Martin Francoeur
Le Nouvelliste
Martin Francoeur
Le plan de match du ministre de l’Éducation suit les recommandations de la Direction de la santé publique. L’évolution de la pandémie permet, vraisemblablement, d’assouplir les règles à l’intérieur des écoles, ce qui fait qu’on semble sur la voie de redonner une apparence de normalité aux milieux d’apprentissage.
Le plan de match du ministre de l’Éducation suit les recommandations de la Direction de la santé publique. L’évolution de la pandémie permet, vraisemblablement, d’assouplir les règles à l’intérieur des écoles, ce qui fait qu’on semble sur la voie de redonner une apparence de normalité aux milieux d’apprentissage.

Quelque chose qui se rapproche de la normalité

ÉDITORIAL / C’était un point de presse attendu. À quelques semaines de la rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a dévoilé lundi son plan pour le retour en classe des élèves du primaire et du secondaire. Un plan qui passe le test des mesures sanitaires mais qui laisse quelques points d’interrogation, notamment en ce qui a trait aux mesures déployées pour favoriser la réussite scolaire.

Les élèves de la cinquième année du primaire jusqu’à la fin du secondaire devront porter le masque dans les aires communes, à l’exception des salles de classe. Il était essentiel, selon le ministre, de préserver la facilité de communiquer entre les élèves et leurs enseignants. C’est un bon compromis. Et surtout, ça vient apporter un peu de cohérence avec certaines mesures existantes, notamment l’obligation, pour les jeunes de 12 ans et plus, de porter le couvre-visage dans les lieux publics fermés.

Autre nouveauté de ce plan révisé: les élèves d’un même groupe-classe n’auront pas à respecter la distance physique de deux mètres à l’intérieur des classes comme c’était le cas lors de la courte rentrée pour les élèves du primaire, en mai dernier. On veut aussi limiter les changements de locaux, si bien que ce seront les enseignants qui se déplaceront de classe en classe.

Le plan de match du ministre de l’Éducation suit les recommandations de la Direction de la santé publique. L’évolution de la pandémie permet, vraisemblablement, d’assouplir les règles à l’intérieur des écoles, ce qui fait qu’on semble sur la voie de redonner une apparence de normalité aux milieux d’apprentissage.

Pour les élèves, c’est une excellente chose. La plupart des enfants et adolescents ont hâte de retourner en classe et de retrouver leurs camarades.

Les nouvelles règles ont été élaborées avec la collaboration de différents intervenants du milieu scolaire. Le plan a évolué depuis juin, alors que le ministre avait présenté les grandes lignes concernant le retour en classe et les mesures sanitaires qui seraient observées. S’il reste certainement des ajustements à faire, l’essentiel y est: on répond aux préoccupations concernant la sécurité des élèves et du personnel, on assure un enseignement de qualité dans un contexte de présence à l’école et on favorise la santé psychologique des élèves, pour qui le besoin de socialisation est facilité par le maintien des groupes-classes plutôt que la création de «bulles» de quelques élèves comme cela avait été évoqué précédemment.

Au nombre des défis, il y aura certainement celui de faire appliquer les règles à l’intérieur des établissements. Il risque aussi d’y avoir un enjeu de main-d’oeuvre dans l’éventualité où des enseignants devraient s’absenter parce qu’ils auraient contracté le virus. À ce propos, le plan du ministre prévoit une divulgation rapide des cas qui pourraient se déclarer dans une école.

Le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, a d’ailleurs indiqué, lundi, qu’une absence complète de cas ou d’éclosion était à toutes fins utiles impossible dans un milieu aussi grouillant et peuplé qu’une école, surtout fonctionnant à pleine capacité. Dans des cas d’éclosion, un reconfinement ou des fermetures ciblées sont envisagés, ce qui entraînerait le déploiement de moyens pour assurer l’enseignement à distance, et ce, dans un délai de 24 heures.

Si le plan est assez substantiel en ce qui a trait à la sécurité entourant la reprise des activités, il est plutôt vague en ce qui a trait aux moyens qui seront pris pour assurer la réussite académique et sociale des élèves les plus vulnérables. Avec la pandémie, beaucoup d’enfants et d’adolescents ont pris du retard dans l’apprentissage des matières inscrites au programme. Il y a certainement un risque plus élevé de décrochage scolaire chez bon nombre d’entre eux.

Quand des ados de 15 ou de 16 ans qui éprouvent déjà des difficultés d’apprentissage n’ont pas mis les pieds à l’école depuis la mi-mars, le risque de ne pas les y revoir est bien réel. Surtout si, entre-temps, ils ont goûté au marché du travail à temps plein et avec une rémunération intéressante, notamment grâce aux primes versées dans des commerces qui étaient jugés essentiels.

Il importe de porter une attention particulière à ces élèves, tant au secondaire qu’à l’éducation aux adultes. Parce qu’au-delà des masques, du lavage de mains, des distances physiques, il est encore plus important de leur donner les outils qui maintiendront ouvertes des portes facilement refermables.