens qui voient plus loin que juste la proposition de réduire la vitesse à 40 km/h.

L’objectif de la «Vision zéro» est d’éliminer les blessures graves et les décès dans nos rues et boulevards. Qui pourrait être contre cet objectif? Ce qui dérange, c’est surtout les moyens que l’on veut mettre de l’avant pour arriver à mettre en pratique cet objectif.

En date d’aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des automobilistes rouler bien au-dessus de la limite permise. Avant de penser à réduire la vitesse dans nos rues à 40 km/h, il serait plus logique de faire appliquer la limite actuelle de 50 km/h. Pourquoi ne pas mettre en place, comme première mesure de la «Vision zéro», la «tolérance zéro» face au dépassement de la limite de vitesse?

Combien de personnes conduisent jusqu’à 120 km/h et plus sur nos autoroutes ou encore 60 km/h en ville? Malgré nos lois qui sont très précises, une zone de tolérance a été acceptée par nos corps policiers ainsi que par le milieu politique, depuis plusieurs années. Cela a amené des excès de la part de certains automobilistes.

Selon moi, la première mesure du projet «Vision zéro» ne devrait pas être de réduire la vitesse à 40 km/h, mais bien d’appliquer la tolérance zéro face aux dépassements des limites de vitesse actuelles. Si nous procédons à une réduction de la vitesse à 40 km/h, combien d’entre nous se permettront de rouler 45 km/h ou même encore 50 km/h? Avant de commencer à dépenser pour changer tous les panneaux indiquant la vitesse sur notre territoire, pourquoi ne pas mettre en place des moyens, à peu de frais, pour arriver au même objectif?

Nous savons aussi que le conseil municipal envisage d’augmenter les plages horaires payantes des stationnements au centre-ville, pour certains soirs et les fins de semaine. Cette réflexion a comme objectif de trouver une source de revenus supplémentaire, pour augmenter les revenus dans le budget. Pourquoi ne pas se tourner vers une augmentation de l’effectif policier sur nos routes, dans le but de faire respecter les limites de vitesse et ainsi amasser de l’argent avec les contraventions? Est-ce que l’achat de radars-photos mobiles pourrait être envisageable et rentable? Ces mesures auraient un double effet, soit de permettre d’apporter des revenus complémentaires dans le budget et de réduire les risques d’accident sur le réseau routier de notre grande ville!

La «Vision zéro» ce n’est pas juste une réduction de la vitesse, c’est aussi une réflexion quant à l’aménagement futur de nos rues et quartiers. Il existe une multitude de petites actions qui pourraient être mises en place lors de la réflexion d’aménagement de nos routes: trottoirs, pistes cyclables isolées, feu vert protégé, etc.

Arrêtons, citoyens, de mettre la faute sur nos voisins. Regardons-nous et essayons de corriger nos mauvais comportements.

Automobilistes, respectons les limites de vitesse affichées, laissons passer les piétons lorsque ceux-ci démontrent un intérêt pour traverser aux passages de piétons et signalons nos intentions avec nos clignotants pour que les autres usagers de la route soient informés des manœuvres que nous voulons effectuer.

Cyclistes, essayons d’être plus visibles (réflecteurs, lumières, etc.) et respectons le code de la sécurité routière (signaler nos intentions, être sur le bon côté de la rue et faire les arrêts obligatoires).

Piétons, traversons aux intersections, signalons nos intentions et respectons les autres usagers de la route.

La «Vision zéro» est loin d’être seulement un règlement, c’est un objectif pour améliorer la sécurité routière. Chacun de nous doit participer pour que l’objectif soit atteint.

Marc-Antoine Berthiaume

Trois-Rivières