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Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur
Howard Njoo et Theresa Tam. 
Howard Njoo et Theresa Tam. 

Raisonnablement optimistes

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«Nous sommes raisonnablement optimistes que les efforts et les restrictions renforcées commencent à porter leurs fruits.»

Ça faisait du bien à l’âme de lire cette phrase, en fin de semaine, dans un communiqué émis par l’Agence de la santé publique du Canada. Il s’agit d’un extrait de la déclaration de l’administratrice en chef de la santé publique. Dre Theresa Tam.

Pourquoi ça fait autant de bien? D’abord parce que la Dre Tam et son adjoint, le Dr Howard Njoo, font probablement partie des autorités de santé publique qui sont les plus prudents et les plus conservateurs depuis le début de la pandémie.

Ensuite, parce que cette déclaration, sans doute planifiée avec précaution, survient à un moment où on assiste, non sans inquiétude, à une propagation rapide des cas de COVID-19 et à une proportion élevée des cas de variants plus contagieux. Ce qui se passe en Ontario, notamment, n’a rien de réjouissant.

Et pourtant.

La Dre Tam a tout de même joué la carte de l’optimisme prudent, tout en rappelant l’importance de maintenir des mesures de santé publique rigoureuses dans les régions où la COVID-19 se propage.

Il est vrai que le nombre de cas quotidiens a baissé de 6 % au cours de la semaine du 16 au 22 avril, par rapport à la semaine précédente. Mais il est vrai, aussi, que le taux de positivité était en hausse et que les admissions dans des hôpitaux canadiens étaient plus élevées de 22 % par rapport à la semaine précédente. Aux soins intensifs, la hausse était de 21 %.

Cela n’empêche pas les autorités fédérales de santé publique d’évoquer un retour à la normale, ce qui signifie le relâchement de certaines mesures-barrières, quelque part vers le mois d’août. À condition bien sûr que la proportion de Canadiens ayant reçu une première dose de vaccin atteigne 75 % et que 20 % auront reçu deux injections.

L’élan d’optimisme des Drs Tam et Njoo avait été affiché dès vendredi, alors qu’ils ont tour à tour évoqué une «lueur d’espoir» en dévoilant les plus récentes projections liées à la progression de la pandémie au pays.

Mais qu’on se le tienne pour dit: un éventuel assouplissement estival des mesures dépend largement de l’adhésion de la population à la vaccination. Cela veut aussi dire que l’approvisionnement en doses de vaccins doit être conforme aux prévisions et que le processus de vaccination se déroule rondement.

Chose certaine, dans la région, cela semble être le cas. Le tiers de la population de la Mauricie–Centre-du-Québec a reçu une première dose de vaccin, ce qui est plutôt encourageant. Au cours de la fin de semaine dernière, plus de 15 500 doses de vaccin ont été administrées dans la région.

Il reste encore 220 935 personnes à vacciner avant d’atteindre la cible minimale des 75 %, mais les arrivages attendus et la prise de rendez-vous indiquent que l’objectif est toujours réaliste pour la fin juin.

Les plus récents chiffres concernant la pandémie dans la région sont aussi encourageants. La région n’a pas connu de hausses significatives du nombre de cas. On enregistre même une baisse, avec 29 nouveaux cas seulement, soit neuf en Mauricie et 20 au Centre-du-Québec. Les hospitalisations étaient aussi légèrement à la baisse, avec trois patients de moins que la veille à l’unité COVID du CHAUR de Trois-Rivières.

Bien des commerçants et des organisateurs d’événements surveillent de près l’évolution de ces données, encouragés qu’ils sont par les récents propos des autorités de santé publique. Si tout le monde aspire à un peu plus de normalité, il est clair que l’enjeu économique est préoccupant pour ces groupes.

Pour la population, il y a aussi des signes encourageants dans cette évocation d’un assouplissement des mesures. Mais au risque d’être rabat-joie, il faut rappeler que cette hypothèse est non seulement tributaire de la vaccination, mais du maintien des bonnes habitudes en ce qui a trait aux mesures sanitaires et du respect des restrictions en vigueur.

Ce ne serait certainement pas le moment de gâcher cette fenêtre d’optimisme qui semble vouloir s’ouvrir.